Photos et Retour sur le stage technique d'Hélène Doué du samedi 14 mars 2015

Publié le 25 Mars 2015

Lors du stage du 14 mars (Photo : Pascal Raynaud)

Lors du stage du 14 mars (Photo : Pascal Raynaud)

S'il est vrai que j'accorde une place prépondérante de façon tout à fait volontaire aux pratiquantes et enseignantes sur le blog Aïki-kohaï, il est rare pour moi d'avoir l'occasion de les mettre suffisamment en valeur à mon goût.

J'ai eu pourtant, grâce à Arthur Frattini (enseignant au Dojo d'Aïkido de Pantin) et Pascal Raynaud (photographe) une occasion unique de vous présenter cette fois-ci un compte rendu enfin illustré en live et du plus bel effet. Je dois dire que je n'en suis pas peu fier en tant que non professionnel et même-pas-senseï-du-tout !

La liste des remerciements pour tous les acteurs ayant rendu cela possible est longue (et je pense qu'ils se reconnaissent), je préfère autant m'adresser à celles et ceux qui vont lire ces lignes et se demander qui est la formidable enseignante qu'ils aperçoivent sur les clichés susmentionnés. Après tout, ne manquerais-je pas à tous mes devoirs si je ne privilégiais pas d'abord mes chers kohaïs ?

Hélène Doué, mesdames et messieurs est le plus fin produit de la forge Vincennoise de Christian Tissier Shihan. Débutant l'Aïkido à 9 ans (en 1989), elle même originaire de Vincennes, elle suit pendant dix ans la quasi-totalité des cours du Cercle Tissier (ce qui est déjà un exploit martial pour un jeune pratiquant). De façon rare, en plus d'un contact régulier avec Christian, Hélène a également la chance de grandir sous la houlette d'experts comme Pascal Guillemin, THE Marc Bachraty, Bruno Gonzales, le tonton flingueur Patrick Bennezi mais aussi Daniel Bourguignon, Philippe Orban etc etc...

A 28 ans seulement, elle obtient son 4ième dan, régulièrement uke de Christian Tissier Shihan, elle l'accompagne par ailleurs lors des événements internationaux et notamment les WCG où, en ce qui me concerne, j'ai pu la découvrir pour la première fois (comme quoi, il y a toujours du bon à ce genre d'événement pour notre discipline). Enseignante passionnée depuis de nombreuses années maintenant, elle dirige aujourd'hui le Dojo Olympiades de Paris 13ième mais enseigne aussi dans le Dojo des Guilands de Fabrice Croizé et auprès de jeunes autistes dans un établissement du 3ième arrondissement Parisien.

Hélène participe enfin depuis 2013 (si ma mémoire est bonne) à la Direction Technique de la ligue FFAAA Ile de France auprès du Directeur Technique Mare Seye.

Que dire de plus pour rendre justice à ce personnage désormais incontournable de l'Aïkido Français ?

Hélène indique elle-même dans l'excellente interview réalisée pour elle par Patrice qu'"Il y a un moment où il faut s’emparer des choses pour les intégrer à sa vie".

Il me semble que c'est très précisément ce qu'elle réalise avec détermination depuis qu'elle a délaissé la corde à sauter de ses neufs ans pour l'enseignement d'O-senseï. L'entièreté de son existence semble presque entièrement au service de l'Aïkido. A un point tel que je ne croyais pas cela possible avant de la rencontrer.

Et je ne dis évidemment pas cela parce qu'elle est aussi la compagne de l'incroyable "vous ne passereeeez paaaas".

Mais siii, vous voyez de qui je parle...

Bref.

Hélène Doué sensei est un personnage unique et attachant. Une pile d'énergie positive et de bienveillance avec à la fois un oeil d'une implacable technicité. A tel point qu'avant même notre rencontre par le biais d'Arthur, j'étais sûr de trouver dans son enseignement très précis exactement ce qu'il me faut moi et mon shisei (l'attitude, la posture) à deux sous.

C'est donc extrêmement motivé que j'étais en ce 14 mars 2015 mais aussi relativement stressé d'arriver à suivre.

