Conférence Aïkido, échange et controverse du 25 novembre 2016 : comparaison des pédagogies de l'Aïkido en France et au Japon

Publié le 5 Janvier 2017

La dream team du débat (Photo : Aïki-kohaï)

La dream team du débat (Photo : Aïki-kohaï)

Ils sont cinq. Fringants, souriants, grands et petits, chevelus ou pas, parfois même fièrement moustachus. Tous les cinq sont assemblés dans la salle des mariages de la mairie du 15e arrondissement de Paris pour fêter à la fois la venue du groupe Aishinkan, l'exposition de photos de Sophie Roche consacrée à Kyoto et surtout la tenue d'un débat de fond sur l'Aïkido ouvert autant aux pratiquants qu'au grand public. 

Laissez-moi vous présenter amis lectrices et lecteurs :

- Yusaku Nagatome (3ème dan d'Aïkido du groupe Aishinkan au Japon, élève de Tanimoto senseï)

- Jean Marc Chamot (6ème dan d'Aïkido, 4ième Dan de Iaïdo FEI, Cadre technique FFAB)

- Christophe Godet (4ème dan d'Aïkido, BE, élève au Japon pendant 5 ans de Tada Shihan et Suganuma Shihan),

- Stephane Vautrin (3ième dan, pratiquant du groupe Aishinkan et résidant à Kyoto, ancien élève de Michel Lapierre au Kodokan)

- Michel Miri (5ième dan d'Aïkido, également monsieur loyal de la soirée)

Le thème dont "ils" proposent de débattre ce soir là est à l'initiative de l'Association "Aïkido, Echanges et Controverses" conduite par Michel Lapierre et Arnaud Waltz : Il s'agit de comparer librement les "pédagogies" de l'Aïkido en France et au Japon afin de répondre à plusieurs grandes questions.

Existe-il au japon quelque chose d'unique en matière d'apprentissage de l'Aïkido ?

Le modèle japonais est-il "le meilleur" et/ou le seul possible puisqu'il s'agit de la patrie de l'Aïkido ? Quelles sont les principales différences et points communs avec d'autres types d'enseignements ?

De quoi ce modèle d'apprentissage japonais est-il constitué ? Relève-t-il parfois de la fabrication issus des mythes ?

La fine équipe est prête à nous exposer sa vision mais pas seulement. Certains sont venus accompagnés de photographies rares d'O-senseï, d'André Nocquet et quelques documents précieux exposés dans la salle grâce à d'autres petites mains.

Heureusement pour nous, Nagatome-san est aussi (notons le) accompagné pendant toute la durée des échanges par la traduction d'Etsuko Iida senseï de kokyu-ho.

Mais trêve de bavardages et rentrons maintenant dans le vif du sujet :

Le public captivé (Photo : Aïki-kohaï)

 

Ces ressemblances qui nous séparent :

Depuis le "japonisme" de Vincent Van Gogh exposé en introduction par Michel Miri et les principales différences artistiques entre Japon et Occident, la France s'est toujours illustrée comme une amoureuse du soleil levant sans jamais totalement comprendre certaines de ses particularités, a fortiori dans les arts martiaux.

Bien sur, il y a de nombreux points communs. Le plaisir de pratiquer, la joie d'être sur le tapis avec ses partenaires,  l'intérêt pour la recherche profonde autant que sur le mouvement sont autant de paradigmes communs et sans doute universellement appréciés sur le tapis.

Mais des différences profondes existent comme le savent les plus expérimentés.

Notons déjà que certains spectateurs découvrent que la pratique de l'Aïkido est, comme en France, extrêmement variée d'un dojo Japonais à l'autre. Les dojos ne sont pas prêtés par l'état il faut les louer avec des cotisations parfois en conséquence. Il n'y pas d'encadrement fédéral (donc pas de BE, de BF, de DEJEPS etc...) non plus et la structure martiale est centrée autour du "groupe" parfois, de l'école et du dojo plus communément avec une communication beaucoup plus opaque autour des stages et des différents événements spécifiques.

Rappelons d'ailleurs que certains dojos nécessitent des recommandations pour être accessibles.

