La main inattendue du Kashima : Retour sur une journée de séminaire avec Aoki Hisashi

Publié le 12 Mai 2015

Aoki sensei, Source: Seishinkai et Thorsten Shoo (merci à eux pour ces très rares clichés)

Aoki sensei, Source: Seishinkai et Thorsten Shoo (merci à eux pour ces très rares clichés)

Vous ne connaissez pas Aoki Hisashi ? C'est normal. C'est un sensei dont la présence en Europe est extrêmement rare.Tellement rare que si vous cherchez sur la toile, il va falloir vous rendre à l'évidence de ne rien trouver en dehors de ses premiers séminaires en Allemagne dans le Seishinkai de Thorsten Shoo à Franckfort (que je salue bien car j'ai justement dû lui emprunter quelques beaux clichés, pardon, pardon, p....).

Il s'agit de la deuxième année de présence en France pour Aoki sensei et cette année (comme l'année précédente) il était à nouveau l'invité d'honneur de Josette Nickels et du Dojo Langevin Wallon de Chatillon pour un séminaire aux places limitées de Kashima Kenjutsu (ou plus précisément Kashima No tachi) se déroulant sur plusieurs jours.

C'est par le biais d'Alice Feneyrols, enseignante d'Aïkido et de Kashima no tachi (dont j'ai déjà pu vous brosser un portrait très complet lors d'un précédent entretien) que j'ai pu accéder à cet événement hors du commun (un immense merci à elle). Il va sans dire que c'est également avec la bienveillance et l'aval de Josette Nickels sensei car j'étais également très très très en retard sur la date limite des inscriptions et je connaissais le peu de place disponible.

Mesdames, heureusement que vous étiez là !

Afin de maximiser mes chances et l'expérience, j'avais opté pour l'unique cours en plein air de ce long séminaire. Ce cours en particulier devait initialement se dérouler dans le Parc de Sceaux....si le temps avait été de la partie...

Mais avant de vous narrer la suite, il va falloir patienter un peu car je vois déjà quelques uns froncer les sourcils dans le fond.

Oui, oui, vous là bas au fond, près du radiateur !

Les plus kohaïs d'entre nous (et c'est bien naturel) doivent évidemment se demander quelque chose d'essentiel : Le Kashima ? C'est quoi ?

Avant de présenter mon enseignant du jour et mes aventures, il va donc me falloir commencer par la base.

 

"Dessine moi" le sabre de Kashima :

Le Kashima ShinRyu est un art martial traditionnel Japonais agé de plusieurs siècles (5 siècles environ pour être plus précis). Le nom de l'école vient de la ville et du temple de Kashima dans la province d'Ibaraki au Japon. C'est également là que le style Kashima fut créé par trois samourais inspirés par le style dit de "l'épée de Kashima" issu de la région et de leurs expériences respectives du champ de bataille.

Ces trois samourais sont :

- KAMIIZUMI Ise-No-kami Fujiwara no Hidestuna (connu également comme le créateur du style Shinkage Ryu et un Kensei ou "saint du sabre")

- MATSUMOTO Bizen-no-kami Ki no Masamoto,

- KUNII Genpachiro Kagetsugu.

Le fait que l'école se soit développée autour d'un temple explique notamment pourquoi Kashima ShinRyu signifie "Style Divin de Kashima" mais la légende veut également que la divinité protectrice des lieux, Takemikazuchi No Mikoto, soit l'inspiratrice de ce style très complet comprenant à la fois une douzaine de disciples dont l'enseignement de différentes armes (lance, naginata, shuriken, batons longs et courts, canne, couteau faucille, sabre...), mais également de techniques de combat à mains nues (Jujutsu).

On dit également que l'école s'inspire de rites d'exorcismes anciens et notamment ce qu'on appelle le Harai Tachi d'où serait issue la technique Ichi No tachi, base du Kashima.

 

Le Temple Kashima d'Ibaraki

Photo de Grigoris A.Miliaresis, source : Budojapan

 

Le Kashima ShinRyu s'est développé au cours des siècles par toute une génération d'experts en arts martiaux mais c'est par le 18ième représentant de l'école : Kunii Zen'ya que la discipline connait un regain d'intérêt et un nouveau souffle.

