Réapprendre à se mouvoir : entretien avec Xavier Duval du Nihon Taï Jitsu

Publié le 6 Décembre 2017

Xavier lors de la NAMT 2017 (photo : Aïki-kohaï)

Xavier lors de la NAMT 2017 (photo : Aïki-kohaï)

Xavier Duval fait parti du petit nombre d'artistes martiaux de talent que j'ai rencontré dans un cadre plutôt "professionnel" au départ et qui sont devenus pour moi comme des frères d'armes occasionnels ensuite. Sa gentillesse, sa simplicité, son humour sont très précieux dans un milieu où l'ego est souvent la seule constante et nous nous sommes tout de suite entendus dans notre volonté de dynamiser l'univers martial autrement. J'ai eu l'immense plaisir d'échanger de nombreuses fois avec Xavier ensuite (bien qu'il réside à Hong Kong où il enseigne également dans son propre Dojo) mais nous nous étions promis de formaliser la teneur de ces discussions profondes dans une petite interview que, malheureusement, je n'ai pas pu mettre en ligne tout de suite.

C'est donc avec immense plaisir que je vous propose dans les colonnes du blog de découvrir enfin cet électron libre des tatamis, expert d'une discipline cousine de l'Aïkido.

Pour aller plus loin, vous trouverez bien sur de nombreux liens et en fin de billet, deux vidéos :

-Celle de la démonstration de Xavier à la NAMT 2017.

-Celle d'Akuzawa sensei à la NAMT 2008.

Bonne lecture :-)

PF/Aïki-kohaï : Bonjour Xavier. Pourrais tu te présenter en quelques mots pour les lecteurs du blog ?

Xavier Duval : Bonjour Pierre, en quelques mots je m'appelle Xavier, j'ai 34 ans, je vis à Hong Kong depuis une petite dizaine d'années et j'y enseigne le Nihon Tai Jitsu et l'Aunkai. En parallèle je suis passionné par le travail du corps et du mouvement ce qui m'a conduit au Yoga et à croiser régulièrement l'Aïkido Kishinkai. J'aime aussi raconter mes "tribulations" sur mon blog qui me sert de carnet de voyage

PF/AK : As-tu débuté les arts martiaux par le Nihon taï jitsu où s’agit il d une pratique plus tardive dans ton parcours ?

Xavier Duval : En fait comme beaucoup de gens j'ai commencé par le Judo quand j'avais 6 ans. Mais ça n'a pas duré et j'ai arrêté au bout d'un an. Nous passions surtout du temps à jouer à "Jacques a dit" et le professeur était plus intéressé par les mamans sur le banc que par ce qui se passait sur le tapis, je n'ai pas vraiment accroché. J'ai refait du Judo plus tard via le lycée et j'ai eu un meilleur feeling. Ca a ravivé aussi en moi cette envie de gosse d'être "ceinture noire". Un an après je découvrais le Nihon Tai Jitsu, tout en continuant à faire du Judo au lycée

PF/AK : Qui étaient tes premiers professeurs ? Et pourquoi ce « feeling » avec le Nihon taï jitsu ?

Xavier Duval : Je ne connaissais honnêtement rien aux arts martiaux quand j'ai commencé, à part le Judo. J'étais tenté notamment par la boxe Française mais sans avoir plus d'idée que ça. Je suis allé au salon des associations de ma ville et il y a avait notamment un stand Nihon Tai Jitsu. Le nom m'était inconnu et ça a aiguisé ma curiosité. J'ai parlé un peu avec la personne derrière le stand qui m'a rapidement expliqué ce qu'ils faisaient et m'a dit que comme équipement il fallait des crampons et des protèges-tibias.

C'était une blague en bois mais du haut de mes 15 ans j'ai trouvé ca marrant et je suis allé voir le cours le mercredi suivant chez Max Lormeteau. En voyant les jeunes ceintures bleues se projeter dans tous les sens en randori, j'ai su que je voulais savoir faire "ça". Je me suis inscrit immédiatement et en plus des cours de Max du mercredi je me suis inscrit dans l'autre section de la ville, chez Thierry Durand, qui avait cours les lundi, mercredi et dimanche

PF/AK : Comment s’est déroulée ta progression au départ ? Avais-tu des difficultés particulières ? Un souvenir particulier à évoquer sur ce point ?

