Aïkido : S'engager pour la revitalisation

Publié le 10 Janvier 2021

Stage Ukemi Solidaire Mars 2020

Stage Ukemi Solidaire Mars 2020

Je tenais au départ à débuter le premier trimestre 2021 en vous présentant l'ensemble des dynamiques positives qui sont engagées pour l'Aïkido et ses disciplines affinitaires.

Tout d'abord dès le début de la saison 2020-2021, nous savions que la période de pandémie actuelle impacterait à la fois les pratiquants, les bénévoles, les professionnels, les clubs et les institutions autour de notre pratique.

Dans mon article sur la "bonne image" de l'Aïkido, j'avais pu faire un rappel sur l'ensemble des enjeux. Dès novembre 2020, j'ai pu engager à la fois dans le numéro hivernal de Self et Dragon mais aussi sur le blog des réflexions des pistes de travail mais une dynamique claire, il faudra s'adapter ou mourir dans l'Aïkido d'après mars 2020.

A cette réflexion se confirmait déjà le tableau dramatique des jours présents. Dès le 12 novembre 2020 Le Monde publiait les chiffres des licenciés fédération par fédération et constatait l'hémorragie.

4 mois plus tard nous y sommes. 30 Janvier 2021 : la version Française de l'Aïkido Journal est arrêtée. Des clubs ferment, des pratiquants quittent définitivement nos rangs du fait de l'impossibilité de pratiquer ou bien de la maladie.

J'ai une pensée bien amère pour tout ceci mais une conviction : celle de ne pas abandonner.

Je tenais au départ à débuter 2021 par des éléments positifs mais je pense qu'il est encore nécessaire de faire ouvrir les yeux à notre microcosme martial qui, pour une partie, pense déjà que l'écrémage et l'entre-soit qu'il va générer en s'accélérant n'est pas un mal. Les mauvais chiffres, les problèmes de fonds, les imbroglios politiques, le non renouvellement générationnel et les problématiques globales liées à l'Aïkido ne sont pas survenus avec la crise du Covid-19. La pandémie n'a fait que mettre à jour des éléments dramatiques.

Coté fédéral, les enjeux sont énormes. Vous avez déjà pu constater que nous avons parfois attendu la pandémie pour solliciter de nos dirigeants un programme clair de ce qu'ils entreprenaient ou comptaient entreprendre pour nous toutes et tous. Certains ne savaient même pas que cela était possible. Beaucoup ne savent pas qu'ils vont décider pour les années à venir de ceux qui vont couler ou redresser la barre pour la majorité. Le choix est crucial, les conséquences vont être amères... ou pas.

Avec le Collectif Irimi qui fédère un certain nombre de candidats au Comité Directeur de la Ligue Ile de France pour la FFAAA, j'ai déjà pu contribuer à proposer quelques solutions à nos dirigeants et techniciens à l'heure où quelques uns pensent encore que tout va bien, que les bilans sont positifs, et qu'il faut continuer comme ça. Je ne suis pas spécialement doué pour la politique mais, en tant que pratiquant, je me sens concerné et je souhaite faire ma part.

J'ai désormais un peu l'expérience de ce qui marche mal puisque je suis pratiquant d'Aïkido.

Sur l'ensemble des supports auxquels je contribue (Dragon puis Self et Dragon, Yashima, le blog et la chaine Aïki-kohaï, le club Kuroba), je suis entièrement bénévole depuis des années. Je contribue également en assistant mon professeur Alma Noubel lors des cours en distanciel deux à trois fois par semaine (dont des cours sur l'histoire des arts martiaux et notre discipline).

Vous l'avez compris, le temps n'est pas à l'économie. Le temps n'est pas à autosatisfaction. Le temps n'est pas aux luttes internes contre-productives. Il est au combat et je suis déjà sur le tapis. Je ne me contente pas de pointer du doigt les problèmes, de désigner des responsables et/où de me satisfaire de ce qui existe déjà : je veux avancer vers une évolution profonde en agissant. Je veux motiver d'autres débutants et moins débutants à faire de même, à s'engager dans et hors du dojo pour notre bien commun avec un certain esprit de liberté.