 

La pédagogie souriante du Jo :

La première partie du stage technique était consacrée aux armes et le choix d'Hélène et d'Arthur pour l'occasion fut de se tourner vers l'étude du Jo (appelés Patrick en "langage Pantinois"). La traditionnelle séance de tsuki fut l'occasion pour moi de constater le sens très important du détail de notre enseignante.

Je ne fus pas déçu par la capacité d'Hélène à venir corriger la position d'un pied, la posture d'un dos ou d'une épaule, la direction d'une main ou d'un genou. Chaque arrêt dans nos longues séries de 10 frappes permettait de façon analytique et clinique d'en s'avoir plus sur nos positionnements et surtout, l'intérêt martial qu'il y a de travailler dans un contexte où chaque frappe doit se faire dans l'action, en imaginant une touche.

 

(Source : Pascal Raynaud via Aïki-kohaï)

 

L'exercice se prolongea ensuite sur chudan tsuki avec un partenaire vigilant ayant pour consigne d'entrer en irimi et de porter l'atémi sur les points stratégiques du côté du ventre. J'ai ainsi pu constater qu'Hélène ne faisait pas que donner des explications précises. Ses déplacements étaient maîtrisés pour des frappes rigoureuses dont se souviennent nos uke devant être "souples et disponibles" pour l'occasion.

A la façon de Vincennes, rien n'est laissé au hasard. Le découpage précis, dont notre enseignante développe après coup les secrets, est un vrai régal de rigueur. Mais il ne s'agit pas là d'imiter et de faire du "Christian-style", Hélène Doué senseï est soucieuse non pas de nous imposer toutes ces explications pour nous limiter mais bien pour nous ouvrir des portes et des pistes.

 

(Source : Pascal Raynaud via Aïki-kohaï)

 

Et des pistes de travail en buki waza, nom d'un petit bonhomme en seiza, il y en avait un bon paquet ! J'ai beaucoup apprécié le fait qu'Hélène nous offre ces clefs d'une façon claire, simple, limpide et avec le sourire. Ses élèves et son entourage ne forment pas une garde rapprochée autour d'un maître mais bien un choeur de personalités s'exprimant franchement, n'hésitant pas à interpeller notre enseignante qui, de son coté, s'efforce toujours d'avoir la réponse pour leur permettre de se sentir plus à l'aise dans leurs baskets.

Bien sur, je n'ai pas la prétention de dire que je connais bien Hélène mais on peut dire qu'elle imprime sa patte très facilement sur son cours et ne cherche pas à placer une distance entre elle et ses stagiaires, attentifs de retranscrire son enseignement.

Peu à peu, elle nous fit d'ailleurs basculer dans la complexité avec quelques techniques de Kokyu Nage en Jo Dori puis un très intéressant Juji Garami en Jo Dori. L'objectif n'étant pas de faire vite au départ mais de bien capter le geste, la sensation, et de l'appliquer d'une façon fluide.

Beaucoup de pratiquants sont d'ailleurs un peu mal à l'aise à l'idée de chuter sur Juji Garami du fait d'une position qu'on peut juger moins confortable pour le corps. C'est d'ailleurs drôle car je me rappelle bien avoir été immédiatement attiré par ces mouvements techniques au départ ne comprenant absolument pas pourquoi les ouvrages de nos experts indiquaient qu'il s'agissait d'un mouvement peu adapté aux kohaïs.

Je crois d'ailleurs qu'il a fallu attendre de me faire vraiment projeter de cette façon pour bien vite réviser mon jugement de quiche intergalactique....

Mais bref.

Ce jour-là, il suffisait de se trouver avec un partenaire un peu bourrin ou trop pressé et l'exercice devenait challenge mais, en ce qui me concerne, je n'ai pas eu à déplorer/souffrir de rencontres passablement particulières.

Mes senseis, présents d'aileurs pour l'occasion (qui a dit évidemment ?), mettent toujours un point d'honneur à me laisser pratiquer avec des inconnus (quitte à me snober d'un oeil complice) mais c'est avec plaisir que, cette fois, je me trouvais pour ma part dans une position (rare) où je n'avais qu'à me laisser solliciter. Je crois que c'est d'ailleurs la première fois et c'est bien agréable. Il arrive encore trop souvent que les gentils kohaïs comme votre serviteur se promènent dans des stages nationaux en ayant l'air tout à fait transparent sans qu'une mutation génétique ou la morsure d'un verre de table radioactif y soit pour quelque chose.