Il est à noter que le savoir précieux de cette école ne nous est pas parvenu pour les Aïkidokas par la voie classique puisque le petit monde de l'Aïkido est notamment lié davantage à Inaba Minoru, élève direct de Kunii Zen'ya et également maître d'Aïkido, qui est aujourd'hui séparé de la branche traditionnelle de l'école dirigée actuellement par Seki Humitake.

Le style d'Inaba sensei ne s'appelle d'ailleurs pas Kashima ShinRyu mais Kashima No Tachi et se concentre essentiellement sur le Kenjutsu de l'école Kashima ShinRyu (apprentissage du sabre) dont les katas sont extrèmement formateurs pour un pratiquant d'Aïkido qui souhaite approfondir sa maîtrise du ken (sabre). Il est à noter que Christian Tissier himself étudia l'école d'Inaba senseï afin de développer au Japon précisément son apprentissage du sabre japonais et que c'est cet enseignement qu'il a pu transmettre à ses élèves et ainsi de suite...

Evidemment pour ceux qui souhaitent en savoir davantage sur cette distinction et sur le Kashima en général, je vous invite à solliciter des professeurs bien mieux informés que moi, humble kohaï en carton pâte de basse qualité.

 

Tigre et carrelage

Passons maintenant à mes aventures durant cette journée excessivement inattendue je dois bien l'avouer.

J'étais très excité par cette rencontre avec un senseï aussi mystérieux dont je ne savais de lui que les grandes lignes. Mon premier contact fut une surprise totale car Aoki sensei est réputé pour sa dureté lorsqu'il enseigne au pays et j'ai immédiatement constaté qu'il était en fait plutôt très sympathique et détendu (l'air Français sans doute...). Je l'ai également jugé relativement ouvert et disponible pour des kohaïs curieux comme votre serviteur ce qui est vraiment quelque chose...

...de pas si exceptionnel en réalité.

Il est vrai qu'on a souvent l'habitude de la rigueur japonaise et des poncifs qui entourent le milieu des arts martiaux asiatiques...mais bon...quand on travaille avec une Japonaise chaque semaine et qu'on est marié avec une femme venant du pays des dragons...je vous avouerai qu'on commence à ne plus s'étonner vraiment de la chaleur humaine qui se dégage de ce coté du globe en général et de ces maîtres en particulier, dont les personnalités varient évidemment.

Celle d'Aoki sensei est, si je devais la décrire avec mes propres mots, immensément généreuse et amicale.

Fidèle aux quelques clichés et vidéos que j'ai pu trouver chez Thorsten, Aoki Hisashi à une carrure de "suburiste" et des faux airs de Léo Tamaki. Sa démarche est féline et il vient facilement à votre contact ce qui m'a permis de lui poser quelques questions que je vous répercute dans les grandes lignes.

Ce maître est l'un des élèves d'Inaba Minoru et un enseignant 5ième dan de kashima-no-tachi du très célèbre Shiseikan de Tokyo (le seul, l'unique, que vous trouverez dans l'enceinte du célèbre Meiji Jingu si vous allez faire un peu de tourisme martial). Il est à noter que ce temple des arts martiaux enseigne indistinctement la plupart des Budo Japonais (Kyudo, Judo, Aïkido, Kendo...).

Etonnant non ?

En lui posant justement la question de la séparation des différentes disciplines martiales au sein du Shiseikan, mon maître du jour, armé de sa bienveillance et de ses deux souriantes traductrices, m'explique fermement qu'en ce sanctuaire sacré des arts martiaux il n'y a aucune différence. Et puis c'est tout. Voilà. Circulez msieurs, dames.

Aoki sensei m'indique ensuite que cela fait plus de 20 ans qu'il pratique auprès des maîtres du Shiseikan (et notamment Araya Kancho, actuel Directeur). Il fut et demeure l'assistant de ses maîtres des années durant et notamment dans leurs pérégrinations en Grèce, en Allemagne, en Russie, en Angleterre et dans bien d'autres endroits...

Je dois dire que c'est un parcours particulièrement impressionnant pour ce jeune enseignant au sourire et aux attitudes vraiment très humbles.

