Journée internationale du droit des femmes : La question de l'Aïkido au féminin

Publié le 8 Mars 2018

Photographie : Aiki-kohai

Photographie : Aiki-kohai

Depuis la naissance du blog, j'ai souvent évoqué avec vous dans mes colonnes l'intérêt de médiatiser beaucoup plus nos féminines, nos professeurs, nos pratiquantes et le monde des arts martiaux au féminin en général.

Je suis également fier d'avoir pu présenter sur le site de nombreuses enseignantes ou pratiquantes de grande qualité comme Eléonore Lemaire, Marie Apostoloff, Alice FeneyrolsMyriam Boussaboua, Hélène Richard etc...

Même si en 2018 on peut constater que nos instances martiales se sont largement saisies du "problème", il reste encore énormément à faire pour changer les mentalités, les pratiques et le regard du monde des arts martiaux sur l'horizon féminin dans son ensemble.

Si je suis fier de préciser, chaque fois qu'on me demande d'où je viens, que deux de mes enseignantes principales (Etsuko Iida et Alma Noubel) sont des femmes (et donc que la majorité de mon enseignement est réglé sur cet équilibre), je me suis souvent demandé si en traitant la question de l'Aïkido au féminin, nous ne faisions pas totalement fausse route.

Je m'explique.

Pour rappel à mes lectrices et lecteurs, j'ai déjà pu traiter de cette question en vous présentant la chose sur différents angles.

Au départ, j'ai évoqué avec vous l'Aïkido au féminin d'ordre général dans un article datant des débuts du blog. Avec maladresse, je m'indignais déjà en vous posant la question suivante : " Ne pourrions-nous pas justement commenter les qualités de nos propres pratiquantes sans leur renvoyer le fait qu’elles sont d’un genre différent de la majorité des Aïkidokas ?".

Bien que vague sur le sujet, mon article avait pu toucher un grand nombre de féminines dans et hors de France.

Persuadé ensuite qu'une mise en lumière directe, plutôt que mon avis sur la question, pouvait demeurer utile, j'ai pu rédiger ensuite une série de florilèges de pratiquantes du monde entier en réalisant parfois un focus particulier comme sur le portrait de Yoko Okamoto, ou encore sur les dames de l'Aïkido américain que j'ai appris ensuite à mieux connaître pour leurs qualités, leurs défauts et leurs enseignements respectifs.

A ce jour une question demeure : pourquoi parlons-nous encore d'Aïkido au féminin ?

Le simple fait de réaliser cette différenciation très simple ne place-t'il pas nos féminines dans une case spécifique ou un monde à part, comme si nos compétences et leurs compétences s'avéraient distincts ?

Eléonore Lemaire (photo : Aïki-kohai)

 

Même si je demeure persuadé que nos intentions sont bonnes en mettant en lumière les féminines de l'Aïkido et, pour la journée internationale du droit des femmes nos pratiquantes dans leur ensemble, ne réservons-nous pas en réalité et à cause de cela une place (trop) à part à ce réservoir de talent ?

Vous avez bien souvent entendu le discours suivant : le droit des femmes et sa place devrait s'avérer logique tous les jours de l'année et pas une seule journée par an. Juste ou faux ?

C'est fort possible. Je vous invite donc à faire avancer ce débat non pas un jour par an mais, comme moi, à chaque fois que vous en avez l'occasion.

Parce qu'en réalité, je ne me préoccupe pas vraiment de savoir si le maître est une femme mais bien si son Aïkido est de qualité.

Non, l'Aïkido n'est pas "l'art martial le plus adapté aux femmes" comme on peut le lire encore sur différentes anciennes présentations publicitaires. Nos pratiquantes sont capables de faire aussi bien de la boxe que du kendo jusqu'au plus haut niveau si elles le désirent. 

Et si nous parlons (et moi également) d'Aïkido au féminin au XXIe siècle, c'est par pure nécessité de voir enfin ce que tout le monde sait. Nos pratiquantes sont déjà capables des plus grandes prouesses.

Rappelons que Moriheï Ueshiba compte d'ailleurs des féminines dans ses élèves directes (même si beaucoup peinent à le savoir) tout comme nous ignorons souvent que les illustrations du plus grand ouvrage traitant de l'Aïkido furent réalisées de la main d'une élève et non d'un élève.

Alors tout simplement, je vais dire à un grand bravo à vous mesdames et à très vite dans mes colonnes pour découvrir une nouvelle personnalité martiale de votre cru ;-)

Journée internationale du droit des femmes : La question de l'Aïkido au féminin
Journée internationale du droit des femmes : La question de l'Aïkido au féminin

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Pratique de l'Aïkido, #Actualités-Nouveautés, #Photos, #Arts martiaux

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