Xavier Duval : Je ne me souviens pas de difficultés particulières. J'étais assez sportif et je n'ai jamais vraiment eu de problème à me souvenir de ce que j'apprenais, au dojo ou ailleurs. Je pratiquais de façon régulière et j'ai donc progressé tout aussi régulièrement. Je n'étais pas particulièrement doué contrairement à d'autres, probablement dans la moyenne. Entre le Nihon Tai Jitsu, le Judo et l'entraînement physique que je faisais à côté, je progressais assez vite.

C'était malgré tout assez limité quand j'y repense aujourd'hui, j'apprenais beaucoup de techniques et je les passais en force, mais probablement rien d'alarmant pour un débutant. Ma mémoire me fait peut être défaut et il faudrait interroger mes enseignants pour avoir une vision plus objective, mais je n'ai pas souvenir de gros blocages ou difficultés.

PF/AK : A quel moment de ton parcours as tu fait la découverte de l’Aunkaï ? Peux tu décrire cette découverte ?

Xavier Duval : J'ai découvert l'Aunkai beaucoup plus tard, début 2010. J'étais à Hong Kong depuis environ un an et demi et j'étais déjà deuxième Dan. Je faisais un peu d'Arnis et de Jiu Jitsu Brésilien et je pratiquais avec mon ami Frédéric Lespine dans des parcs. Il avait entendu parler d'Akuzawa sensei et de l'Aunkai via le forum Kwoon et m'a proposé d'aller ensemble à Tokyo pour découvrir son travail. Ça a été une révélation.

Akuzawa sensei nous a démontré des capacités que je pensais être de l'ordre de la légende. Rien de ce que nous faisions ne fonctionnait sur lui, et lui en revanche nous bougeait très facilement. À une époque où ma pratique était chaotique et que je ne savais pas trop dans quelle direction aller ni comment véritablement progresser, l'Aunkai a été une porte grande ouverte vers quelque chose de plus, une invitation à aller plus loin. Le fait de pouvoir travailler les exercices en solo aussi m'avait particulièrement plu, après avoir déménagé à de nombreuses reprises je me disais que ça me permettrait de continuer à pratiquer et progresser meme sans avoir d'enseignant à proximité.

PF/AK : Peux-tu nous décrire quel genre de professeur est Akuzawa sensei ? Comment enseigne t-il ?

Xavier Duval : Akuzawa sensei est quelqu'un de très ouvert et accessible, il donne tout dès le début et c'est assez appréciable. A la fin de mon premier séjour je me souviens qu'il m'a dit : "voilà tu sais tout. Tu n'as pas besoin de revenir". J'y suis évidemment retourné de nombreuses fois mais j'ai effectivement toujours eu l'impression qu'il ne cachait rien. Si sa méthode est simple, elle est tout sauf simpliste et il faut du temps pour réellement la comprendre. Ce que j'apprécie chez sensei c'est sa capacité à percevoir ce qui te bloque et ce qui pourra te débloquer.

Parfois il me dit: "tiens je t'ai vu faire ça sur ta vidéo, fais le sur moi". Ça ne marche jamais évidemment... et puis il me dit "fais comme ça" et immédiatement la sensation est différente. Ça m'a beaucoup aidé à comprendre les principes qui sous-tendent sa pratique et à les "universaliser" en essayant de les appliquer ensuite aux autres techniques de mon répertoire. Des fois il se contente me balancer quelques mots, et de me mettre à terre. Sans explication. Ça peut paraître bizarre pédagogiquement mais il sait que tu finiras par piger, pas forcément aujourd'hui, mais que l'idée fera son chemin et que tu te l'approprieras d'autant mieux que tu  l'auras comprise par ton travail. Ça correspond probablement aussi à la façon dont il a appris, avec des exercices sans aucune explication faits pour lui faire comprendre le fonctionnement du corps humain. En ce sens il est pour moi pédagogie parce qu'il sait te faire avancer et te donner un ressenti physique, c'est le plus important pour moi avec lui. Pour discuter plus en profondeur la théorie qui sous-tend sa pratique, je me tourne plutôt vers ses élèves avancés, notamment des gens comme Rob, qui ont un enseignement plus "verbal".

 

 

PF/AK : On parle souvent des exploits d’Akuzawa et de son utilisation spécifique du corps. Comment définirais-tu cet aspect de son travail ?

Xavier Duval : Il aime effectivement démontrer ce qu’il avance et ses capacités exceptionnelles. Il est assez difficile de définir en seulement quelques mots ce qui caractérise son utilisation du corps mais je vais essayer d’en couvrir les grandes lignes, à défaut d’être exhaustif. La première chose qui frappe à mon avis est son travail sur la structure, et il définit son travail comme l’apprentissage de trois éléments clés dont découlent tout le reste: se tenir debout, marcher, s’asseoir. Il s’agit donc de réapprendre à se tenir et à se mouvoir, de comprendre quels parties du corps doivent être engagées dans le mouvement, et comment connecter les différentes parties du corps. Si beaucoup de gens parlent d’utiliser tout le corps dans le mouvement, je n’avais jamais rencontré personne capable de le faire avant de rencontrer Akuzawa sensei.