Rappelons également pour les plus débutants que l'étiquette pratiquée à l'Aïkikaï (le dojo du "Centre Mondial" de L'Aïkido) n'est pas une norme unique pratiquée par tous et pour tous et que même les enseignants de l'Aïkikaï disposent (au delà des cours qu'ils donnent au Hombu Dojo) de "leurs" dojos privés où l'apprentissage peut être encore différent. Ainsi le cadre, le professeur, son parcours, ses sensibilités, son appartenance à tel groupe peuvent s'avérer très variable. Le Japon n'est donc pas ce mythe unifié qu'on voudrait lui prêter à loisir et que nous imitons parfois (souvent) sans en saisir le sens.

Cette démystification sera sans doute le fil conducteur de cette soirée riche en anecdotes sur les grands noms de la discipline dont l'enseignement est, disons le, parfois très éloigné des idées "modernes" de l'enseignement d'aujourd'hui en occident. 

Jean Marc Chamot (appelé aussi "super senseï" par votre serviteur), rappelle à ce propos qu'il existe d'ailleurs plusieurs "visions" de l'enseignement de l'Aïkido issues directement de l'apprentissage direct auprès des pionniers de l'Aïkido en France et en Europe (Nakazono sensei, Noro sensei, Tamura sensei, Sugano sensei, Chiba senseï etc...). 

Par exemple, Jean Marc évoque avec humour et pour illustrer les différences entre professeurs les expériences de ses premiers stages avec des maîtres Japonais (Tamura senseï et Chiba senseï). Il dépeindra avec l'assemblée la rapidité d'exécution de Tamura senseï et la difficulté, au départ, à capter toutes les subtilités de son travail. Il indiquera aussi les colères de Chiba senseï dont la pédagogie passait avant tout par l'engagement et le mouvement corporel extrêmement guidé et puissant plutôt que la relation uke/tori si chères aux aïkidokas d'aujourd'hui (ajoutons à cela que beaucoup de maîtres refusaient tout simplement qu'on évite la technique, même exécutée à pleine puissance).

Le message est clair sur ce qui pouvait nous différencier à cette époque de l'âge d'or de l'Aïkido : les enseignants japonais souhaitaient faire passer un seul credo : ressent et essaie de reproduire. L'explication avait rarement sa place ou du moins, pas en premier lieu dans un environnement traditionnel comme l'Aïkido. 

Il s'agit là d'une "pédagogie plus globale" si toutefois on peut utiliser de façon générale le terme pédagogie (déjà un mimétisme emprunté aux termes occidentaux). Mais cette différence de communication existe-t'elle encore aujourd'hui chez les Japonais où bien s'agit-il d'un rêve nostalgique ?  

Oui et non, vont répondre la plupart des intervenants.

Aujourd'hui, tous s'accordent pour dire que la pratique souriante, pour le plaisir, qu'évoque vivement Yusaku Nagatome en parlant de son dojo est très différente de celles des japonais des années 60-70. La version formative et éducative de l'Aïkido contemporain n'y existait tout simplement pas avec une approche beaucoup plus "contrainte" (certains vont dire rude) d'un point de vue technique accompagné parfois par un coté ésotérique très présent.

A l'écoute de l'occident, c'est tout le japon qui s'est cependant transformé au delà de la simple expression martiale et, bien évidemment, les méthodes d'apprentissages martiales se sont muées dans le monde moderne pour être à l'écoute du monde en général et non plus des japonais uniquement. Ce coté ésotérique s'est d'ailleurs fait désormais moins sibyllin ou du moins, plus effacé. L'aspect efficacité est cependant parfois remplacé par l'aspect sportif. La communication s'est étoffée etc...

...mais (car il y a bien un mais) la "pédagogie" Japonaise et les méthodes d'apprentissage Japonais restent très différentes malgré une évolution certaine.

Michel Miri développera sur ce sujet un point essentiel sur lequel nous allons revenir : faut-il donc être au japon pour effectuer un travail réel sur les fondamentaux ?

 

Les documents présentés (Photo : Aïki-kohaï)

 

Ces différences qui vont nous rapprocher :

Technique de base ou travail des techniques ? Cette question évoquée est reprise tout d'abord par Jean Marc Chamot et révèle effectivement un débat intérieur que nous semblons tous avoir mais qui, au final, va nous différencier nettement des Japonais.

L'occidental est cartésien. Il cherche à théoriser, à comprendre, à maîtriser des rouages complexes. La différence principale entre les méthodes d'apprentissage Françaises et Japonaises peuvent sans doute se résumer en une métaphore très simple :

- Pour pouvoir lire l'heure, un pratiquant Français va chercher à comprendre comment les mécanismes de la montre s'imbriquent et vont fonctionner. Un japonais va plutôt tenter de s'entraîner à....lire l'heure, tout simplement :-)

Est-ce mal de vouloir comprendre comment la montre fonctionne ?

