L’homme dragon, Chroniques de Moriheï Ueshiba n°3 : Ueshiba ryu

Publié le 12 Octobre 2019

Morihei Ueshiba

Morihei Ueshiba

Attention : Cet article est paru précédemment dans la nouvelle version de Dragon Magazine, HS spécial Aïkido sous une version légèrement simplifiée. L'article a été remis à jour dans sa version 2019 et les notes, parfois incomplètes, de la version papier, ont été reprises pour une meilleure compréhension. Bonne lecture.

 

Chaque école d’Aïkido possède sa propre interprétation du parcours exceptionnel de Moriheï Ueshiba, fondateur de l’Aïkido. Ceux qui étaient ses élèves directs et ceux qui vinrent ensuite se disputent toujours autour de chaque fait de celui que nous nommons affectueusement O-Senseï : le grand maître.

Mais connaissons-nous vraiment l’homme derrière le précurseur ?

Dans cette troisième chronique, nous allons aborder les débuts du fondateur en tant  qu’instructeur officiel de Daito-Ryu aïkijujutsu puis son expédition en Mongolie.  

 

O sensei, pionnier en Hokkaïdo

 

Le départ de shirataki :

C’est une période d’intenses bouleversements qui s’annonce pour Moriheï Ueshiba, désormais jeune père de deux enfants : Une fille née dans son village natal de Tanabe et un premier fils de deux ans né dans la petite communauté de Kamiwakibetsu (futur site de Shirataki) dans le comté de Mombetsu. Son épouse, Itogawa Hatsu est à nouveau enceinte, il fait également face à d’importants défis pour sa communauté frappée depuis deux ans par différents désastres obligeant l’ensemble du groupe de colons sur place à entamer d’importants efforts de reconstruction. Moriheï prend toute sa part dans ces efforts, y compris dans les travaux agricoles et forestiers, et jusqu’en avril 1919 il sert comme conseiller municipal.

Lorsque la nouvelle de la maladie qui frappe son père Yoroku parvient jusqu’en Hokkaido, il laisse l’ensemble de ses biens ainsi que sa propriété à son maître Sokaku Takeda et quitte la région en catastrophe.

Cette séparation brutale marque la première séparation réelle entre les deux hommes qui sont étroitement liés depuis 1915. Contrairement à beaucoup de sources officielles, nous avons déjà pu aborder le fait que dès 1916, Moriheï Ueshiba semble avoir pris en charge l’intégralité des besoins de son maître à son domicile[1].

Ainsi, lorsqu’il quitte le site de Shirataki après la réception d’un télégramme, rappelons également que le fondateur de l’Aïkido est déjà un disciple d’un niveau assez solide en Daito-Ryu Aïkijujutsu.

 

Sokaku Takeda

 

Rencontre avec l’Ōmoto kyō

Plusieurs sources expliquent pourquoi ce voyage précipité n’amènera jamais Moriheï Ueshiba à temps auprès de son père. L’ensemble des sources les plus probables précisent que, désirant prier pour la guérison de Yoroku, son fils prend la décision sur proposition d’un compagnon de voyage, d’aller rencontrer à Ayabe-shi (綾部市)le révérend Onisaburo Deguchi cofondateur de la secte Ōmoto kyō. 

Cet important détour dans son voyage de retour[2] n’est pas une décision anodine et fortuite. Il est à noter que Moriheï Ueshiba a déjà entendu parler de l’Ōmoto kyō dès 1917, du fait de ses liens extrêmement étroit avec la famille Inoue liée profondément avec la famille Ueshiba dans tous ses projets. Son appétence pour la religion prend un nouvel essor avec cette première rencontre dont le fondateur espère beaucoup. Malheureusement, le bref soutien spirituel du révérend n’empêche pas la funeste nouvelle. Yoroku décède le 2 janvier 1920 à l’âge de 76 ans sans avoir pu revoir son fils.

 

Morihei Ueshiba, 1922, Ayabe

 

L’ouverture du Ueshiba Juku :

Cette tragédie impacte profondément le fondateur et elle va s’accompagner d’autres terribles épreuves. Dans la seule année 1920, son second fils Kuniharu Ueshiba meurt quelques mois après sa naissance. A l’automne, le premier fils de Moriheï Ueshiba décède à l’âge de trois ans. En l’espace de trois saisons, c’est tout l’enfer qui s’abat sur le fondateur alors plongé dans la tourmente d’une famille décimée.