Ce ne sera pas la seule surprise du matin.

Comme je le disais donc plus haut, le séminaire se déroulait sur plusieurs jours et en ce vendredi 1ier mai, pour ce qui me concerne, je devais assister à un seul cours en plein air majoritairement porté sur les techniques de Kenjutsu dont j'avais pu tant parler avec Alice.

 

 

Aoki sensei, Source : Seishinkai et Thorsten Shoo (merci à eux pour ces très rares clichés)

 

Malheureusement les conditions météos transformèrent complètement les événements et, en ce jour férié, à cause de la pluie et du froid, la troupe des participants motivés dû tout de même se rabattre à l'abri sur la salle de réunion d'un Hôtel de Fontenay-Aux-Roses au plafond très bas. L'espace était d'ailleurs si petit que nous dûmes renoncer durant la quasi totalité du stage à l'étude du sabre à proprement parler.

Il fallait cependant plus que quelques averses pour empêcher une troupe de pratiquants de s'en mettre plein la poire !

Aoki sensei nous prouva immédiatement qu'il est un enseignant d'Aïkido, de Kashima, et un Budoka tout à fait redoutable et très inventif. Ses trois assistants venus du Japon (également des "warriors", précisons-le quand même) entreprirent de nous motiver avec le sourire vers d'autres directions.

Rempli de cet enthoutiasme et de la présentation humoristique de ce cours que la météo poussait à devenir complètement inattendu, Aoki sensei décida donc d'adapter totalement son enseignement à l'environnement du jour afin de nous permettre d'étudier quelques principes des armes mais également des éléments primordiaux pour tout artiste martial : Le ma-aï et les atémis.

Passée cette petite déception (car je ne venais que CE JOUR là justement et j'allais donc rater l'étude des katas et des frappes avec armes que je devrais rattraper plus tard avec Alice), je me plongeais donc dans les premières propositions du maître mais....

...Il n'y avait qu'un seul petit problème.

Nous n'avions pas de chauffage et le sol de salle dont disposait le groupe était un sol carrelé. En dur. Du vrai de vrai, bien froid.

Là encore, la détermination Japonaise l'emporta sur nous tous et Aoki sensei décida de débuter notre échauffement par...des ukemis arrière et avant. Voyant que certains hésitaient à se lancer dans l'aventure il désigna même l'un de ses trois fameux assistants japonais (celui que je désignerai sous le nom de "sosie de Moriteru" mais qu'une certaine personne que je ne citerai pas surnomme aussi "The Killer") et il entreprit de démontrer avec lui par une série de Kote-Gaeshi à même le carrelage qu'il était totalement possible en réalité de pratiquer un art martial sur n'importe quel sol, même le plus épais. Quoi de plus naturel après tout, un art martial est fait pour s'appliquer partout non ? Tout était question de volonté.

...Et ouais...Vous avez mal rien de d'y penser n'est ce pas ?....

Et bien c'est ainsi que mon séminaire de Kashima no tachi commença pour de bon et sans sabre.

 

Du sabre sans sabre et des bourre-pifs

Me voilà arrivé au moment où je dois vous narrer mes premières expériences martiales sur un sol carrelé. Alors que de son coté, Aoki sensei arrivait à prendre devant nous un ukemi parfaitement souple, sans bruit, y compris en prenant le temps d'esquiver des obstacles (des zoris disposés à sa demande par ses assistants), je me trouvais de mon coté en capacité de faire ces mêmes roulades mais...en prenant pleinement conscience que mon squelette  n'est pas fait pour le carrelage.

Chaque mouvement mal exécuté, sans souplesse ou trop loin du sol devenait ainsi un choc voire une bosse et ou un bleu (dès le lendemain, j'ai d'ailleurs découvert l'origine secrète des Schtroumpfs)...

L'exercice ne manque cependant pas d'intérêt car il oblige le corps à dépasser la douleur et oblige de façon nécessaire à se corriger sinon la sanction est immédiate. Il était également de bon ton de ne pas trop me plaindre car l'assistant number one dit "sosie de Moriteru" avait lui aussi les épaules et les poignets bleus du cours de la veille dont le thème était "le relâchement"...