Je m'associe donc également au billet de mon ami Léo Tamaki sur la disparition inquiétante des ressources martiales et principalement concernant les problématiques de professionnalisation de l'Aïkido. Parce que je me moque des appartenances et des querelles de clocher je me suis toujours engagé avec Léo sur nombre de projets bénéfiques dont cette réflexion. L'idée de compter purement et uniquement sur des experts bénévoles est largement dépassée. Nous avons besoin de nos professionnels qui consacrent 100% de leurs ressources et de leur temps à faire vivre l'Aïkido. Nous avons besoin d'eux pour ranimer l'imagerie populaire qui a fait les beaux jours de l'Aïkido. Nous avons besoin de leur excellence mais nous avons également besoin de chercheurs et de penser l'Aïkido pour regagner une crédibilité perdue ou jamais complètement acquise.

Si la question de l'argent est effectivement tabou dans les arts martiaux, il faut toutefois que ces questions soient abordées non pas uniquement en terme de rémunération mais puisse correspondre à des perspectives. Il ne s'agit pas non plus de solutionner pour aujourd'hui mais d'envisager pour demain afin que les générations suivantes soient tentées par le fait d'enseigner à titre professionnel l'Aïkido (et d'autres arts martiaux) et d'en faire leur pratique principale sans tirer la langue ou hypothéquer leurs biens.

Cette réflexion nécessite un travail collectif d'envergure dans les années à venir. Pas de nommer un plombier pour s'occuper d'un soucis d'ingénierie.

Je tenais enfin à vous dire de tenir bon mais cela ne sera pas suffisant si, dès maintenant, nous nous contentons d'attendre que nos "dirigeants", nos professeurs, nos "encadrants" décident pour nous mêmes ces bonnes vieilles méthodes que vous connaissez et qui sont (parfois) dysfonctionnelles. L'argument du tout opérationnel n'est valable en effet que si la méthode fonctionne et vous savez, chiffres à l'appui, que c'est loin d'être le cas. Nous avons bien sur besoin des professionnels, je l'affirme, mais les professionnels installés depuis Mathusalem doivent également prendre conscience qu'il faut transmettre à d'autres, y compris la forme mais aussi le fond pour assurer la suite derrière le "haut gradé". Nos aînés sont là aussi pour assurer l'avenir et non leur avenir. Si je m'associerai toujours avec la plus grande confiance avec ceux qui œuvrent car ils sont très nombreux, je désavouerais désormais sur ces colonnes ceux qui entretiennent les canards à trois pattes hypocrites.

Même pendant la pandémie, même dans une structure pyramidale, la base reste et restera toujours le kohaï, le débutant,  le sans-grade, et nous représentons toujours la majorité. Cette majorité ne doit plus rester silencieuse. Elle peut être utile, elle dispose de compétences. Elle est ancrée dans le monde d'aujourd'hui.

Utilisons donc toutes nos forces vives.

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Actualités-Nouveautés, #Pratique de l'Aïkido

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Thierry riedinger 10/03/2021 22:29

Bonjour Pierre,
Je m’appelle Thierry je suis 1er kyu, je pratique l’aïkido au dojo de plurien dans les côtes d’armor, club que j’ai l’immense honneur de présider. Je fais mon maximum pour promouvoir cet art qui me passionne depuis presque 5 ans maintenant. J’espère que l’aïkido retrouvera ses lettres de noblesse que je n’ai pas eu la chance de connaître. Je continue toutefois à y croire. Peut-être un jour j’aurais le plaisir de te rencontrer lors d’un stage. Bon courage et bonne continuation à toi.
Thierry

Aïki-Kohaï 12/03/2021 21:22

Bonjour Thierry et merci de ton retour.

Je suis très heureux de voir que tu contribues dans ta région à faire connaitre l'Aïkido dans ton club et ailleurs. Tout n'est pas perdu si dès maintenant nous demeurons toutes et tous actifs et acteurs du changement.

Au plaisir de te rencontrer peut être lors d'un stage :-)

Pierre