A cette même période, Moriheï prend la décision de déménager temporairement à Ayabe afin de se rapprocher de celui qui deviendra son principal soutien moral, l’énigmatique révérend Onisaburo Deguchi. Sur ses conseils, il ouvre un dojo jouxtant sa résidence et se lance pour la première fois de sa vie dans l’enseignement martial.

Il est à noter qu’il s’agit là très probablement du premier acte d’autonomie vis-à-vis de son « vrai » maître (Sokaku Takeda) puisqu’aucune source ne précise que Moriheï obtient l’autorisation d’enseigner à cette date.

Le dojo Ueshiba Juku va servir principalement aux membres de la secte Ōmoto kyō. Moriheï Ueshiba enseigne quasi-exclusivement ce qu’il sait, à savoir du daito-ryu aïkijujutsu. Cette période « faste » d’autonomie va durer environ un an et demi, période pendant laquelle nait le troisième fils de Moriheï, Kisshomaru Ueshiba.

Puis au printemps 1922, alors qu’il vient d’apprendre le décès de sa mère, Yuki Itokawa, Sokaku Takeda se présente soudainement à Ayabe avec sa seconde épouse appelée Sue, une fille et son fils ainé de 6 ans[3]. L’histoire ne précise pas si le vieux maître répond alors à une invitation de son disciple ou bien si, informé par hasard que son élève a pris la liberté d’enseigner son art sans autorisation, il s’est rendu immédiatement sur place pour vérifier cette information[4].

 

Sozaburo et Sue Takeda

 

L’héritage des Takeda :

Sokaku Takeda va rester 5 mois sur place mais il ne s’entend pas du tout avec Onisaburo Deguchi. Il enseignera le daito ryu aïkijujutsu à la fois à son disciple favori mais aussi aux élèves de son élève dans la secte. Cette période marque toutefois un tournant dans la carrière martiale du fondateur puisqu’à l’issue de ce séjour, Moriheï se voit tout de même octroyer l’autorisation officielle d’enseigner le daito ryu aïkijujutsu à travers une licence d’instructeur, le kyoju dairi.

Diverses analyses et hypothèses sont tirées de ces faits. Est-ce là une validation du comportement de Moriheï Ueshiba et/ou un acte de défiance ? Le comportement que certains jugent de type paranoïaque de Sokaku Takeda répond toutefois à une logique extrême, celle de contrôler étroitement à la fois la véracité et la qualité de l’enseignement qu’il a donné. Cette logique est très intéressante à analyser dans la mesure où elle répond aussi à la psychologie profonde de Sokaku Takeda, élevé par son père Sokichi Takeda, qu’on peut à la fois qualifier de tyrannique, de violent[5] mais aussi d’extrêmement tatillon sur l’utilisation des techniques martiales qu’il montrait sans aucun doute à son fils à certaines étapes de son éducation.

N’ayant enfin aucune compétence pour la lecture et l’écriture[6], Sokaku se fiait donc sans aucun doute à son propre code de conduite archaïque, forgée à la dure, pour aller s’assurer que ce qu’il montrait n’était pas galvaudé. Ainsi, en liant profondément Moriheï Ueshiba à travers une licence d’enseignement, le vieux Sokaku espère sans doute créer une sorte de lien contractuel. Ce lien maintient une ascendance sur ce que transmet son disciple Moriheï Ueshiba, dont il ne partage très probablement pas toutes les vues. Notons qu’au moment où le kyoju dairi est délivré, il s’agit du plus haut grade obtenu de la main de Sokaku Takeda (on lui prête plus tard la délivrance de deux menkyo kaiden[7]) ce qui confirme toutefois le niveau de Moriheï Ueshiba en daito-ryu aïkijujutsu. Il est important de considérer enfin qu’à cette période le fondateur de l’Aïkido est manifestement incapable de s’émanciper du daito-ryu aïkijujutsu bien que certaines de ces actions démontrent au contraire un désir plus grand d’autonomie.

 

Le kyoju dairi

 

Sous le tutorat d’Onisaburo Deguchi :

L’implication de Moriheï Ueshiba dans le développement rapide de l’Ōmoto kyō va le marquer profondément dans les années à venir. Elle va également lui causer bon nombres de difficultés. Dès 1921, c’est le début des persécutions et son associé et mécène Onisaburo Deguchi est condamné à la réclusion à vie pour crime de lèse-majesté et infraction à la loi sur la presse lors du « premier incident Otomo ».  Cette sentence sera commuée par la suite en assignation à résidence mais le quotidien du mystique oscille entre appels, emprisonnements et surveillance constante. Le journal de propagande de la secte, où Deguchi est présenté comme un messie unifiant le monde, va lui causer de nombreux ennuis et impacter fortement son entourage dont  Moriheï Ueshiba. Heureusement pour la secte en 1926 où Onisaburo Deguchi est finalement amnistié du fait de l’avènement du nouvel Empereur Hirohito.