Malgré les 62 kgs annoncés, la sensation à son contact donne l’impression d’être face à une montagne de plusieurs centaines de kilos. Mais passée la mise en place de la structure, Aunkai va beaucoup plus loin dans la construction du corps. Cela dépasse l’idée d’aligner les segments osseux, pour construire des liens entre les lignes myofasciales qui permettent de bouger le corps dans son ensemble plutôt que séparément. On peut bouger les membres séparément de manière très coordonnée et c’est déjà très efficace, mais Aunkai va pour moi plus loin en construisant un corps véritablement unifié. Encore une fois ce que je dis est restrictif car en réalité on cherche à savoir connecter les différentes parties du corps pour pouvoir en mouvement les associer-dissocier selon les besoins.

La construction des fascia amène autre chose également, c’est la création d’un réseau qui recouvre tout le corps. En Tai Chi on parle parfois de “suit” (costume) pour définir cette idée visuellement. L’idée de ce réseau est de distribuer les charges. Si par exemple je te pousse au niveau de la poitrine, la force va passer à travers le corps et ressortir de l’autre côté, et cela aura eu un impact sur ta structure. Mais si le réseau est en place, la force se distribue partout dans le réseau, et d’une certaine façon s’annule. Un troisième point qui me marque dans sa pratique est sa neutralité. Akuzawa sensei ne se concentre pas sur son partenaire, il ne cherche pas de leviers ou à sentir les angles faibles. Il se contente de bouger librement, et le fait que tu sois sur son passage n’est finalement qu’une coincidence et il s’en préoccupe assez peu.

Je lisais à ce sujet un commentaire très instructif de David Orange Jr., qui fut élève de Minoru Mochizuki à Shizuoka. David disait qu’il avait fait Robuse (Ikkyo) à Akuzawa sensei, mais que soudainement sensei s’était arrêté. Il n’avait pas cherché à arrêter la technique, il s’était arrêté lui-même et par conséquent la technique s’était arrêtée également. Il y aurait beaucoup plus à dire, notamment sur la façon dont Aunkai travaille sur la réorganisation du corps autour du point de contacts ou encore sur l’élasticité des tissus, il y a tant de choses à couvrir.

PF/AK : As-tu déjà fait la rencontre d’autres professeurs utilisant des principes semblables ou bien s’agit il d un travail unique ?

Xavier Duval :Je me méfie du mot unique. Nous avons tous des corps conçus plus ou moins de la même façon et il serait surprenant que personne d'autre ne propose de travail allant dans la même direction. D'autant qu'Akuzawa sensei n'en revendique pas "l'invention" et qu'il a lui-même eu des enseignants qui l'ont amené dans cette direction. En revanche, je suis d'ailleurs tout à fait porté à croire que Takeda Sokaku et Sagawa Yukiyoshi avaient une pratique présentant un grand nombre de similitudes. Et pour répondre à la première partie de ta question, je n'ai personnellement jamais rencontré personne d'autre proposant ce travail.

PF/AK : Tu rapprocherais donc l’utilisation du principe aïki du travail de l’aunkaï ?

Xavier Duval : Je fais effectivement ce rapprochement car selon correspond à ma compréhension de l'Aiki, notamment le fait d'annuler la force de l'adversaire au contact. J'avais posé la question à Akuzawa sensei de savoir s'il pensait qu'il y avait une différence d'approche avec ce que faisait Sagawa sensei dont il a été l'élève, et il m'a dit que non, seulement une différence de niveau mais qu'il espérait pouvoir le dépasser un jour. Cela étant dit je n'ai jamais entendu Akuzawa sensei employer le terme Aiki, ou même le terme Ki, et de nombreuses personnes revendiquent de faire de l'Aiki en faisant des choses toutes très différentes. Je ne me permettrai donc pas de dire qui a raison et qui a tort sur le sujet.

PF/AK : L’annulation de la force est un principe populaire dans les budo japonais mais il est souvent galvaudé. Est il encore possible d’étudier profondément ces principes et non d’une façon superficielle ?

