L'histoire de la Nuit des Arts martiaux traditionnels : Entretien exclusif avec Léo Tamaki

Publié le 3 Juin 2016

L'histoire de la Nuit des Arts martiaux traditionnels : Entretien exclusif avec Léo Tamaki

Il existe beaucoup d'entretiens et d'interviews de Léo Tamaki sensei.  Vous trouverez dans ces lignes, la retranscription d'un entretien n'abordant pas cette fois le parcours de Léo Tamaki ou même son point de vu technique sur les arts martiaux mais bien une petite rétrospective à taille humaine et amplement méritée sur l'Histoire de la Nuit des arts martiaux tradtionnels (appelée "NAMT" par ses habitués) dont nous fêterons très bientôt le 10ème anniversaire.

Cet échange de longue haleine avec Léo, organisé lors d'un repas passé ensemble, est l'occasion pour moi de réaffirmer mon amitié pour ce maître qui, depuis  le début, me témoigne sans réserve sa bienveillance, sa confiance et une grande sympathie alors que strictement rien ne l'y oblige.

Précisons le à nouveau (par respect) : Je ne suis pas un des "élèves" (au sens noble du teme) du maître même si je le suis ponctuellement en stage et/ou en cours car j'apprécie souvent son enseignement et l'être humain derrière le personnage public. Je ne suis pas non plus "de l'école" du Kishinkaï bien que je m'estime comme un "familier" de celle-ci tant je partage des liens avec beaucoup de ses membres et notamment Marie, Alex, Turiane, et Guillaume.

Cet entretien n'a aucune prétention. Petite grenouille au fond du puit comme dit le proverbe japonais, je n'ai donc qu'un ciel Tamakien limité à observer mais j'espère qu'il vous plaira malgré tout car je suis heureux de ces moments de vie (et de recherches) passés avec des pratiquants que j'estime beaucoup, tout simplement.

Alors que la NAMT battra très bientôt son plein, voyez donc plutôt d'où elle vient et où elle va, à travers les mots de son créateur :

 

Programme de la 1ière NAMT

 

Aïki-kohaï : Bonjour Léo Tamaki. Commençons par le tout début. D’où vient l’idée originale de la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels ?

Léo Tamaki : Il y a plusieurs choses, mais l’objectif principal est mon évolution dans la pratique martiale. Les Nuits des Arts Martiaux Traditionnels (NAMT) m’ont permis d’inviter et d’observer dans un cadre particulier des gens qui m’intéressaient. Parfois il s’agissait de maîtres que je côtoyais déjà, comme Kuroda senseï, d'autres fois d'adeptes dont le travail m'intéressait mais que je n'avais pas encore rencontrés.

Aïki-kohaï : Tu parles de cadre particulier, que veux-tu dire par là ?

Léo Tamaki : Dans beaucoup d'arts martiaux traditionnels, la compétition est absente ou occupe une place marginale. Leurs adeptes travaillent donc généralement dans un cadre confortable, même s'il existe évidemment des modes d'entraînement où le stress est présent. Ce type de travail tend toutefois à se raréfier. Il est en outre différent de celui auquel ils vont se confronter dans un événement comme la NAMT. Présenter son travail dans un cadre inhabituel devant une foule massive crée une tension, met les experts dans un état émotionnel fort. On est bien entendu loin du combat, mais cela suffit à voir s'exprimer "autre chose". Un "moment de vérité" bien éloigné de ce que l'on a l'habitude de voir lors des cours et stages.

Créer une situation qui permettrait de vivre ces moments était mon objectif principal. Je souhaitais voir dans ce cadre des gens comme Kuroda senseï, Hino senseï, Kono senseï ou Akuzawa senseï.

Aïki-kohaï : Quels sont tes autres objectifs pour la NAMT à cette époque ?

Léo Tamaki : Bien entendu il s’agissait aussi, et c’est toujours le cas, de mettre en avant des gens que j’appréciais. De donner une audience à des pratiquants parfois moins connus mais dont le niveau est de premier ordre.

Cela m'a aussi permis de présenter mon travail quand je le souhaitais, et sous la forme que je désirais.

Aïki-kohaï : Dis moi, comment se passait l’organisation d’un tel événement à ses débuts ?

Léo Tamaki : Au départ cela se déroulait en partenariat avec "l’ancienne version" de Dragon Magazine. Je n’étais pas responsable de la totalité du programme les premières années, et je ne choisissais qu’une moitié des experts. Aujourd'hui je choisis la totalité des intervenants, et c'est un luxe que j'apprécie.