De cette période, deux événements retiennent toute notre attention. Quelques sources mentionnent que Moriheï Ueshiba fait alors la rencontre de Kuki Takaharu, héritier de la tradition Kukishinden et soke du Kukishin ryu[8]. Selon Eric Grousilliat, il ne s’agit pas là d’un premier contact avec cette tradition puisque Moriheï Ueshiba aurait, dès 1918, fait la rencontre d’un dénommé Goto et aurait appris différents Reijutsu de cette école par la suite. On prête à cette rencontre une influence sur le développement de l’archétype du futur Aïkido qu’on appelle Takemusu aiki[9].

Un autre événement est primordial pour l’avenir de Moriheï Ueshiba. En 1924, alors qu’ Onisaburo Deguchi est toujours assigné à son domicile, il fomente le projet fou de partir en Mongolie avec un petit groupe de ses compagnons. Son optique est de créer une alliance sino-japonaise et un royaume utopique. Il était également prévu qu’Onisaburo fonde une religion nouvelle nommée Lamaïsme Otomo dont il serait Dalai Lama auto-proclamé.

 

Le révérend Deguchi et ses partisans (O sensei à sa droite)

 

L’expédition en Mongolie :

Cette expédition en territoire hostile de Moriheï Ueshiba et son groupe est devenue à ce jour l’une des principales sources de « déification » de la personne même du fondateur. L’un des événements phares, l’attaque du groupe par une horde de bandits armés ainsi que l’emprisonnement du fondateur, témoignent de son entrée dans la légende. A ce stade, on rapporte souvent que Moriheï Ueshiba était devenu si fort qu’il était capable de percevoir les balles et, bien sûr, de les éviter. Les faits historiques sont éminemment plus complexes.

Le 13 février 1924, le petit groupe d’Onisaburo quitte secrètement le Japon. L’ensemble de l’expédition est bien entendu placée sous le signe du secret le plus absolu et seuls quelques élus de la secte sont informés des détails. Il est prévu que Moriheï joue le rôle de protecteur et conseiller spécial du révérend. Les autres accompagnateurs principaux[10] sont Matsumura Masazumi, Nada Otokichi, Kitamura Takateru, Hagigara Toshiaki mais plusieurs guides et interprètes se joignent à l’équipée définitive.

Grâce à ses connexions sur place[11], Onisaburo obtient rapidement une protection militaire supplémentaire des troupes du Lieutenant-Général Lu Zhankui afin de pouvoir s’aventurer sur les routes les plus hostiles jusqu’à Kulon.

C’est donc une petite armée de plusieurs brigades de protection dénommée « Armée autonome du nord-ouest" qui forme en réalité l’expédition en Mongolie dont fait partie le fondateur. Dès le mois de juin, après moult préparatifs militaires, les troupes s’enfoncent dans le pays en distribuant à la fois la bonne parole mais aussi des vivres et des soins à la population locale afin de faire grandir la réputation d’Onisaburo qu’on tente de présenter à qui veut bien l’entendre comme une sorte de sauveur. Tous ses alliés dans cette campagne sont également affectés par cette propagande.

Cette façon de procéder relève d’une stratégie qu’il faut clairement expliciter car elle n’est pas sans rapport avec la situation géopolitique de la région aux prises entre trois protagonistes : chinois, russe et mandchou.  Notons que la population paupérisée est très sensible à ces légendes et les héros divins providentiels qui sont nombreux à se succéder à la tête du pays[12]. Tout d’abord, citons la « dynastie »[13] des Bogdo Gegen considérés comme des bouddhas vivants depuis des siècles et demeurant à la tête de hiérarchie bouddhiste en Mongolie. Dès 1890 à Kobdo, un illustre inconnu se fait également passer pour la réincarnation d’Amoursana, le héros oïrat de jadis. Ce dernier va obliger le gouverneur mandchou à quitter l’assemblée de l’aïmak.

