NAMT 2019 : Dans le creuset de l'excellence

Publié le 4 Juillet 2019

Démonstration d'Hélène Doué (Photographie : Aïki-kohaï)

Démonstration d'Hélène Doué (Photographie : Aïki-kohaï)

Chaque année, la Nuit des arts martiaux traditionnels permet au grand public d'accéder directement à un panel extrêmement conséquent d'experts qui vont s'entrecroiser. Dans un environnement martial globalisé où désormais, tout est accessible à n'importe qui, le 13ième opus de la NAMT se veut résolument qualitatif. Léo Tamaki et l'équipe organisatrice possèdent une volonté ferme de permettre aux novices et aux connaisseurs d'observer la fine fleur martiale dans un cadre d'exception.

Ce choix que j'avais mis en lumière dans une interview exclusive de Léo consacrée à l'histoire de la création de la NAMT, se retrouve édition après édition. L'équipe demeure très soudée (je pense à Sylvain, Shizuka, Germain et bien d'autres) dans l'objectif à la fois simple et complexe de présenter un instantanée de l'excellence martiale. La NAMT donc est un creuset qui se veut respectueux des pratiques et qui cherche également à les agrémenter du plus bel habit (en ajoutant des artistes réputés, des danseurs, des commentateurs éclairés etc...).

En 2019, les planches du magnifique théâtre Dejazet étaient encore fidèles à leur réputation et l'événement à hauteur de toutes mes espérances. Coté animation, je crois avoir reconnu cette fois notre monsieur loyal  2019 en la personne de Christophe Godet (qui fut élève de Tada shihan au Japon) et que j'ai déjà pu rencontrer lors d'une conférence sur la comparaison des pédagogies de l'Aïkido en France et au Japon.

 

Toutes les facettes de l'expression corporelle :

Si les habitués ayant manqués la fête se souviennent des morceaux magnifiques de flûtes traversières de Noriko Nishida ou encore Shizuka Sasa Tamaki, que ces derniers se rassurent, les musiciens demeuraient à l'honneur dans cette édition. A cela s'ajoutait une démonstration inédite de danse contemporaine menée en solo par Marie Laure Caradec dont le cursus transversal allie à la fois l'Aïkido Kishinkaï, le Centre de développement Chorégraphique de Toulouse et l'Académie Isola Danza de Venise dirigée par Carolyn Carlson.

Bien plus proche de Cri(e)s que de Off (les deux créations de Marie Laure),  la danseuse et chorégraphe brestoise su captiver son public par ses expressions fauves. Accompagnée par la folle flûte de son brillant compagnon du soir sa prestation, très difficile à capturer en images du fait d'une grande fluidité dans le geste, donnait beaucoup d'énergie aux spectateurs.

 

Danse contemporaine avec Marie Laure Caradec (Photographie : Aïki-kohaï)

 

Les grandes expressions de l'Aïkido :

Le cru 2019 de la NAMT proposait bien entendu toutes les facettes de l'Aïkido d'aujourd'hui. Tout d'abord une démonstration dynamique, accompagnée par le Paris Taïko Ensemble, d'un des membres fondateur de l'Aïkido Kishinkaï : Julien Coup.

Bien que Julien est l'un de ceux que je fréquente le moins dans l'école de Léo Tamaki, j'ai néanmoins beaucoup apprécié son travail (et celui de ses élèves Sylvain et Thomas) que vous pourrez découvrir prochainement sur la chaîne (et dont Julien a pu nous parler brièvement dans les coulisses). Sa présentation des fondamentaux de l'école créait une belle intensité dans le théâtre et quelques connaisseurs y trouvèrent là les traces d'un certain Nobuyoshi Tamura.

 

Julien Coup (photographie : Aïki-kohaï)

 

Place ensuite à un terrain moins connu des spectateurs francophones. Venu des Pays bas, Chris de Jongh est un artiste martial complet dont la technique s'inspire là encore de Tamura Nobuyoshi dont il a suivi l'enseignement. 6ième dan Aïkikaï, Chris est également un expert en Karate du style Goju Ryu mais également en Ryushin Shouchi ryu et Niten Ichi Ryu. Il a atteint également le 2ième dan en Judo et enseigne enfin la méthode Feldenkrais si chère à Maître Noro.

J'ai plus particulièrement pris le temps de capturer les images de sa démonstration d'Aïkido car j'ai nettement adhéré à ses propositions. Un autre élève de Tamura Nobuyoshi d'ailleurs complétait parfaitement la chose, il s'agit bien entendu de Jean Marc Chamot dont vous trouverez l'entièreté de sa démonstration sur ce lien. Super-sensei comme je le surnomme affectueusement était accompagné de Germain Chamot et leur synergie est toujours aussi agréable à observer.

 

Chris de Jongh (photographie : Aïki-kohaï)

 

L'Aïkido FFAAA était représenté cette année par l'une des élèves phares de Christian Tissier shihan et une enseignante pour laquelle j'ai énormément d'admiration et de respect. Il s'agit bien entendu d'Hélène Doué. Quelques compte-rendus de stages sur le site parlent pour eux et je n'en dirais pas plus.