Aïki-kohaï : T'est-il arrivé de regretter certains choix ?

Léo Tamaki : Rarement. (rires)

 

 

Kuroda Tetsuzan, NAMT 2007 (Photo : Pierre Sivisay)

 

Aïki-kohaï : La première NAMT en 2007 se déroulait à la Halle Carpentier si je ne m’abuse ? C’était donc un partenariat ?

Léo Tamaki : Tout à fait. La NAMT n'aurait d'ailleurs probablement jamais vu le jour sans la collaboration avec Pierre-Yves Bénoliel qui avait beaucoup d'expérience de ce côté-là, puisqu'il avait donné une audience internationale au Festival de Bercy par exemple.

Aïki-kohaï : Il s’agissait je crois de la première démonstration en France de maître Kuroda ?

Léo Tamaki : Tout à fait. Kuroda senseï fait très peu de démonstrations en général, car il déteste ça. Au Japon, on peut dire qu’il esquive la quasi-totalité des invitations qu'il reçoit, mais il nous a fait l'honneur d’accepter de participer à la première NAMT.

Aïki-kohaï : Peux-tu nous parler des souvenirs qu’elle t’évoque à titre personnel ?

Léo Tamaki : Lors des NAMTs, les experts ont le choix de présenter leur travail en silence, ou accompagné d'une musique. Kuroda senseï m’a indiqué qu’il ne souhaitait aucun accompagnement, contrairement à la majorité des démonstrateurs. Sa démonstration venait clôturer la première partie de soirée, et il suivait des présentations dynamiques et spectaculaires qui avaient enthousiasmé l'audience, au point que le public était agité. Mais à l'instant où il est arrivé dans la salle, tout est devenu silencieux ! Il a présenté son école en faisant une démonstration de Iaïjutsu, puis de Kenjutsu et Jujutsu avec son fils et un assistant.

J’ai été particulièrement marqué par sa démonstration de « Iaï ». C'était un instant incroyable, et mes poils se sont littéralement hérissés ! D’autres experts présents avec qui j’en ai parlé par la suite m'ont indiqué avoir eu un ressenti identique.

Aïki-kohaï : C’est ainsi que j’ai découvert Kuroda senseï de mon coté. Je me rappelle aussi que cette NAMT présentait l’Aïkido Shodokan de Kenji Tomiki. Est-ce un choix de ta part ou un des experts invités par Dragon ?

Léo Tamaki : Oui, c’est également un très bon souvenir et un choix personnel. Tsuchiya Satoru m’a beaucoup impressionné. Je ne suis absolument pas pour l’introduction de la compétition en Aïkido, et ce n’est pas le débat ici de discuter des modifications qu’elle engendrerait. Mais j’ai trouvé dans ce qui était montré une qualité de mouvement, une présence et une intensité admirables. Lors de la première édition j’ai également beaucoup apprécié les démonstrations de Pierre Portocarrero et Okubo Hiroshi senseï entre autres.

Aïki-kohaï : Quel est toi le pour souvenir le plus marquant des démonstrations des premières NAMTs ?

Léo Tamaki : Incontestablement la présence de Kuroda senseï. Mais toute l’organisation en générale est un souvenir mémorable. (sourires)

Aïki-kohaï : Est-ce que tu pensais que cet événement allait avoir le destin qu’on lui connait ?

Léo Tamaki : Sincèrement, je ne savais pas que la NAMT allait être un succès et je dois avouer que je n’avais fait aucun plan précis sur le long terme. Pour tout te dire, j’ai même souvent pensé à arrêter tout ça. Lorsque j’ai repris l’organisation complète, il s’agissait d’un événement déficitaire, et c'est encore le cas aujourd'hui sur la majorité des éditions. La très large majorité des experts qui se produisent à la NAMT le font de façon bénévole, et pourtant seule la création d’autres événements en parallèle tels que l'AïkiTaïkaï me permettent de limiter les "dégâts". (rires)

Malgré tout, lorsque j’ai repris l’organisation j’ai souhaité, par exemple, investir d’avantage dans l'accueil et les repas des participants. De même, les premières NAMTs avaient lieu dans des gymnases municipaux. J'ai fait le choix de relocaliser l'évènement dans les plus grands théâtres parisiens. C’est évidemment beaucoup plus coûteux, mais cela est beaucoup plus en accord avec le respect que j'ai pour les pratiques martiales. Tous les maîtres et leurs élèves amènent leur savoir-faire, leur notoriété, et présentent ce qu'ils ont de plus cher. La moindre des choses que je puisse faire pour les remercier est de les recevoir correctement dans un lieu prestigieux.