Lors de la révolution Russe de 1919, alors que les troupes chinois pénètrent en Mongolie et occupent le pays, puis en 1920, alors que les mouvements indépendantistes Mongoles fusionnent pour se rapprocher d’avantage de la Russie désormais soviétique, cette période voit apparaître enfin le héros Sukhbaatar[14] à l’origine du Parti Populaire Mongol.

Ainsi, Zhang Zuolin[15], dictateur de la Mandchourie, voyait d’un mauvais œil cette incursion dans sa sphère d’influence directe et l’apparition d’un nouveau « héros divin » venant compliquer encore la situation. Ajoutons à cela que les mongols voyaient, aidés par les élucubrations d’Onisaburo[16] et son équipe, en la personne du révérend un nouveau Genghis Khan revenir vers eux pour les sauver de l’oppression, de la famine et des différentes puissantes convoitant la région ce qui n’était pas sans danger. Ces mouvements importants de troupes et la rumeur de la présence d’une « armée divine », grande pourvoyeuse de bienfaits pour tous, attirait enfin un grand nombre de bandits dont certains tentaient de piller les « sauveurs » et d’autres de les rejoindre.

 

Le Révérend Deguchi et O sensei, finalement capturés

 

L’arrestation de Moriheï Ueshiba :

Durant l’été 1924, alors que la popularité de la troupe est au plus haut, l’union soviétique envahit soudainement la Mongolie extérieure. La capitale Kulon est immédiatement rebaptisée Ulan Bator[17]. L’ensemble de la région déjà déstabilisée par toutes les forces en présence se transforme en baril de poudre.

Le dictateur de la Mandchourie Zhang Zuolin, soutenu par l’armée chinoise, y voit l’occasion d’une contre-attaque. Il cherche à neutraliser à la fois le général rebelle Lu Zhankui, les plans sur le long terme d’Onisaburo d’implanter la présence Japonaise sur place, et d’affirmer enfin la présence chinoise qui l’assiste dans la région. Les troupes du despote se mettent donc à harceler régulièrement l’armée personnelle du messie auto-proclamé et ses alliés, les forçant à faire halte à Tongliao avant de les encercler complètement.

Durant la nuit du 21 juin 1924, alors que Moriheï et son groupe sont installés dans une auberge de la ville, ils sont tirés de leur sommeil par des soldats et faits prisonniers. Leurs alliés non japonais sont tous exécutés sur place. Enchainés, spoliés de toutes leurs possessions, le groupe originel d’Onisaburo est rapidement condamné à mort. Seule l’intervention du consulat Japonais permet de trouver une issue et de suspendre l’exécution prévue. Les chinois ne prennent toutefois pas le risque de causer un différend majeur au niveau diplomatique et se contentent finalement d’expulser les fauteurs de trouble de la région en remettant Onisaburo, Moriheï Ueshiba et leurs comparses aux autorités japonaises.

Paradoxalement cet « exploit » va créer une sorte de réputation guerrière au fondateur auprès des militaires sympathisants de la secte Ōmoto et des nationalistes japonais les plus virulents. Grâce à l’influence d’amiraux importants comme Isamu Takeshita et Seiko Asano, de nombreuses portes vont s’ouvrir pour Moriheï Ueshiba, transformant peu à peu sa vision globale des arts martiaux. Les différents « exploits » de Moriheï utilisés à des fins politiques par Onisaburo pendant cet épisode vont évidemment le poursuivre, être amplifiés afin d’alimenter une légende nouvelle.

 

 

 

Bibliographie :

- Aïki-kohaï/Pierre Fissier. Essai sur l’origines des armes en Aïkido. 2017.

- Chris Li. Ueshiba-ha-daito-ryu-aiki-jujutsu. Blog de l’Aïkido Sangenkaï, 20 mai 2017.

- La Chronologie de Stanley Pranin à propos de Moriheï Ueshiba et Sokaku Takeda, Aïkido Journal. Consulté en 2016/2017.

- Grousilliat Eric. « Aïkido, A la croisée des chemins ».  Mai 2018. Les éditions du net.

- Erard Guillaume, « Hisa Takuma, l’héritier à la croisée des chemins entre l’Aïkido et le Daïto-ryu ». 2 octobre 2013.

- Stanley Pranin, Moriheï Ueshiba et Sokaku Takeda. Aïkido Journal.26 mai 2012.

- Takeda Tokimune, Le destin d’un héritier, Eric Grousilliat, 7 mars 2013.