Nous avons donc souffert et c'était la joie et le sourire sur tous les visages. Et oui. Pourquoi vouliez vous qu'on se plaigne après tout ?

On pratique les arts martiaux ou bien quoi ?

Une fois cet "l'échauffement" en mode "survie" terminé et quelques petits exercices supplémentaires, nous avons ensuite exploré un travail des atémis assez...particulier avec des exercices à deux proposés par Aoki sensei pour travailler les angles et la fluidité de nos attaques. Peu à peu, notre maître du jour augmentait considérablement les contraintes jusqu'à ce qu'il en vienne à nous avertir franchement "de faire un pas en avant pour les volontaires qui souhaitaient maintenant... expérimenter des frappes réelles pour un ou deux exercices spécifiques".

Et quand un japonais vous demande en Japonais de faire un pas de cette façon si "douce" et si "chantante" à vos oreilles occidentales... votre âme d'artiste martial se réveille alors en nouant mentalement un petit bandeau avec le soleil levant autour de votre tête chevelue....et vous faites un pas le premier !

Nous étions d'ailleurs assez nombreux à subir cette merveilleuse sensation débilitante appelée stress du combat qui peut également se traduire vulgairement par "sensei va nous foutre sur la gueule" :-)

 

Les armes du Kashima (qui se cachent à cause de la pluie),
Source : Inaba sensei France
 

Ce point particulier du stage, devenant pour moi le point culminant de toute cette journée, était donc de prendre une bonne série d'atémis en mode frappe réelle (un uke qui donne un tsuki et/ou un vrai coup sur toutes les parties possibles comme le ventre, les épaules, la hanche etc...) tout en étant capable d'utiliser le corps et la respiration pour encaisser ces mêmes attaques.

Précisons une chose.

L'intérêt de travailler l'atemi n'était évidemment pas de transformer les gens en punching ball mais bien d'expliquer l'une des bases de l'Aïkido, le kokyu-ho (la respiration) sous un angle complètement différent de ce que l'on peut apprendre dans nos clubs d'Aïkido classiques. Je n'avais d'ailleurs jamais pu travailler ainsi, même si l'aspect "bourre-pif" me rappelait le travail que j'avais approché avec Marc Bachraty ou Fabrice Croizé.

Mes partenaires pour cet exercice se composaient d'un pur produit de l'Aïkido que j'avais pu croiser à un stage de Christian Tissier et l'autre était un Karatéka que je jugeais expérimenté. Les deux étaient des vétérans et ils allèrent donc de "bon coeur" me placer des coups dans les points vitaux (plexus solaire, entre la septième et huitième côte, par très loin du foie etc...) tandis que je m'entrainais à "courber" le corps et le souffle pour l'adapter à la réception de ces frappes très fortes comme je l'avais vu faire par Aoki sensei avant l'exercice.

Ces frappes devaient être les plus fluides et les plus puissantes possibles. A mon tour, ce fut ensuite à moi de m'exécuter et je pu retrouver quelques unes des sensations de Tae Known Do ou d'escrime où mes protections bien accrochées, j'avais pris relativement cher dans mes jeunes années de lycéen.

Cette prise de conscience arme les Aïkidokas et particulièrement les kohaïs à mon sens d'un sentiment précieux. Résister à un vrai impact n'est en effet, pas une compétence qu'on apprend sans prendre le temps d'expérimenter de façon réelle ce que c'est. Et là, nous étions loin des gentils shomen de vos copains débutants un soir de semaine.

Aoki sensei nous fit également travailler sur l'utilisation de ces mêmes frappes dans un contexte ou tori devenait à la fois l'instigateur de la technique mais aussi l'utilisateur d'un atémi puissant laissant uniquement le rôle de la saisie à uke. L'atémi ayant dans ce sens la fonction unique de distraire votre partenaire de saisie ferme pour pouvoir le déséquilibrer de façon libre (tout en sachant qu'une chute vous amenait...sur le carrelage).

C'est à ce moment du stage que j'ai eu l'occasion de pas mal travailler avec l'assistant n°2 de notre maître du moment : une assistante très "douce" mais...très douée que j'ai surnommé "Kuzushi Queen"...Je vous laisse imaginer pourquoi...