Aujourd’hui je n’envisage pas d’arrêter. (rires)

Aïki-kohaï : Pour changer complètement de registre, quel est ton souvenir le plus amusant de toutes ces NAMT ?

Léo Tamaki : Lors de la 6ème Nuit, j’avais décidé de faire une présentation un peu particulière. Mes élèves devaient réaliser la majorité de la démonstration, et je n'intervenais qu’à la fin. Nous avons faire une dernière répétition juste avant notre passage, mais nous n’avions pas beaucoup de place. Nous avons alors décidé de la faire dans les douches. Malheureusement à un moment je me suis trop reculé et j'ai enclenché la douche sur moi juste avant de monter sur scène !

Aïki-kohaï : C’était donc la douche froide par mégarde ? (rires)

Léo Tamaki : Oui. (rires) Je me souviens également de la NAMT 2015 avec Hino senseï. Quelques instants avant son passage, il était introuvable ! Nous avons dû revoir tout le programme en catastrophe. En fait nous l'avions logé dans un hôtel juste en face du Théâtre Dejazet, et il se reposait dans sa chambre.

 

Hino Akira, NAMT 2015 (Photo : Aïki-kohaï)

 

Aïki-kohaï : Maintenant que je vais dans les coulisses avec vous, je me rends effectivement compte du boulot énorme que tout ceci représente, mais heureusement tu n’es pas seul.

Léo Tamaki : Oui, beaucoup de choses sont faites par Sylvain Meder, notre régisseur (ndl : le gentil clone de Jason Momoa). Je me repose énormément sur lui et c’est un grand soulagement. De même, Shizuka s’occupe de filmer, de prendre des photos et même si sa présence n’apparait pas de façon flagrante, elle se trouve toujours là au bon moment pour les participants. Sa présence est extrêmement importante, et elle amène une énergie douce et positive qui m'aide beaucoup.

Aïki-kohaï : Est-ce qu’il a des maîtres aujourd’hui que tu souhaites inviter à la NAMT sans l’avoir encore demandé ?

Léo Tamaki : Bien sûr. Je suis toujours curieux de voir, ou revoir à quelques années d'écart, des adeptes dans les conditions d’une démonstration telle que celle-ci. Heureusement, la qualité et le sérieux de l’événement sont maintenant reconnus et les experts font toujours le maximum pour se libérer. Ils savent qu’ils feront face à un public composé en majeure partie de connaisseurs, et je crois que c'est une "difficulté" qu'ils apprécient.

Aïki-kohaï : Concernant plus particulièrement l’Aïkido, je vois que beaucoup d’experts différents sont représentés. Certains viennent de l’Aïkido fédéral classique (FFAAA, FFAB) et d’autres de groupes ou d’écoles moins connus. Est-ce une volonté de ta part de maintenir un certain équilibre dans tout ça ?

Léo Tamaki : Oui. Ce serait évidemment plus "rentable" d’inviter en permanence les experts des plus gros groupes. Mais il ne s’agit pas de viser le public le plus large possible. Pour moi la valeur d’un enseignement ne peut pas se mesurer à son audience. Un maître à la tête d’un groupe de 500 personnes n’est pas forcément moins bon qu’un maître d’un groupe de 20 000 personnes. Tant sur la NAMT, que sur le blog  ou bien dans le magazine Dragon, j’ai toujours souhaité des interventions de qualité mais d’horizons variés permettant de découvrir la richesse et la variété de l’Aïkido en particulier, et des arts martiaux en général.

Aïki-kohaï : On constate aussi lors des NAMT une présence significative des arts martiaux chinois. Est-ce là aussi délibéré ?

Léo Tamaki : Mon objectif actuel pour la NAMT et son programme est d'avoir 1/5ème à ¼ de démonstrations d’Aïkido. Le reste étant partagé entre les disciplines les plus diverses du monde des arts martiaux. J’envoie un grand nombre d’invitation dans un temps très court, et l’équilibre que je souhaite n’est pas toujours atteint. Certaines années le plateau est très équilibré au regard de mon objectif, d’autres ce n'est pas du tout le cas.