- L’interview de Stanley Pranin par Aïki-web, Août 2000. http://www.aikiweb.com/interviews/pranin0800.html

 

 

[1] Précisons tout de même que maître Takeda n’est pas actif uniquement sur place et fréquente la région, notamment Shimo Yubetsu (non loin d’Abashiri)

[2] Ayabe se trouve dans la préfecture de Kyoto, bien plus au nord de Tanabe.

[3] Un certain Sozaburo qui prend ensuite le nom de Tokimune Takeda. Sur le sujet, précisons qu’il ne fut que le troisième fils en réalité mais enregistré à l’état civil comme fils ainé.

[4] Une photo célèbre de cette période est montée plusieurs fois par différentes sources pour faire figurer où disparaître le fait que, sur une pancarte, apparaissent les mots « daito-ryu aïki-jujutsu ». L’affaire fera l’objet de nombreux artistes sur le sujet.

[5] Rappelons que le père de Sokaku Takeda, Sokichi Takeda était lutteur de sumo professionnel du rang élevé de ozeki et brulait du moxa sur les ongles de son fils pour lui causer des blessures incapacitantes afin de l’empêcher d’aller combattre dans des compétitions de sumo. Il est dit que Sokaku utilisait parfois ses connaissances martiales pour l’aider à vaincre ses adversaires dans ces compétitions où il allait tout de même, bravant l’interdiction paternelle.

[6] Il semble très probablement que Sokaku Takeda ne savait pas écrire. La question de savoir s’il s’avait lire ou déchiffrer un document est parfois soumise à débat.

[7] La mention du nombre de menkyo kaiden accordé par Sokaku Takeda est basée sur l’ensemble des éléments actuels portés à la connaissance des chercheurs anglophones/francophones. Il ne s’agit pas d’une analyse personnelle.  Se référer principalement aux travaux de Guillaume Erard, Stanley Pranin, Ellis Amdur, Eric Grousilliat et Chris Lee à ce propos (cf. bibliographie).

[8] L’école des neufs esprits divins. Sur le sujet, E.Grousilliat semble préciser dans son ouvrage à « Aïkido : A la croisée des chemins » que l’influence du kukishin ryu dans le parcours du fondateur se ressent avant tout sur l’étiquette et non pas sur l’aspect technique.

[9] L'un des sens cachés de Takemusu aiki est qu'il s'agit de la la forme « simplifiée » de l’Ameno Murakumo Samuhara aikido en référence au roi-dragon Ameno Murakumo Kuki Samuhara Ryu O okami, l’ange gardien supposé de Moriheï Ueshiba selon ses propres déclarations.

[10] Certains vont rejoindre l’expédition en cours de route ou directement à partir du continent afin de ne pas éveiller les soupçons des autorités.

[11] Dont le célèbre Yutaro Yano, commandant de marine à la retraite et membre de la Société du Dragon Noir, groupe paramilitaire ultra-nationaliste qui forme également de nombreux espions Japonais dans le but obtenir des renseignements réguliers en Russie, en Chine, en Corée et en Mandchourie. L’armée impériale japonaise emploie leurs informateurs, saboteurs ou assassins depuis la guerre russo-japonaise.

[12] On prête à certains de véritables faits devenus légendaires. D’autres sont clairement des inventions politiques afin de faciliter les transitions entre les différents régimes.

[13] Signifiant pontifes éclairés, ils sont en réalités plus « choisis » ou « désignés » et n’incarnent pas une dynastie issue d’un même sang. Certains sont de vrais lettrés influents, d’autres considérés d’avantage comme des hommes de paille sans réel pouvoir.

[14] Signifiant littéralement « le héros à la hache ».

[15] A l’origine chef de guerre d’une bande de malfaiteurs, il est recruté par l’armée chinoise avant de déserter. En 1905, il s’engage aux côtés des japonais et grâce à la société du dragon noir, parvient à s’installer durablement dans le paysage comme despote local sous le statut de « gouverneur militaire ». Il est ensuite régulièrement soutenu par le gouvernement chinois qui a besoin de ses troupes.

[16] Le révérend n’hésitant pas à accomplir des soins médicaux jugés miraculeux, à s’inventer différents noms et lignées d’appartenances extraordinaires et/ou d’origine divine, à se promener juché sur un cheval blanc appelée Bai Jinlong signifiant le blanc dragon d’or etc…

[17] Signifiant très concrètement « Capitale des héros rouges ». Une variante dites Ulaan Baatar en hommage au héros du peuple Sukhbaatar est utilisée régulièrement par tous.

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