Je dois donc remercier les vétérans présents pour l'occasion (et notamment les élèves d'Hélène) pour ce bel état d'esprit qui fait plaisir.

 

(Source : Pascal Raynaud via Aïki-kohaï)

 

Arthur Frattini, notre hôte, mais également l'organisateur de ce stage technique était également très sensible à ne pas laisser une miette de repos aux moins expérimentés. Avec cette belle brochette de maître fous... de leurs disciples, il va sans dire qu'à la fin de la session "armes" nous étions heureux de prendre une pause méritée.

Le stage d'Hélène, d'une intensité de 7 sur l'échelle du Gouttard (qui va de 1 à 10 comme chacun de mes lecteurs commence à le savoir) n'était pas épuisant par l'aspect défi physique mais parce que notre enseignante du jour apportait énormément de petits détails pour améliorer notre prise d'angle, notre qualité de contact, notre contrôle de l'axe, notre appréhension de la verticalité, notre "effet naturel de levier" etc... Et tout l'intérêt de ces corrections qui font bien réfléchir nécessite une bonne dose de vigilance et de concentration.

 

(Source : Pascal Raynaud via Aïki-kohaï)

 

 

Le maître qui murmure à l'oreille des uke :

La seconde partie du stage fut totalement consacrée au rôle de uke et sur comment améliorer par d'infimes petits "trucs" (si si, des millions de petits trucs) notre capacité à intégrer le rôle et les enjeux du uke. Il ne s'agit pas uniquement de coller au sens du terme ukeru qui veut dire "recevoir", il ne s'agit pas non plus de se contenter d'être un mannequin crash test.

Je suis et j'étais heureux de voir qu'Hélène Doué sensei demeurait très attentive à nous voir intégrer de bonnes habitudes sans essayer de travestir l'identité des participants. Le premier exercice de kokyu nage avec un contrôle de l'épaule et une entrée sur une prise d'angle à 90% pour projeter le partenaire était un bel exemple d'échanges simples et concrets pour optimiser l'Aïkido de chacun et non pas un standard.

En ce qui me concerne il était très agréable de pouvoir échanger sur la façon que nous avons parfois d'anticiper les mouvements de Tori (celui qui initie la technique) ou encore d'être trop flexibles. J'ai pu ainsi me souvenir des mots de Guillaume Erard disant à propos de la souplesse qu'elle doit être localisée là où le contact n'est pas. Qu'être souple ne veut pas dire que la totalité du corps devient guimauve et qu'il faut savoir où être souple et où précisément ne pas l'être.

 

(Source : Pascal Raynaud via Aïki-kohaï)

 

Le long travail sur ce kokyu nage proposé par Hélène déboucha si ma mémorie est bonne sur un kaiten nage. Après tout quoi de mieux pour voir si uke est présent que de lui retirer votre présence de Tori alors qu'il est penché ou bien au sol et de voir s'il se relève pour partir à l'assaut de vous ou....reste là figé comme les esclaves de Michel Ange (en version habillé bien sûr) ?

Elément très drôle à noter, j'avais chaque fois l'impression que notre professeur apparaissait toujours au moment le plus compliqué pour murmurer à nos oreilles : "C'est bien mais il faut que tu corriges ça" ou encore "Ah oui, ça c'est bien mais..."

Est-ce qu'une balise de téléportation est vendue avec la ceinture noire ?

La suite nous entraina sur Ikkyo Omote et Ura en Yokomen uchi d'une façon découpée au départ puis en dynamique. Hélène demeurait extrèmement vigilante quant au maintien de la connexion entre les partenaires tout en n'hésitant pas à représenter le mouvement à nouveau sous un autre axe de travail afin de mieux nous faire comprendre le fil directeur de ce jour.