Je sais que souhaiter obtenir chaque année un programme occupé par le quart des disciplines de l’Aïki est souvent limitatif. Il y a moins de pratiquants d’Aïkido dans le monde que de pratiquants de Judo, de Karaté ou de Taekwondo par exemple. Cela dit l’Aïkido est le cœur de ma pratique et comme je le disais à la naissance de la NAMT, c’est un événement… un peu fait pour moi aussi. (rires)

Aïki-kohaï : Et heureusement ! Avec tout cet investissement, c’est totalement normal que tout ceci puisse nourrir ta recherche.

Léo Tamaki : Après, je tiens à préciser que ce n’est évidemment pas que cela. Mais pour revenir à ta question, j’essaie toujours d’avoir un panel de discipline le plus large possible. Je me souviens d’arts Philippins, Indiens que j’ai sollicité et j’essaie toujours de lancer au moins une invitation au maximum de pays différents. Par ailleurs, le plus grand nombre de pratiquants et de disciplines se trouve aujourd'hui dans les arts martiaux japonais et chinois. On y trouve des représentants du calibre de Bernard Palmier ou Kuroda Tetsuzan, ce qui limite les surprises dont je me préserve au maximum.

Il est aussi probable que je passe parfois à coté de certains maîtres car j’ai forcément plus de liens, compte tenu de mon parcours, avec le monde des arts martiaux Japonais et l’Aïkido en particulier.

 

Erwan Cloarec, NAMT 2015 (Photo : Exworld)

 

Aïki-kohaï : Puisque nous parlons justement de "surprises". Quelle sont la meilleure et la plus mauvaise dont tu te souviens lors d’une NAMT ?

Léo Tamaki : Concernant la "mauvaise surprise" il m’est notamment arrivé d’avoir invité lors d’une NAMT un groupe d’intervenant très fiers de leur lignage mais dont l’attitude était totalement déplorable. Pour les "bonnes surprises", je pense en particulier à la NAMT de l’année dernière (2015). Il y avait moins de grands noms que lors d’autres "Nuits", et j’avais moins d’attentes. Je pense toutefois qu’il s’agit d’une des meilleures éditions en terme de niveau. Je pense notamment  à deux présentations que j’ai beaucoup aimées. Tout d’abord celle de Jean-Marc Chamot dont je n’avais jamais vu une démonstration, et qui a produit un Aïkido éblouissant, avec une très grande présence. Ensuite, je pense à celle d’Erwan Cloarec et la pratique sauvage. Erwan avait décliné une invitation précédente, et il finalement accepté de venir à cette nuit où il a fait quelque chose de simple et magnifique.

Bien que trente ou quarante ans de pratique séparent ces deux exemples, ces deux surprises me restent en tête encore aujourd’hui.

Aïki-kohaï : D'autres anecdotes te viennent encore en tête ?

Léo Tamaki : Il y a bien d'autres instants mémorables, je me souviens d'ailleurs de quelques "accidents" dont le public n'a jamais eu conscience. Par exemple l'année de la NAMT en l'honneur de Maître Tamura (NAMT 2010, 4ième édition). Lors d'une immobilisation, je me suis rendu compte que je m'étais déboîté un doigt qui partait en diagonale à 45° ! J'ai alors profité du moment où j'allais chercher un tanto pour le remettre en place. On le voit à 3,50 dans cette vidéo. (rires)

Sinon je pense aussi aux nombreuses candidatures spontanées pour la NAMT, y compris  de hauts gradés. On me transmet beaucoup de livres auto-édités, des CVs, des vidéos de démonstration, des DVDs etc... Parfois, ces candidatures sont très "étonnantes"...

Aïki-kohaï : Parlons un peu de la musique de la NAMT. J’ai l’impression que plus les années passent et plus elle gagne en importance dans la mise en scène. Est-ce quelque chose que tu souhaites mettre en avant ?