Fine fleur du Cercle, pédagogue du sourire, plongée dans le chaudron de l'Aïkido depuis ses 9 ans, Hélène amenait avec elle la jeune génération de plusieurs clubs de la région Parisienne dont le sien. Sa brillante démonstration était à la hauteur de son niveau technique.

 

Hélène Doué (photographie : Aïki-kohaï)

 

Enfin, l'Aïkido explosif de T.K.Chiba clôturait les démonstrations consacrées à l'Aïkido. L'école était présentée par Steve Magson du Dojo Sakumei-kan de Reichstett en Alsace. Elève direct de Chiba senseï et son uchi-deshi à San Diego dans les années 90, Steve est aussi 6ième dan Aïkikaï, 2ième dan de Judo et de Karate et 4ième dan d'école Iaï Batto-ho. Cet enseignant d'envergure internationale venait présenter son Aïkido plutôt percutant. Le public pu également apprécier des formes d'armes propres à Chiba senseï, un engagement très fort dans l'exécution technique ainsi qu'une belle présence sur scène.

 

Steve Magson (photographie : Aïki-kohaï)

 

Les facettes de la tradition Japonaise :

Le cru 2019 de la NAMT présentait évidemment bien d'autres disciplines Japonaises susceptibles de faire l'objet d'un compte-rendu approfondi. La première d'entre elle à mon sens est bien entendu le Daito-Ryu aïki-budo  de Takeda Hitoshi, représenté en France par Emmanuel Clérin que j'attendais avec un grand intérêt pour de plusieurs raisons. La première est que j'ai principalement été au contact ces dernières années avec le daito-ryu takumakaï et notamment par le biais de Takeshi Kawabe qui m'a réellement marqué par sa haute maîtrise et son ouverture d'esprit.

La seconde est que j'ai principalement observer d'autres branches de l'école comme celle de Kondo Katsuyuki et que je suis effectivement d'ignorant d'autres enseignements que ceux que j'ai cité.

Autant le dire immédiatement : je regrette de ne pas avoir pu expérimenter directement les techniques que j'ai observé dans la démonstration. J'ai été particulièrement intrigué par la présentation extrêmement cadrée, comportant de nombreuses mises en scène qui rappellent les magnifiques démonstrations de Yasuhiro Irie que j'ai eu la chance de rencontrer les années précédentes...

 

 

Autre maître et nouvelle découverte. J'ai enfin pu observer directement l'incroyable Kenyu Chinen de la branche shorin ryu du karate. Là encore, j'ai beaucoup regretté de ne pas pouvoir bénéficier d'un stage complet afin de découvrir l'enseignement de maître Chinen, à ce jour 9ième dan hanshi et 9ème dan de kobudo.

 

Kenyu Chinen (Photographie : Aïki-kohaï)

 

J'ai également pu découvrir un peu plus la pratique de Jacques Broggi dont j'ai trouvé l'approche intéressante. Son enseignement m'a réellement fait penser à celui d'autres spécialistes du Hakko Ryu ou encore celle du Kokodo Jujutsu. D'autres experts, tels que le célèbre Areski Ouzrout du Karaté Shotokan ou encore Kacem Zoughari  du Ninjutsu venaient présenter enfin des disciplines "phares" sur lequel je m'avoue globalement trop peu compétent.

 

Jacques Broggi (Photographie : Aïki-kohaï)

 

La tradition martiale hors du Japon :

La NAMT, c'est également la tradition hors de l'archipel et j'ai été heureux de pouvoir capturer les mouvements de certaines écoles totalement inconnues ou hors de ma sphère globale de compétence. J'ai particulièrement apprécié la prestation de Véronique Lesueur venue présenter le Taï Chi Chuan mais pas que, puisque j'ai également découvert d'autres facettes des arts martiaux historiques Européens avec Lutz Horvath.

Véronique Lesueur (Photographie : Aïki-kohaï)

 

Lutz est un compétiteur mais également un chercheur. Son approche des AMHE m'a totalement séduit (moi qui fut moi même escrimeur et compétiteur dans ma jeunesse) et je dois dire que j'ai particulièrement apprécié nos échanges en coulisses que, si le temps me le permet, vous découvrirez sans doute un jour sur la chaine Aïki-kohaï.

 

 

Pour ceux qui ne connaissaient pas l'ami Simon Pujol et le Goshinkaï, c'était aussi l'occasion encore en 2019 pour découvrir l'école d'Alain Guingois magnifiquement mis en lumière par des élèves chevronnés que j'apprécie déjà depuis bien longtemps. Bien que création occidentale, l'école à tout à fait sa place dans la tradition car elle puise ses racines dans différents endroits du globe. 

 

 

Il serait impossible de commenter techniquement d'autres intéressantes démonstrations que j'ai pu observer dont notamment celle de Romain Guiheneuf venu démontrer l'Hankido, Michail Sjauw du Kun Tao et Aziz Drabia venu présenter une école de Systema que j'ai encore trouvé légèrement différente des autres déjà mis en lumière au fil des années. Pour conclure je tenais à saluer, encore une fois, le travail et le sérieux de ceux qui œuvrent dans l'ombre.

 

 

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Arts martiaux, #Japon traditionnel, #Pratique de l'Aïkido, #Photos

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