...Et le bruit que fait un squelette d'1m80 sur le sol.

Dans un exercice à trois, j'ai eu enfin la chance de travailler avec Aoki senseï lui-même et de goûter à ce poing très inattendu et très authentique d'un expert du Kashima dans ma modeste mâchoire (puisque je vous dis que les Schtroumpfs viennent de Kashima...) alors que senseï m'emberlificotait les bras avec ceux de mon partenaire pour démontrer l'intérêt d'utiliser un tiers comme "un objet de son environnement" dans des exercices de type kakari Geiko ou Randori.

 

Thératémi de groupe et Coupe de respiration

Il est vraiment impossible pour moi de décrire, d'exposer et d'expliquer correctement mon ressenti sur tous les exercices proposés par Aoki sensei en cette journée pluvieuse. Ils sont bien trop nouveaux et nombreux pour que je puisse tous les aborder avec profondeur. Je tenais cependant à souligner deux dernières choses.

J'ai beaucoup apprécié tout d'abord les derniers moments du stage qui parfois, tournaient à l'allure de conférence collective (à défaut de pouvoir sabrer nos voisins), où notre professeur du jour nous interrogeait sur l'efficacité de la saisie dans l'Aïkido, dans les arts martiaux et sur l'intérêt de la sincérité du travail entre uke et tori.

Je me souviens de son insistance à nous dire "strike properly" quand un uke passait entre ses mains et n'osait pas lui coller un vrai coup et je me remémore également ses plaisanteries sur le fait qu'un élève qui n'attaque pas franchement son professeur n'est pas un élève poli.

C'est un point de détail qui fut le fil directeur de ce seminaire improvisé du fait du temps.

J'ai enfin beaucoup aimé l'un des derniers travaux proposés (au sabre, enfin presque) où Aoki sensei nous démontra, sabre court en main pour sa part, la nécessité du kokyu-ho en Aïkido et dans tous les travaux de Ken Jutsu.

Nous avons ainsi pu nous entraîner à couper dans le vide en utilisant non pas nos bras et nos muscles mais le soulèvement de notre cage thoracique entrainant nos épaules et accompagnant un mouvement de coupe naturel.

S'entraîner à respirer est bien la base de l'Aïkido mais au-delà, on comprend vite pourquoi ces mouvements sont le point de départ d'une utilisation du corps optimale. Partir d'un mouvement issu de la cage thoracique rend votre compréhension du mouvement totalement...obsolète...il n'y a pas d'autre terme. Comme si votre façon même de vous déplacer, de bouger, de frapper, et donc à fortiori de manier un objet devient totalement inconnue de vos habitudes.

Ce "mouvement naturel" fut pour moi un moment de joie intense car il corrobore exactement l'enseignement que j'ai reçu de mes senseis mais également d'autres maîtres dont je peux suivre l'enseignement comme Fabrice Croizé.

C'est une piste de travail que je dois le dire, j'apprécie beaucoup mais qui devient une sorte de muraille dans ma progression actuelle car elle ne s'apprend pas vraiment. Elle se vit et prend forme à travers les corrections de senseïs, l'affûtage de nos techniques, la sueur, la volonté, et la recherche permanente d'économie du geste. Et seul le temps peut imprégner suffisamment les détails jusqu'à la substantifique moëlle de vos os tout en forgeant votre physique à accepter ces changements.

Evidemment, j'envie mes condisciples qui ont pu être présents toute la semaine auprès d'Aoki sensei afin d'étudier les katas mais les quelques miettes de cet enseignement, même à mains nues, même avec un programme totalement perturbé par la météo, furent donc tout de même d'un très grand intérêt pour moi.

Il va maintenant falloir que j'apprivoise Takemikazuchi-no-mikoto, divinité tutélaire du Kashima, pour qu'il influe sur la météo de l'année prochaine en espérant que, d'ici là, je puisse "voler" quelques katas de base à d'amicales victimes qui se reconnaîtront.

Bon, je vous laisse, je retourne dans mon champignon avant que Gargamel ne me cause quelques ennuis...

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Arts martiaux

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