Est-ce simpliste de ne pas chercher à le savoir ?

Aucune des deux questions n'apportent de réponses claires. Il n'y a pas de "bonnes" et de "mauvaises" réponses non plus.

Chaque approche pédagogique va développer des qualités différentes qui vont parfois manquer à l'autre partie et c'est là tout l'intérêt d'étudier les passerelles et les impasses. La construction pédagogique japonaise est plus diffuse et plus globalisante tandis que la pédagogie de l'Aïkido en occident est souvent séquentielle (inspirée sans doute des grands classiques de l'éducation nationale française comme va le préciser Jean Marc Chamot avec le risque - parfois - de figer la pratique) et les deux prennent du temps pour s'apprivoiser dans un univers martial hermétique.

Un constat est cependant très clair : aucune des deux méthodes ne semble suffisante puisque les occidentaux vont chercher des éléments au Japon pour approfondir leurs fondamentaux tandis que les japonais souhaitent faire évoluer leurs techniques d'apprentissages pour élargir leur audience et la sphère de transmission.

Michel et Jean Marc vont d'ailleurs évoquer sur ce point le cas intéressant (et novateur pour ses contemporains) de Saito Senseï et ses propositions très séquentielles pour synthétiser le travail aux armes du fondateur. Donner un contexte de compréhension à tous (et non uniquement aux japonais) offrait et offre encore une formidable passerelle universelle.

Grâce à cette méthode et la transmission d'un matériel pédagogique adapté, le travail du maître est devenu incontournable parce qu'accessible à tous (du moins dans les grandes lignes).

Et les animateurs de rappeler que cet exemple n'est pas un cas isolé car de nombreux maîtres Japonais savaient et savent encore allier le meilleur des deux méthodes d'apprentissage pour développer leur art (citons aussi des ovnis comme Hino Akira qui savent communiquer leur art aux occidentaux y compris lorsque celui ci n'est pas du tout "séquentialisable").

Yusaku Nagatome (Photo : Aïki-kohaï)

 

Apprendre au Japon, idéal ou inutile ?

La seconde partie du débat oriente les spectateurs vers de nouvelles questions au regard du parcours martial de deux intervenants (Stéphane Vautrin et Christophe Godet) à la table. Christophe évoque tout d'abord avec les spectateurs son arrivée au Japon, son intégration dans une société japonaise en tant que salarié mais surtout sa recherche liée avant tout à son parcours universitaire et professionnel (MASTER 2 STAPS notamment). 

Stéphane précise quand à lui que de très bons dojos existent en France de nos jours. Ce n'est donc pas l'Aïkido qui l'a amené au Japon mais...le Japon en lui même, sa culture, son mode de vie ainsi que la ville de Kyoto en particulier.  Introduit à l'Aishinkan par Sophie Roche, il raconte ses premières difficultés et le constat de quelques différences  et notamment l'absence d'un travail réel de uke dans les dojos qu'il fréquente au Japon.

Jean Marc évoque à nouveau sur ce point "ses débuts" et fait le constat effectivement que ce travail ne faisait pas souvent parti du cursus global des Japonais dans ce sens.  Et "super senseï" d'ajouter que ce travail s'est également développé en France surtout à partir du retour d'experts comme Christian Tissier dans les années 1970. En effet, avoir les outils de la disponibilité de façon spontanée pouvait s'avérer clairement un problème avant cette époque face aux attentes de différents enseignants Japonais comme Chiba senseï ou Tamura senseï qui attendaient de leurs ukes qu'ils développent par eux mêmes ces qualités de déplacements bien nécessaires (du moins, dans les premières années de leur arrivée en France puisque leurs parcours n'a cessé d'évoluer au contact d'un public occidental) et notamment pour leur propre protection.

Ces trois interventions posent donc différents constats. Tout d'abord et pour faire une analyse plus personnelle de ces différents propos, on sent clairement une volonté de tous les acteurs de ne pas magnifier le Japon comme une terre où l'on apprend forcément mieux l'Aïkido parce qu'il s'agit du berceau de ses origines.