J'ai le sentiment a fortiori sur cette partie d'avoir assisté à un cours où l'enseignant prend le temps de venir communiquer avec tous, comme si nous étions "élèves depuis longtemps" et non simples participants de passage. Cela ne veut bien sûr pas dire que d'autres méthodes sont mauvaises (parfois, le nombre de personnes rend d'ailleurs la chose impossible) mais je dois noter que cette méthode là marche fort bien sur votre serviteur, peu habitué à une grande distance entre le maître/professeur/l'ancien (et son aura mystique de bushi qui t'aveugle tellement que tu dois te faire transplanter chaque week-end) et le disciple (silencieux, passif, larb....larmoyant de fierté).

 

(Source : Pascal Raynaud via Aïki-kohaï)

 

A force de pratiquer avec des Aïkidokates, de proximité avec leur enseignement et leurs visions d'un Aïkido (souvent et évidemment différent selon les vécus, les parcours et les caractères comme pour leurs homologues masculins), je suis d'ailleurs en train de me demander si ces dames ne se prennent tout de même pas moins au sérieux que nous, messieurs. Est-ce qu'il n'y a pas une importante leçon d'humilité à en tirer ?

Mais pour en revenir à nos moutons, je dois dire que durant les derniers exercices de Taï-jutsu et particulièrement celui ou Tori "oppresse" Uke en le repoussant pour finaliser son mouvement, j'ai mieux compris comment s'articule un travail en dynamique face à un uke mobilisé. J'avais la senstation de toucher du doigt ces moments Gouttardiens où le partenaire est en pression très importante et d'arriver à faire réaliser cette sensation à mon partenaire.

Est-ce là une expression du très énigmatique Ki-nagare ? Oui, ce Ki-nagare déjà évoqué dans d'autres articles car si complexe à décrire, si simple à observer mais presque impossible à faire ressentir sans un entrainement rigoureux ?

Comme dirait Horus Aximand dans les romans de Dan Abnett : "Je ne saurais le dire." Peut être d'ailleurs que je radote.

 

(Source : Pascal Raynaud via Aïki-kohaï)

 

Mention spéciale pour le dernier exercice proposée par Hélène Doué Sensei : un inévitable Seiza Kokyu ho qui prit, là encore, l'allure d'un échange éclairé et sympathique entre notre maître du jour et chaque duo de participants attentifs. Seul bémol, je pense ne pas encore avoir tout compris des secrets du Kokyu-ho et des explications pourtant très patientes d'Hélène alors que....bah oui je sais....mon club porte le nom de l'exercice en question.

Je sens que le prochain keiko, je vais me prendre une torgnolle nage de sensei moi...et ce sera votre faute à toutes et à tous.

Que dire de ce stage pour conclure ?

Des sourires, de la joie, de la précision, beaucoup beaucoup beaucoup de petits détails à régler qui font la différence, et surtout une enseignante excessivement attentive à notre bien-être dans un Aïkido non féminisé (mais pas bourrin ni rugueux à outrance non plus). Je me sentais comme à la maison (ce qui est un peu vrai car je viens tous les samedis à Pantin) ou du moins comme si je passais mon temps au Dojo Olympiades et ça c'est un réel plus. Je dois également remercier Hélène pour avoir accepté de se prêter au jeu de la photographie pour l'occasion et pour le très apprécié service après vente que je ne manque maintenant plus de faire avec la plupart des senseis (affectueusement passés à la moulinette de mon incessant verbiage et de mes questions) parfois dès la fin de séance.

Je vous laisse jusqu'à la prochaine fois en compagnie de quelques clichés bien sympathiques. A vous amis, lecteurs et lectrices de rester attentifs aux prochaines publications du blog (et de la page FB) afin d'en trouver d'autres à observer.

 

 

Arthur Frattini, organisateur du stage et enseignant au club de Pantin

(Source : Pascal Raynaud via Aïki-kohaï)

 

La photo de famille (Source : Pascal Raynaud)

 

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Pratique de l'Aïkido, #Photos

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essaid akouchtim 09/04/2015 00:44

Suite a ma rencontre au maroc est a agadir avec monsieur Arthur , qui ma fait découvert ce sport , j'ai bien aimé , est je souhaite le pratiqué .....