Chroniques de Masamichi N°1 : La jeunesse de Maître Noro

Publié le 19 Octobre 2015

Le jeune Noro entouré de ses deux parents (source :collection privée de la famille Noro)

Le jeune Noro entouré de ses deux parents (source :collection privée de la famille Noro)

Masamichi Noro est né le 21 janvier 1935 à Aomori, chef-lieu de la préfecture actuelle d’Aomori à l’extrême Nord de Honshu, l’île principale de l’archipel du Japon. La région s’appelle plus particulièrement Tōhokuou Michinoku.

De notre point de vue moderne, on peut dire qu’il s’agit toujours, du temps de la naissance de Masamichi Noro, d’un endroit qu’on qualifierait d’isolé. Il s’agit historiquement de la dernière région du Honshu à avoir été peuplée par les japonais. Afin de prévenir les visiteurs, Aomori veut dire la forêt bleue, rappelant à la fois la mer toute proche et les territoires boisés non loin mais surtout le brouillard omniprésent dans la région.

L’histoire du territoire remonte à la civilisation Jomôn et de la communauté des Aïnous mais nous n’irons pas jusque-là.

Aomori est en réalité un ancien village de pêcheurs nommé Uto-Mura. En 1612, suite à l’expansion de la ville et de ses activités portuaires et commerciales, le village prend ensuite le nom d’Aomori, supplantant peu à peu par ses activités la ville proche d’Hirosaki sous la gestion du clan Tsugaru. A la révolution Meiji, la ville est d’ailleurs définitivement intégrée dans la préfecture d’Hirosaki et Aomori devient la capitale de cette préfecture.

A l’époque,le tunnel de Seikan, sous le détroit de Tsugaru, n’est pas encore construit et seul le bateau (les fameux Seikan Ferry dont ne subsisteplus désormais qu’un bateau musée) relie Hokkaido par Hakodate à Honshu. On peut dire de cette région que les climats y sont exceptionnellement rigoureux. L’été est très chaud et humide comme dans beaucoup d’endroits au japon mais l’hiver est surtout des plus agressifs. Il n’est d’ailleurs pas rare de se lever le matin et de trouver porte et fenêtres bloquées par la neige. La ville d’Aomori elle-même donne directement au nord sur la baie de Mutsu et au sud se trouvent les monts Hakkoda et ses célèbres tempêtes de glace.

Hakkoda-san n’est d’ailleurs pas le seul mont célèbre de la région, traversée du nord au sud par les montsŌu, la plus longue chaîne de montagnes de tout le japon comprenant notamment le petit Fuji et le volcan Adatara.

Presque comme Hokkaido et ses territoires encore vierges où MoriheïUeshiba, âgé alors de presque trente ans, parti s’établir en 1912 avec le groupe de Kishu avant d’y rencontrer Sokaku Takeda en février 1915, cette région du Japon n’est pas très densément peuplée pour ces raisons. Après la bataille de Hakodate Goryokaku, lorsque l’armée du shogunat dirigée par Takeaki Enomoto déposa les armes devant le nouveau gouvernement Meiji, nombreuses furent les colonies qui s’établirent toutefois dans les parages, souvent constituées de l’ancienne caste des samouraïs, et certains groupes venant du sud de honshu (et encouragés par le gouvernement) comme celui du fondateur percèrent même plus au Nord au péril de leurs vies.

Les climats locaux sont si rudes que la région bénéficie de l’installation de l’un des régiments de l’armée impériale japonaise qui profite de ces conditions uniques ; le brouillard y est courant et la ville d’Aomori en elle-même est en permanence balayée par les vents d’est.

Il va sans dire que c’est un environnement forgé pour de rudes montagnards dont le dialecte spécifique, le Aomori-ben ou Tsugaru-ben est difficilement compréhensible des étrangers y compris des autres japonais qui, souvent, leur donnent une réputation « d’insulaire » en plein honshu. L’endroit forge cependant indéniablement des caractères assez trempésmais…ce n’est pas encore le cas de Noro Masamichi lui-même comme nous le verrons.

Un mot d’abord sur la famille de Noro senseï installée dans la région. Elle vit plus précisément à Aomori et dans une grande demeure à Hachinohe, dans une région un peu plus boisée à l’intérieur des terres. Il est à noter qu'avant cette installation, la famille Noro habita également à Mutsu et Mito.

Le grand-père paternel de Masamichi Noro se nomme Yoshiso Noro et demeure le point de départ le plus connu de l’histoire familiale. Malgré ses origines rurales, on peut dire qu’il est le premier à faire sortir le nom de Noro de l’anonymat bien qu’il existe peu de traces de lui en dehors des épreuves de force traditionnelles du nord du Japon et narrées dans la famille.