Xavier Duval : Je ne peux qu’être d’accord avec toi. Des termes comme “annuler la force”, “utiliser le corps entier”, “ne pas utiliser la force” sont utilisés à peu près partout et très rarement à bon escient. Je connais très peu de gens capables de ne réellement pas utiliser la force. Ce qui fait la force de l’Aunkai à ce niveau pour moi est l’absence total de travail technique, ce qui fait que le pratiquant est obligé de se concentrer uniquement sur ces critères et ne peut plus compenser par la vitesse, l’angle, le timing ou quoi que ce soit d’autre. D’une certaine façon ça permet de ne pas pouvoir tricher, alors que quand on travaille via un technique on a vite fait de se contenter du fait qu’elle soit passée sans trop se préoccuper de ce qu’il y a derrière. Je tiens à préciser en revanche que c’est un travail long, quotidien et relativement austère. La modification de l’utilisation du corps peut amener à des résultats extraordinaires mais demande un travail titanesque.

 

 

PF/AK : Est-ce un travail que tu as su mettre en application en nihon taï jitsu ? Et si oui dans quel contexte par exemple ?

Xavier Duval : Ma pratique du Nihon Tai Jitsu est fortement influencée par Aunkai. Ayant un passif très orienté “technique”, le travail technique me permet de mieux comprendre les principes proposés par Aunkai en les mettant en application. Au final tout mon travail en découle. Ca passe de l’utilisation de la gravité à l’absence de tension et d’intention au point de contact, à l’utilisation de mes lignes myofasciales ou de celles du partenaire et bien d’autres choses encore comme le fait de contrôler la structure de l'adversaire dès le point de contact (en tant que Tori ou Uke d'ailleurs). C’est une sorte d’immense tout et je serais bien embêté pour séparer juste quelques exemples.

PF/AK : Peut on dire que la technique est le principal problème de l apprentissage des arts martiaux ? Comment estimes-tu l’aspect technique dans ta pratique ? Est accessoire ? Inutile ?

Xavier Duval :  Je crois que la technique est utile dans une certaine mesure mais qu’il y a un souci dans le fait d’en faire le coeur de la pratique, à plusieurs niveaux. La technique permet de comprendre les angles de base, les positionnements, ce genre de choses, et c’est déjà beaucoup. Mais la réalité n’est pas un kata, et la vie ne nous attaque pas toujours avec le même angle, il y a donc un danger évident à voir la technique comme l’alpha et l’omega. J’irai plus loin en disant que le fait d’annoncer un curriculum de plusieurs milliers de techniques comme le fait par exemple le Daito Ryu (école dont je suis convaincu de la qualité au demeurant) ressemble à de l’enfumage.

En réalité il y a quelques principes fondamentaux applicables de milliers de façons différentes. A l’époque où je faisais des maths, je ne comprenais pas pourquoi les gens s’acharnaient à apprendre par coeur des annales de concours, au lieu d’essayer de piger le coeur du truc. Il est assez peu probable qu’un sujet retombe à l’identique, et c’est pareil dans les arts martiaux. En se concentrant uniquement sur la technique on passe à coté de ce qui compte vraiment: les principes et le corps qui leur donne vie. Maintenant je ne crois pas que faire l’impasse complètement sur la technique soit la solution. Savoir utiliser son corps est très bien mais typiquement en Aunkai on voit parfois des gens avec une excellente structure… qui ne savent pas quoi en faire.

Pour un débutant, la technique aide à visualiser et à avoir des outils à disposition. Le tout est de comprendre rapidement que la technique n’est qu’une application possible, un outil, pas un objectif. Certains de mes élèves l’ont d’ailleurs bien compris, et mon assistant m’avait fait la remarque six mois après ses débuts qu’en fait je faisais toujours la même chose mais sous des formes différentes. Comme quoi il n’est pas nécessaire d’attendre 30 ans pour comprendre. A titre personnel, je m’éloigne de plus en plus sensiblement de la technique “technicienne” pour laquelle j’ai peu d’intérêt. Probablement aussi parce que j’estime être dans la partie Ha du Shu-Ha-Ri et que le kanji 破 indique une notion de briser ou casser. Je casse donc allègrement l’enseignement technique que j’ai reçu pour essayer d’en saisir l’essence, et peut être y revenir plus tard.

PF/AK :  Le fait d’enseigner a t’il précipité cette remise en cause de l’imitation ? Ou est-ce un processus différent selon toi ?