Il semble important d'y aller pour étudier les fondamentaux au contact de la culture Japonaise, de s'imprégner de ces différents aspects plutôt responsabilisant par rapport aux pédagogies occidentales plus guidées mais il faut clairement être conscient que les attentes sont tout à fait différentes (parfois même opposées) et peuvent laisser un certain vide pour les occidentaux simplement de passage.

Votre serviteur ose même aborder le risque d'ailleurs bien réel de ne rien apprendre du tout sans disposer des codes nécessaires.

Ensuite, on comprend clairement à propos du rôle de uke et des différentes visions en France (dont le cursus fédéral FFAAA/FFAB dispose déjà de sensibilités distinctes sur le sujet) et au Japon qu'il est important et intéressant d'aller sur place pour se "rendre compte" tout simplement. Tout est affaire de sensation à expérimenter directement AVEC le professeur.

Le "modèle type Japonais" sur ce sujet n'existe pas non plus.

Sur la relation uke/tori, Jean Marc Chamot évoque d'ailleurs le fait que Tamura senseï semblait faire 90% du travail en dehors de l'attaque tandis que que Stéphane estimant son ressenti avec Ogawa senseï plutôt vers  70% tori/30% uke concernant le travail entre uke et tori qui demeure un outil une fois l'attaque réalisée.  Cette prise de conscience qu'il n'y a pas de "modèle d'apprentissage" en dehors de la relation élève/maître permet d'en tirer une remise en question sans exagérer en positif ou en négatif la spécificité de l'environnement Japonais.

Enfin, il est important d'aller là bas au delà de la technique. Le Japon en lui-même ne donne pas un certificat d'authenticité. Voir le Japon pour le Japon au-delà de la sphère martiale est un élément important à retirer du débat. Il s'agit de venir aborder l'Aïkido à travers lui et ses pratiquants. Car la culture, l'apprentissage, le macrocosme Japonais, sont autant d'outils pour enrichir la voie et "son" aïkido.

Christophe Godet (Photo : Aïki-kohaï)

 

La responsabilisation des élèves, un élément fort de l'apprentissage traditionnel Japonais : 

Si la plupart des intervenants ont l'air de s'accorder à dire qu'il n'existe pas de "modèle type" d'apprentissage au Japon, il semble cependant se dégager des échanges de ce soir une qualité très forte des systèmes Japonais traditionnels.

Je me pique là encore d'analyses plus personnelles (précisons ad nauséam que je ne suis pas un expert de la culture japonais mais simplement un passionné) :

Tout d'abord le maître Japonais délègue beaucoup à ses élèves comme l'explique Christophe Godet en nous racontant son arrivée au dojo privé de Tada shihan et la prise en charge immédiate d'un "sempaï italien" lui expliquant les règles de comportement. Le maître montre, il s'en va le plus souvent, mais il y a "l'after" et les élèves peuvent s'adresser aux autres élèves plus avancés pour répondre à toutes leurs interrogations et leurs questions.

Comme dans la relation uke/tori, l'élève Japonais semble complètement sous sa propre responsabilité et celle de ses pairs plus anciens et non pas du maître (du moins, pas directement selon la hiérarchie car sensei demeure présent en filigrane à travers ses anciens).

L'intérêt fort de ces pratiques, même si elles sont déstabilisantes pour les occidentaux, permet  au contraire à mon sens de sensibiliser les élèves à leurs propres recherches. Elles invitent à "se prendre en main" au niveau martial et à la découverte de ses propres sensations. Cette expression très directe est le reflet de la culture japonaise (ndl : où il n'est pas rare de voir de très jeunes enfants se débrouiller complètement seuls pour aller/rentrer à l'école par exemple ou prendre les transports en commun etc...) et peut parfois sembler choquante à tord ou à raison. D'un point de vu très Franco-français elle peut également créer le sentiment d'un désintérêt ou bien d'un détachement chez les élèves les plus sensibles face à un enseignant Japonais qui semble...distant.

Elle peut rendre aussi imperméable à certains enseignements proposés ce qui permet parfois de dire que la pédagogie Française de l'Aïkido va souvent tout simplement mieux s'adapter à son public qu'elle connait mieux.