Yoshiso est cependant célèbre dans la région (ce qui lui a permis de développer son entreprise et d’impulser sa reconversion de paysan en entrepreneur et constructeur dans le bâtiment) pour avoir, tout seul dit la légende, pu creuser un chemin au travers d’un tunnel en montagne, ce qui nécessite évidemment de nombreux hommes organisés et un temps infini.Quels que soient les faits autour de l’exploit mythologique, il est certain que seul un homme hors du commun et marquant les esprits pouvait prospérer à ce point dans une société très compartimentée où changer d’activité, gravir l’échelle sociale et défier un système de caste rigide peut s’avérer un chemin de croix.

Yoshiso Noro amorcera donc la prospérité et la fortune de sa propre famille dans toute la région. Plus tard, son fils, Yoshikatsu Noro (野呂 義勝) reprend ensuite l’entreprise familiale comme cela se fait souvent selon la tradition japonaise. Yoshikatsu devient très vite un grand constructeur réputé pour sa fiabilité en participant à de nombreux projets (la construction de station radio dans la montagne, des hôtels, des chantiers commerciaux, des bâtiments publics etc…). Comme son père avant lui, Yoshikatsu acquiert le statut de notable (nous dirions aujourd’hui qu’il s’agissait d’un millionnaire) dans la préfecture et la réputation familiale grandit encore auprès des politiciens, des sénateurs, des préfets, des maires, des généraux qu’ils rencontrent régulièrement et dont l’influence survole alors toute la région.

Chance ou malchance, c’est cette réputation qui va attirer peu à peu l’attention des autorités sur la famille Noro à l’aube de la guerre comme nous le verrons.

 

Les jeunes parents de Maître Noro

(source :collection privée de la famille Noro)

 

Parlons un peu à présent des origines maternelles de Noro Masamichi sensei car elles méritent toute notre attention pour deux raisons. Premièrement, la mère de Masamichi, (Rin Nosawa épouse Noro, 野沢 倫, ainée de 11 enfants) était très importante pour lui tout le long de sa vie. Deuxièmement, son caractère et ses origines apportent un éclairage inédit sur le destin de maître Noro, comme si le destin tissait une toile étroite entre les êtres d’exception à l’origine du Budo tel que nous le concevons.

La mère de Masamichi Noro (Rin Noro-Nosawa) est d’origine noble, son arbre généalogique remonte à la famille princière des Minamoto dont nous connaissons notamment l’un des princes, Shinra Saburo Yoshimitsu, pour être à l’origine de deux branches de la famille dont les Nosawa (dont est issue la mère de Noro sensei) et les célèbres Takeda. Ainsi, le très jeune Noro ne le sait pas encore mais son sang est déjà intrinsèquement lié avec celui des artistes martiaux et particulièrement les créateurs du Daito-Ryu Aïkijujutsu principalement (mais pas uniquement) ainsi qu’aux origines de l’Aïkido.

Notons que si la rencontre entre les parents de Maître Noro s'est faite à l'université (ce qui déjà rare en soit à l'époque car la mère de Masamichi était une femme étudiante), les circonstances de l’union entre Yoshikatsu Noro et Rin Nosawa sont méconnues, il est avéré que la concrétisation d’un tel rapprochement est inhabituelle dans une société traditionnelle japonaise normalisée (encore à ce jour) où les nobles s’unissent entre nobles, les marchands entre marchands, les bourgeois entre bourgeois, les guerriers entre guerriers et les paysans entre paysans.

Yoshikatsu Noro, même si son père avait fait fortune, dut évidemment se battre contre vents et marées pour faire accepter son choix d’épouser Rin et, chose inédite, il parvint à ses fins. On dit également qu’il ne voulait qu’elle comme épouse et parvint à faire accepter cela sans qu’on puisse aujourd’hui expliquer comment et quels moyens extraordinaires il dut déployer pour défier la société toute entière. La légende familiale veut qu'il aurait planté un couteau dans une table en déclarant "c'est elle et pas une autre".

Un lecteur intrigué mesure dès à présent à la fois la volonté hors norme du père de Masamichi Noro et le caractère particulier de sa mère pour susciter un tel intérêt.

