Chroniques de Masamichi N°0 : Introduction et préface

Publié le 18 Octobre 2015

Maître Noro à Casablanca en 1964 (source :collection privée de la famille Noro)

Maître Noro à Casablanca en 1964 (source :collection privée de la famille Noro)

Certains de mes lecteurs les plus acharnés se sont rendus compte que quelque chose se tramait depuis des mois dans les "coulisses" du blog. Il est vrai que j'ai pu évoquer de nombreux projets chronophages sans pour autant dévoiler la totalité de ceux-ci pour ne pas vous laisser attendre inutilement.

Permettez moi à présent de vous présenter l'humble résultat d'environ 1 an et demi de recherches d'archives, de compilation d'interview et de témoignagnes ainsi que de nombreuses heures d'échanges avec mon ami Takeharu Noro que je remercie du fond du coeur pour tout ce temps passé ensemble à voguer à travers la mémoire de sa famille. Merci également pour les infimes précisions d'Odyle Noro-Tavel.

Ce projet peut se résumer simplement : Que diriez-vous de découvrir l'histoire de Maître Noro dans sa globalité sous forme de chroniques régulières sur le blog ?

Et si je vous disais que ces chroniques s'appuient sur des images dont certaines sont souvent inédites ? Et des témoignages que certains ne connaissent pas ou peu ? Et que ces chroniques sont là non pas pour agiter la polémique ou vous mettre des paillettes plein les yeux mais bien pour exposer quelque chose de nouveau, d'essentiel et d'humain ?

Je m'explique :

Les ouvrages relatant de l'histoire officielle de l'Aïkido sont très nombreux, et il en existe quelques uns qui demeurent très complets sur le développement de notre discipline en France et en Europe.

J'ai pu constater toutefois que ces "références historiques" consacrent ironiquement à peine un paragraphe ou deux à maître Noro alors que l'Aïkido Français ne possèderait pas le même visage sans lui.

J'ai trouvé cela injuste. J'ai trouvé cela réducteur. Je me suis beaucoup questionné et je n'ai pas trouvé de réponse qui me conviennent totalement alors je me suis enfin décidé. Le résultat de cette décision suivra régulièrement dans ces pages dans une toute nouvelle rubrique que je vous invite à suivre.

Deux précisions importantes :

-Les images présentées sont sourcées et protégées, elles appartiennent à leurs auteurs. La plupart des clichés viennent de la collection personnelle de la famille Noro alors merci de ne pas les utiliser sans accord préalable.

-Ces chroniques sont susceptibles de faire l'objet d'un ouvrage plus complet car mon travail de compilation et de recherches acharnées continue à se poursuivre à ce jour. Je reste donc ouvert à vos questions et vos demandes si vous souhaitez utiliser mes propres textes (sans les images donc) mais, je vous demanderai exceptionnellement de ne pas les reproduire sans autorisation même si les liens restent toujours possibles :-).

Sans plus attendre voici déjà la préface :

 

Maître Noro en juillet 1962

(source :collection privée de la famille Noro)

 

PREFACE DES CHRONIQUES :

 

Noro senseï se racontait pour enseigner et uniquement pour enseigner. Et dans son humilité extrême il est fort difficile d’en faire un portrait complet et juste sans omettre des éléments essentiels et surtout humains de cette personnalité hors normes du monde Budoka.

Permettez-moi cependant d’affirmer que tout cela manque aujourd’hui de quelque chose. Ce petit supplément d’âme qui mérite d’être conté au-delà des tatamis et des démonstrations.

Chaque miette de savoir donné par le maître est une facette. Chaque phrase accordée par Noro senseï n’est qu’une phrase. Chaque technique n’est qu’une technique. Chaque année d’entraînement auprès de lui n’est qu’une année. Mais aujourd’hui, qui se souvient vraiment de qui il était et de ce qu’il nous a apporté ? De ce qui pouvait le faire sourire et pleurer ?

Qui se souvient de ce qu’il a donné et surtout dans quelles conditions ? Qui peut mesurer aujourd’hui les sacrifices qu’il a pu faire pour l’Aïkido en France et dans le monde à travers le prisme de l’humain qui comptait tant pour lui ? Qui donc en dehors de son épouse, de ses enfants et de ses plus fidèles ? Et qu’allons-nous laisser à ceux qui arrivent sur le chemin si nous nous contentons de quelques pages officielles et de quelques encarts réducteurs dans les ouvrages dit de référence ?

Ces éléments ne sont-ils pas pourtant constitutifs du fond de notre art et du prix réel qu’il peut coûter pour une transmission d’un siècle à l’autre ?

Alors que beaucoup des élèves et admirateurs de Noro senseï montrent surtout des vidéos de ses exploits techniques en Aïkido et en Kinomichi, je vous propose plutôt de vous intéresser à l’homme. Je ne vous dirais pas, en me vantant, que je suis un de ses disciples car ce n’est pas absolument pas le cas.Je ne vous dirais pas que j’étais LA, car je ne l’ai jamais rencontré directement. Je ne vous dirais pas non plus que mon récit est LA vérité mais seulement une vision plus humaine des événements compilés au travers d’articles, de livres, d’interviews, de récits, de documents et de témoignages précis des proches de Noro Senseï et l’un de ses fils en particulier.

Mais c’est parce que je ne suis pas un disciple de Maître Noro, ni un maître d’Aïkido que je pense pouvoir lui rendre un peu justice loin des clivages, des querelles de clocher, des vantardises, des tabous, des alliances, des intérêts et des réflexions techniques. Il n’est pas question de dire à quel point Maître Noro était un Budoka exceptionnel (tout le monde le sait) mais bien de démontrer quel être humain il était et pourquoi il laisse une marque. Et ce qu’il peut apporter au fond de notre pratique à tous, de nos jours et pour demain.

Cette liberté, je souhaite humblement vous l’offrir et l’offrir à ceux qui aiment et aimaient Maître Noro pour lui-même. Elle est le fruit d’un long travail. Voici donc mes chroniques de Masamichi.

 

 

La forêt bleue d'Aomori, Oirase Gorge, photo : Yumiko Sato

 

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Chroniques de Masamichi

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