Insistons aussi sur les particularités culturelles très simples mais mal comprises. Citons l'exemple où dans une société japonaise hyper hiérarchisée, senseï au japon n'est pas un "maître", par exemple, selon l'idée occidentale du terme. Il s'agit plutôt du détenteur d'un savoir. Celui qui transmet. Le senseï, c'est celui qui vient avant avant d'être celui qui maîtrise. Il incarne celui qui est depuis plus longtemps sur la voie. Le terme ne désigne pas uniquement les maîtres d'arts martiaux mais aussi n'importe quel détenteur de connaissances pointues (un professeur des écoles ou un médecin par exemple peut être appelé senseï mais on peut le trouver dans bien d'autres sphères d'activités que les arts martiaux). Ce savoir mérite donc une forme de respect via l'expérience dont l'importance est également très prononcée (trop peut être ?) tout autant que le stéréotypé "respect des anciens" à la Française.

Attention toutefois aux préjugés. Citons l'exception notable à cette règle évoquée avec humour par Jean Marc Chamot, il s'agit de Seigo Yamaguchi senseï. Jean Marc explique justement le succès de la méthode d'apprentissage "Yamaguchi" auprès des occidentaux par sa proximité concrète avec ses étudiants et son coté "moderne". Mais il est intéressant de remarquer que des précurseurs comme Saïto senseï ou Yamaguchi senseï sont avant tout des personnalités spécifiques (mais pas isolés) dans un océan de rigueur verticale.

Cette façon de faire est également à mettre en comparaison avec les excès d'un occident hyper rationalisé et cartésien au point de s'empêtrer aussi dans du superflu complètement inutile. Car, à l'aune d'une telle responsabilisation comme le précisera Stephane Vautrin très justement "un japonais ne pense pas l'Aïkido...il le fait tout simplement".

Et il est aussi très véridique que, sur ce point, nous avons peut être besoin de nous inspirer du modèle d'apprentissage Japonais qui va mettre en avant le geste avant la façon dont celui-ci fonctionne.

 

Jean Marc Chamot (Photo : Aïki-kohaï)

 

La nécessité de ne pas figer nos pratiques :

La trace du passé qui continue à perdurer est un élément phare de la pratique de l'Aïkido au Japon ou bien en France. Dans tous les cas, j'ai trouvé un certain consensus dans le discours final des intervenants sur la nécessité de ne pas figer la pratique à travers les différentes méthodes d'apprentissage.

Qu'elle soit plus globale, séquentielle ou autre, la façon d'apprendre de l'Aïkido ne doit pas demeurer figée par nos comportements, par nos cultures ou par notre statut dans un désir de retenir quelque chose qui va de toute façon nous échapper. La plupart des animateurs donnèrent ainsi un avis (en ponctuant les interventions de nombreux souvenirs) sur l'horizon global de l'Aïkido dans le monde et parfois sur leurs souvenirs et expériences différentes du Hombu Dojo en particulier.

Mention spéciale à Jean Marc Chamot racontant avec émotion son expérience de guide et chauffeur dans Paris pour Doshu avec un Tamura senseï à la traduction très... "fleurie".

Pour beaucoup, exposant là leurs visions du paysage global de l'Aïkido, ce fut aussi un constat réaliste et abrupte, une analyse parfois drôle, parfois triste, mais globalement positive. Nous sommes les forces vives de l'Aïkido, certains représentent l'avenir et d'autres la mémoire. Le fait que différents acteurs fédéraux (FFAAA et FFAB) et Japonais puissent continuer à se rencontrer et à échanger de la sorte est un message profondément motivant. C'est un premier pas.

J'espère d'ailleurs à titre individuel que d'autres groupes puissent s'exprimer dans ce type de tribune. L'Iwama Ryu de Daniel Toutain, l'Aïkido Kobayashi d'André Cognard ou encore le Kishinkaï Aïkido de Léo Tamaki sont d'excellents exemples d'un Aïkido pour lequel j'appelle de mes voeux la transversalité.

Peut-être que le monde perd son intérêt pour l'Aïkido et le budo en général. En tout cas, l'Aïkido n'a pas perdu son intérêt pour lui.

 

Stephane Vautrin (Photo : Aïki-kohaï)

4 Geisha de Kyoto (Photo : Sophie Roche)

4 Geisha de Kyoto (Photo : Sophie Roche)

Kyoto sous la neige (Photo : Sophie Roche)

Kyoto sous la neige (Photo : Sophie Roche)

Tambours (Photo : Sophie Roche)

Tambours (Photo : Sophie Roche)

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Pratique de l'Aïkido, #Actualités-Nouveautés, #Photos, #Arts martiaux

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