Léo Tamaki : Tu soulèves deux points intéressants. Le premier est la mise en scène. J’ai participé à Bercy (nda : La nuit des arts martiaux "classique"), et effectivement, il y a une énorme mise en scène pour un tel événement. Ton temps de passage est chronométré à la seconde, la musique et les éclairages sont omniprésents, et le spectaculaire est demandé par l'organisation. C’est parfait car le format s’y prête, cela correspond aux attentes du public de cet évènement, et le succès est au rendez-vous. Pour la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels, j'ai souhaité quelque chose de radicalement différent. J'indique la surface disponible, et je conseille aux démonstrateurs une durée pour leur démonstration. C’est tout. Je ne leur demande rien en terme de contenu, ni leur impose de musique ou quoi que ce soit d'autre. Je suis curieux de voir ce que les experts souhaitent montrer, et la façon dont ils vont le faire. Je ne viens même pas regarder les répétitions afin de vivre la soirée comme tous les spectateurs (même si j'en vois rarement la globalité). (rires)

 

 

Répétition du Paris Taïko Ensemble, NAMT 2015 (Photo : Aïki-kohaï)

 

Aïki-kohaï : Certains démonstrateurs de la NAMT sont pourtant enclins à nous montrer des aigles flamboyants en home cinéma à grands coups de chaine de vélo (sourires) ?

Léo Tamaki : Il y a un environnement culturel propre aux disciplines. Dans toutes les démonstrations d’Aïkido il y a des différences, mais dans le fond la trame est similaire. Quand  tu es habitué à ce filigrane culturel le changement peut effectivement surprendre, et je pense savoir à quelles présentations tu fais allusion. (rires) Pour revenir à la musique, je ne suis pas toujours fan des morceaux apportés par les démonstrateurs, et je préfère souvent les voir travailler avec « Le Paris Taïko Ensemble » qui accompagne d’ailleurs la NAMT depuis des années avec talent, et que j'apprécie énormément.

Au-delà du Paris Taïko Ensemble, j’ai envisagé d’autres partenariats divers que je n’ai malheureusement pas eu le temps de mettre en place. J’avais imaginé que chaque démonstrateur vienne avec un accompagnement musical (à fournir ou déjà fourni), car la musique peut souligner les choses de façon harmonieuse. Malheureusement, il va falloir attendre un peu car j’ai mille chose en tête avec peu de temps pour les concrétiser. (rires)

Aïki-kohaï : Cette année, nous sommes justement la dixième édition de la NAMT. Evidemment, maître Kuroda est là pour la 1ère et pour la 10ème. Peut-on dire qu’il s’agit d’une présence indispensable aux grandes étapes de la Nuit des Arts Martiaux Traditionnels ?

Léo Tamaki : Sa présence me touche, et j'ai pour la confiance qu’il m’a témoignée au fil des années dans tous les domaines, une gratitude énorme. Je ne pourrais jamais le remercier assez pour son enseignement, ses participations à la NAMT, etc… Toutefois si sa venue est symbolique, sa présence est surtout importante à mes yeux. En ce qui concerne les spectateurs, il sera l'un des nombreux experts, et je sais que beaucoup d'autres soulèveront leur enthousiasme. Je pense entre autres à Tobin Threadgill qui fera pour la première fois en France une démonstration de l'école dont il est à la tête, la Takamura-ha Shindo Yoshin ryu.

Aïki-kohaï : As-tu, pour finir, des projets pour l’avenir de la NAMT ?

Léo Tamaki : J’avais pensé dans un premier temps à une NAMT exclusivement féminine, mais pour l’instant j’ai abandonné l’idée. On me reproche parfois le faible nombre de participantes dans les Spécial Aïkido ou à la NAMT. Mais ce n’est pas du tout un choix de ma part, bien au contraire. Simplement d'une part il y a un nombre beaucoup plus restreint de pratiquantes, et donc d'expertes. Proportionnellement leur nombre est même plus faible que chez les hommes car elles sont encore nombreuses aujourd'hui à mettre un terme à leur pratique, ou tout du moins à faire une parenthèse, lorsqu'elles ont des enfants. D'autre part, toutes ne souhaitent pas écrire ou faire de démonstrations. Au final je serai donc obligé de solliciter un certain nombre de pratiquantes de niveau plus faible pour parvenir à une parité.

Mon opinion est qu'à investissement égal, les femmes parviennent à un niveau comparable à celui des hommes. Je ne souhaite pas laisser entendre le contraire en complétant un plateau d'expertes de premier plan avec des pratiquantes moins expérimentées pour faire le buzz. Mais je ne désespère pas, et ont peut espérer que dans quelques années la situation aura évoluée.

Aïki-kohaï : Merci à toi, Léo.

Léo Tamaki : Merci pour ton soutien.

 

Le programme de cette année ! (Source : Léo Tamaki)

Le programme de cette année ! (Source : Léo Tamaki)

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Pratique de l'Aïkido, #Entretien

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