Xavier Duval : Dans mon cas c’est lié à la convergence d’un certain nombre de raisons. La première est que je n’ai passé que 5 ans dans un dojo de Nihon Tai Jitsu. C’est peu. Je suis ensuite resté dans l’école mais j’ai pratiqué à distance, en stages pendant les 5 années suivantes, en pratiquant d’autres choses à côté. Et puis je suis parti à Hong Kong et les stages n’étaient plus non plus une option, j’étais dans une impasse. En 2010, j’ai rencontré Akuzawa sensei et il m’a donné un nouvel élan, qui m’a encouragé à chercher par moi-même ce que je ne pouvais pas recevoir en cours.

En fait je me suis retrouvé rapidement tout seul avec personne à imiter et si ça a été difficile au début je pense que ca a été une opportunité au final. Je ne crois pas que nous ayons besoin de personnes à imiter, ou que nous devions devenir des clones de nos maitres. Les adeptes les plus exceptionnels ont fait de leur pratique quelque chose de réellement personnel, ils ont bien sur été inspirés par leurs maitres mais n’en sont pas devenus des copies conformes.

PF/AK : Quels sont tes projets actuels ? Y a t il des maitres que tu souhaites rencontrer ou que tu vas rencontrer cette saison ?

Xavier Duval : J’ai aujourd’hui une vision assez claire de la direction que je souhaite prendre et je pense continuer dans cette voie dans les années qui viennent. Je viens de recevoir Rob John, un des trois Hanshi d’Aunkai, à Hong Kong et Rob devrait revenir plusieurs fois cette année pour partager ses connaissances avec nous. En Janvier c’est Léo Tamaki qui me fera l’honneur de venir et de partager son talent avec nous. Si ma pratique est de fait très différente du Kishinkai, c’est une pratique que je trouve incroyablement riche et qui m’apporte toujours quelque chose. En parallèle je continue à explorer les possibilités du corps humain via le yoga et j'ai récemment débuté une formation en technique Alexander pour approcher le sujet sous un autre angle".

Je n’ai pour l’instant rien d’autre de prévu mais je n’hésiterai pas à sauter sur une opportunité qui se présente. Dans les mois qui viennent je retournerai également en Europe donner une série de stages, ce qui sera l’occasion de tester mon travail de l’année et de peaufiner mes idées. C'est toujours un moment important pour moi parce qu’il me permet de voir ma pratiquer évaluée par des gens qui ne la connaissent pas fortement et ne sont donc pas influencés ou “dressés”.

PF/AK : Puisque tu évoques Leo Tamaki, Et en tant que pratiquant d'arts martiaux extérieur a l Aikido, quel est ta vision de cette discipline ?

Xavier Duval : J’ai une vision assez partagée de l’Aikido “moderne”, que j’ai d’ailleurs pratiqué quelques années à Hong Kong. Avant de commencer j’en avais une image assez négative, et j’avais un certain nombre de préjugés relativement courants: inefficace, chorégraphié, déconnecté de la réalité. Et puis j’ai découvert qu’il n’y avait pas qu’un Aikido mais une grande diversité de pratiques, dont beaucoup sont de qualité. Certaines ne me parlent vraiment pas parce qu’elles comptent trop sur la bonne volonté de Uke et ne permettent donc pas réellement à Tori de trouver les solutions pour faire marcher ses techniques.

Je ne mets pas le Ki no Michi dans ces pratiques, car je crois que la volonté de Noro sensei était encore différente et c’est une pratique que je trouve vraiment remarquable. D’autres pratiques au sein de l’Aikido me parlent réellement, comme c’est le cas du Kishinkai, parce qu’elles se concentrent sur un petit nombre de techniques mais recherchent une vraie profondeur dans la pratique. Je suis convaincu que l’Aikido est une pratique de très grande qualité, mais comme partout il y a des approches auxquelles qui nous correspondent plus.

PF/AK : Pour terminer que conseilles tu aux débutants qui lisent le blog et cherchent encore leurs marques sur les tatamis ?

Xavier Duval : S’ils suivent ton blog, ils sont à mon avis sur la bonne voie, celle d’un Kohai investi, curieux, et prêt à faire entendre sa voix. Mon seul conseil est de faire ce que tu fais, chacun à sa façon, les arts martiaux n’appartiennent à personne, pas plus aux anciens qu’aux nouveaux. Vos enseignants sont certes là pour vous guider mais votre progression n’appartient qu’à vous-même, et le futur de l’Aïkido est entre les mains des débutants d’aujourd’hui. Questionnez, cherchez, soyez actifs. L’Aïkido est actuellement en perte de vitesse, comme un certain nombre d’art martiaux, il ne tient qu’à nous de changer ça, et je suis persuadé que c’est par la base que les choses peuvent changer.

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Entretien, #Arts martiaux

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