Notons que Rin Noro était assez petite, un petit brin de femme d’une volonté très forte issue d’une famille princière mais d’une beauté commune. Notons toutefois que son intelligence, sa personnalité et son caractère étaient suffisamment respectés durant sa vie pour qu’il fut toutefois question un jour qu’elle se lance en politique (même si son époux s’opposa à cette carrière politique trop « avant-gardiste » qui n’advint jamais et l’empêcha de devenir la première sénatrice du japon). Il est donc évident que toute sa vie, Rin Noro fut une femme exceptionnelle très loin d’être seulement l’épouse tranquille et docile d’un foyer japonais.

Cette mère est la première référence du maître avec O-senseï lui-même et il fallait que quelqu’un lui rende hommage pour ce qu’elle a apporté en ce monde.

Masamichi Noro est le troisième et dernier enfant de cette union insolite après l’ainée Kyoko Noro (qui devint pianiste réputée jouant régulièrement dans sa jeunesse pour la radio japonaise) et la cadette Taeko Noro (野呂 妙子, chanteuse dont le destin musical est bien connu car cette soprano d’opéra remplit encore de nos jours les salles et théâtre du Japon à 85 ans).

Masamichi découvre cette vie et passe sa prime-jeunesse dans un environnement protégé (dont les origines sont toutefois relativement modestes du côté de son père) en étant très tôt baigné dans la musique classique occidentale. Parmi les trois enfants du couple, c’est lui dont la constitution est la plus fragile, avec une faiblesse particulière au niveau des poumons (notons d’ailleurs que son grand père et son père souffraient d’ailleurs des mêmes difficultés puisque le premier est décédé d’une pathologie pulmonaire et l’autre fut traité longtemps pour un cancer des poumons). Dans le climat rigoureux où le jeune maître grandit, autour de trois femmes très fortes, et bien que disposant d’un héritage génétique des plus martiaux qui soit…Noro Masamichi tombe tout le temps malade.

Alors que la fondation Kobu-kaï, le fameux dojo de l’enfer, entraine déjà des hommes à poigne comme Gozo Shioda, Rinjiro Shirata ou Zenzaburo Akazawa, il est bien difficile d’imaginer pour les lecteurs qu’un enfant aussi frêle et fragile deviendra un jour « l’homme du bras incassable » et l’un des disciples favoris de Moriheï Ueshiba.

Ce dernier, dont le nom résonne déjà dans tout le japon, parcourt le pays en tous sens, accompagné de nouveaux et d’anciens disciples. En 1935, année de naissance de Masamichi il se trouve que Moriheï forme le service de sécurité du journal Asahi Shinbun à Osaka en Daito-Ryu exclusivement (il tourne d’ailleurs le film Budo à cette même période).

Bien que ceci ne soit pas le propos de cette chronique, Moriheï n’enseigne pas encore « l’Aïkido » mais quasiment exclusivement le Daito-Ryu dont, à titre personnel, il épure peu à peu la technique pour développer sa création qu’on nomme à cette époque Ueshiba-RyuAiki-bujutsu et qu’il fait connaître dans les hautes sphères de la société mais aussi les écoles militaires, les académies de Police de l’armée (comme la Kenpei Gakko), la célèbre école Nakano qui entrainent les membres des services secrets etc... Il est d’ailleurs intéressant de noter pour la suite de l’histoire qu’une partie importante des élèves du Kobukan Dojo, entre les officiers de l’armée de terre et de la marine japonaise, sont pour le moment et en grande partie des militaires bientôt appelés au service. Ce sont avant tout les soldats qui font, à l’époque, la réputation de l’art efficace de Moriheï, peu à peu en évolution.

Alors que Noro Masamichi a seulement 5 ans, son pays connait des bouleversements énormes. La guerre sino-japonaise démarrée en 1937 s’enlise et le conflit s’étend. La république de Chine rejoint les alliés.

Cette situation va heurter de plein fouet la famille Noro aux débuts de la deuxième grande guerre.

To school in the snow (1939) Photographe: Kazuhide Shimizu

* * *

Dans les années 1940, l’état Japonais qui souhaite développer ses infrastructures militaires pour l’effort de guerre entend parler de l’entreprise de la famille Noro fréquentant alors déjà les hautes sphères de la région. On « invite » alors Yoshikatsu Noro à contribuer à l’effort de guerre en lui demandant de bâtir sur Aomori-même un gigantesque port de guerre stratégique (qui existe encore aujourd’hui et dont le statut spécial en fait l’un des trois ports principaux du Japon). Un petit port existe déjà mais le projet de rénovation tel que défini par les autorités en fait un chantier titanesque pour la famille Noro, mobilisant plus d’une vingtaine de véhicules et autant d’équipes. Notons également que ce type de chantier à cette époque est normalement géré exclusivement par et pour les militaires avec les infrastructures militaires.

Victime de sa bonne réputation, la réquisition forcée de l’entreprise Noro n’apporte strictement rien sur le plan financier et Yoshikatsu Noro n’est absolument pas payé pour ce travail considérable qui mobilise son personnel et plonge les affaires de la famille dans la difficulté. D’autres affres financières font que la fortune si chèrement acquise par Yoshizo Noro périclite.

Parallèlement, dès décembre 1941 avec l’attaque de Pearl Harbour, la guerre éclate à nouveau et de nombreux jeunes sont mobilisés pour le service actif. Alors que le front gagne peu à peu du terrain sur le continent est-asiatique et en mer dans le pacifique, il devient évident qu’une crise sans précédent se profile pour l’archipel. Des bombardiers américains B29 arrosent quotidiennement l’archipel et Aomori est presque rasée à 90% par les bombardements en juillet 1945. Les familles japonaises qui ne sont pas sur le front souffrent de la faim, du chômage, des maladies et des incendies. De nombreuses familles sont déplacées quotidiennement dans le dénuement le plus total et beaucoup se retirent dans les campagnes afin de pouvoir subsister.

A cette même période, Rin Noro, afin de pouvoir apporter quelques subsides à son foyer, décide de l’idée d’une école de confection de Kimono.

Masamichi Noro est encore chétif mais on dit souvent de lui qu'il est habile de ses mains car il va fièrement à la pêche aux poissons en bordure de la baie d'Aomori où il rapporte de temps en temps de quoi manger à sa mère. Le petit Masamichi se souviendra principalement de cette épisode comme une époque de privation où il se voit souvent obligé de troquer le riz contre n’importe quoi et notamment des pommes de terre. Toute sa vie durant, Masamichi gardera une aversion profonde pour cet aliment lui rappelant probablement des moments difficiles. Sa santé reste fragile, conséquence de sa maladie infantile, et il demeure d'ailleurs régulièrement enfermé ou auprès de sa mère et ses sœurs avec lesquelles il gardera des liens profonds.

Le résultat des conflits laissera le Japon exsangue jusqu’à sa capitulation et de nombreuses familles et combattants de retour du front sans travail ni ressource. C’est un de ces officiers, rendant visite de la famille Noro, qui va amorcer le mouvement suivant de la grande roue du destin. Il remarque pour la première fois Masamichi Noro et s’étonne vivement de sa faible constitution.

Le militaire conseille alors au père de Noro Sensei de lui faire faire des exercices physiques et lui propose même ses services en tant que Kendoka. Pour la première fois, Masamichi Noro se voit proposer l’étude des arts martiaux alors qu’il bénéficiait jusque-là d’une éducation exceptionnelle et de précepteurs dans de nombreux domaines. Souvent alité, Masamichi est cependant plus intéressé par la musique classique et il dispose d’un gramophone que son père, pour lui faire plaisir, s’était procuré malgré l’extrême rareté de l’objet. L’enfant s’est d’ailleurs constitué, dans sa chambre et au fil du temps, une collection incroyable de vinyls de musique qu’il écoute en boucle pour tromper l’ennui.

L’officier en question tombe pourtant d’accord avec Yoshikatsu Noro sur la poursuite de l’éducation du frêle Masamichi. Le Kendoka mentionne même sa rencontre avec Moriheï Ueshiba et ses techniques magnifiques. Le nom de Moriheï restera alors gravé à jamais dans la mémoire du jeune artiste martial en devenir.

Le premier entraînement martial du jeune « maître » Noro débute donc par un budo moderne. Son père est très content de voir le physique de son fils se développer peu à peu et déjà, Norosensei commence à s’intéresser de très près aux mouvements qu’on lui inculque et aux déplacements du corps. Mais ses premiers pas sur la voie du budoka sont cependant très vite contrariés par les projets parentaux.

En effet, même si les parents de Masamichi sont heureux de le voir acquérir de la vigueur, ils s’intéressent plus particulièrement à son avenir professionnel dans ce Japon en crise et souhaitent qu’il devienne médecin puis reprenne ensuite l’entreprise familiale. De plus, la plupart des arts martiaux sont interdits par l’occupant américain alors il vaut effectivement mieux pour leur fils qu’il prenne une toute autre voie pour son bien et arpente le chemin de la modernité plutôt que celui de la tradition. Il faut également préciser qu’en cette période d’occupation américaine, la demeure des Noro s’est vue réquisitionnée par l’armée américaine car il s’agit d’une des plus vastes demeures de la région pouvant aisément servir de base militaire. La famille demeurant dans les lieux, Masamichi n’en garde cependant pas de mauvais souvenirs en particulier, mais il devint cependant évident que le temps était venu pour le dernier enfant de la famille d’aller poursuivre son éducation dans un endroit plus approprié.

Alors que toute sa famille réside au Nord du Japon, la décision est finalement prise et Masamichi Noro est envoyé au lycée à Tokyo où Taeko, sa sœur, réside déjà, et où pour faire plaisir à tous et surtout à ses parents, il devient bon élève lors de ses études secondaires au Lycée Edo-Gawa.

Le jeune Noro Masamichi

(source :collection privée de la famille Noro)

 

Mais si Noro Masamichi s’éloigne peu à peu des arts martiaux, ce sont les nouveaux Budo Japonais et le très jeune Judo, déjà si populaire, qui s’invite désormais à sa table.

La rencontre Tokyoïte avec le judo de son lycée bouleverse à nouveau sa vie tranquille d’étudiant. Noro Masamichi retrouve le plaisir de l’entraînement qu’il a reçu avec son premier professeur Kendoka. Peu à peu, son entraînement pour devenir shodan influe à nouveau sur ses études et il parvient au grade souhaité de ceinture noire. Quelque chose se dessine alors dans son esprit : Masamichi n’accepte plus de passer tout son temps le nez plongé dans les livres uniquement pour faire plaisir à sa famille. Il décide de s’en plaindre régulièrement à son oncle, du côté maternel, qui l’accueille.

Ce dernier est une oreille attentive et il a bien compris ce qui motive alors son jeune neveu. Lui-même est d’ailleurs un ami d’un certain Kisshomaru Ueshiba depuis l’école et il promet alors à Masamichique s’il réussit en médecine et se retrouve admis à la faculté comme le souhaitent toujours ses parents, il le fera présenter alors « au grand maître de l’Aïkido » et qu’il pourra pratiquer avec lui.

Cette promesse vadéfinitivement bouleverser la vie du jeune Noro. Encouragé par ces mots, il se met alors à travailler intensément et son ardeur. Cet acharnement lui permet même d’être reçu deuxième au concours d’entrée de la faculté de médecine. Il s’agit pourtant d’un concours très difficile où des milliers de personnes se présentent chaque année et les portes de l’université lui sont soudain grandes ouvertes comme à tous les élèves brillants. Ses parents et sa famille sont fiers de lui et attendent maintenant qu’il devienne un médecin réputé puis reprenne l’entreprise Noro.

…Cependant, Masamichi n’oublie pas la promesse qui était sa principale motivation et demande à son oncle de tenir sa parole. Alors qu’il est désormais en 1ère année de la faculté de médecine, le premier avril 1955, son oncle le présente finalement à un vieil homme qu’on appelle O-Senseï. Le grand maître de l’Aïkido.

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Chroniques de Masamichi

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Maïté 21/10/2015 21:26

Superbe ! Cette lecture m'a ravie. Une très belle écriture qui se lit comme un véritable roman !
Je suis juste un peu frustée de devoir patienter pour lire la suite .....
Tous mes remerciements pour ces belles photos et ce très beau moment de lecture .
Maïté

Aïki-Kohaï 22/10/2015 09:07

Bonjour Maïté,

Effectivement, l'angle du roman est totalement détérminé pour cela à la base du projet. Cela change des articles techniques ou des interviews et ce prisme permet d'exposer une facette humaine et un fond plutôt que la superficie.

je suis heureux que cela soit apprécié.

Bien à vous,

Françoise 20/10/2015 23:59

Excellent, j'adore les références géographiques climatiques, on sent presque le vent sur la peau. Merci aussi pour les références historiques, jusqu'aux samourais !
J'ai hâte de lire la suite. Oui il est grand temps de mieux connaître Noro qui était si spécial.

Aïki-Kohaï 21/10/2015 08:51

Bonjour et merci Françoise,

La suite est en cours et certaines parties sont déjà "préparées" à l'avance pour plus de fluidité dans les parutions.

Merci de votre fidélité au blog et pour vos commentaires. C'est une très belle façon de remercier pour ces heures de travail.

Pierre

Anne nonyme 20/10/2015 14:13

"De nombreux familles sont déplacées quotidiennement"
de nombreuses...

Très intéressant, continuez :-)

Aïki-Kohaï 20/10/2015 16:29

Bonjour Anne Nonyme et merci de votre attention.

Faute corrigée (et pourtant l'article passe entre trois paires d'yeux différents).

Bien à vous.