L'oeil du kohaï sur : Deux oeuvres du Kinomichi

Publié le 12 Février 2015

Masamichi Noro maniant le sabre (source : Photo extraite de l'ouvrage de Raymond Murcia)

Masamichi Noro maniant le sabre (source : Photo extraite de l'ouvrage de Raymond Murcia)

Cela fait un moment que je n'ai pas pris ma plume martiale pour vous parler du Kinomichi et je le regrette. Cela ne veut évidemment pas dire que j'ai cessé de m'intéresser à la création de maître Noro, bien au contraire.

Au fil de mes entrainements et visites au Korindo, après quelques moments auprès d'Odyle Noro-Tavel, ce cher Takeharu Noro que j'aimerais prendre plus le temps de connaître, les très studieux Robert et Hubert que j'observe, Marion que j'embête, François mon vieux camarade et bien d'autres, j'ai appris à vivre dans mon quotidien d'Aïkidoka du Korindo au sein d'un environnement imprégné de la création de Masamichi Noro.

Je passe d'ailleurs tellement de temps par semaine au Korindo (et je suis loin d'être le pire) que j'ai parfois l'impression que c'est un peu comme ma deuxième maison. Et dans cette maison il y a toujours un pratiquant de Kinomichi quelque part.

C'est donc tout naturellement que mon épouse m'a orienté vers une saine lecture que, je l'avoue, je n'aurais peut être pas pris le temps d'aller chercher moi même. Il s'agit d'un ouvrage de Bernard Hévin intitulé "Kinomichi, Le chef d'Oeuvre de Maître Masamichi Noro" paru aux éditions DERVY en 2014.

Je dois dire en préambule que ce livre complète relativement bien l'ouvrage paru aux éditions DERVY en 1996 de Raymond Murcia (dont j'ai appris la récente disparition), que j'avais eu l'occasion jusque là de seulement compulser par curiosité technique. Takeharu m'a généreusement confié son propre exemplaire pour compléter également mes recherches sur ce même sujet.

C'est encore le même Takeharu (quand je vous disais que je passe décidement ma vie au Korindo) qui m'a proposé "Du Zen au Kinomichi, les six dojo de Noro Senseï au fil du temps vrai" de Georges Lamarque dont Leo Tamaki senseï parle bien mieux que moi et que je ne commenterai pas aujourd'hui malgré tout le bien que je pense de cette oeuvre.

Il va sans dire que je n'enregistre au compteur que de longues heures de Mitori Geiko et que ma pratique du Kinomichi se résume à ce que j'en vois et ce que je vis dans mon Dojo comme "gentil voisin de pratique" mais je vais tout de même essayer de vous expliquer humblement pourquoi ces deux ouvrages complémentaires, celui de Raymond et celui de Bernard, sont d'une grande qualité et d'un intérêt particulier pour n'importe quel pratiquant.

 

La jeunesse du maître (source : Aikicam)

L'Hapax existenciel de Maître Noro :

Tout d'abord, le livre de Bernard Hévin est un hommage au créateur même du Kinomichi dont l'auteur fut pendant quarante ans le disciple "embêtant" si j'en crois les mots de Maître Noro cités dans l'ouvrage. J'ai d'ailleurs découvert au travers des chapitres un humour décapant et incisif chez Masamichi Noro que je soupçonnais un peu (certes), mais qui m'a fait comprendre pourquoi parmi tous les disciples d'O-senseï, un seul reste et demeure l'une de mes principales références.

Les premières parties du livre (comme celui de Raymond Murcia dont le développement est plus succinct) sont d'ailleurs consacrées exclusivement aux étapes successives de la vie de maître Noro depuis sa découverte de l'Aïkido auprès d'O-senseï, à son arrivée en 1961 fraichement débarqué sur le port de Marseille comme délégué officiel de l'Aïkido pour l'Europe et l'Afrique, jusqu'à la création du Kinomichi en 1979.

Je dois dire que c'est ma partie préférée de l'ouvrage de Bernard Hévin car elle déborde d'anecdoctes tantôt surprenantes, tantôt graves sur la vie Noro senseï. Je savais par exemple que ses débuts en France avaient été "difficiles" mais je n'imaginais à quel point ces difficultés avaient pu avoir un impact sur la vie et la santé du maître.

Si j'en crois l'auteur qui raconte ces événements de la vie de maître Noro se déroulant dans les années 60 : " volontairement ou non, personne ne l'avait informé de la situation de l'Aïkido en France, et l'écart était grand entre ce qu'il avait imaginé et la réalité. Certes, l'Aïkido est connu, surtout comme art martial de défense, mais plusieurs tendances s'opposent. Si son prédécesseur, Tadashi Abe, était reconnu pour ses qualités de technicien et sa grande force de combattant, il l'était aussi pour son manque de diplomatie et, au fil de ces dix années passées en France, s'était créé de solides inimitiés. Son principe "efficacité avant tout" avait découragé plus d'enseignants qu'il n'avait fait d'adeptes [...]"

On comprend au fil des lignes que l'intégration dans le milieu martial Français de Masamichi Noro ne fut donc pas sans douleur ni difficulté. Bernard Hévin explique notamment que Tadashi Abe, en situation pécunière très difficile et ne pouvant pas même rentrer au pays, avait vendu (pour 20 000 Francs) le titre de responsable de l'Aïkido pour l'Europe et l'Afrique à Maître Nocquet et qu'il y avait donc deux "délégués officiels". L'affaire alla même jusqu'au tribunal de Grasse qui donna d'ailleurs raison à Maître André Nocquet et obligea donc Noro Masamichi a oeuvrer comme délégué officiel d'O-senseï sans la capacité ni le droit d'user de ce titre sur le territoire Français.

Totalement ostracisé au départ, le talent de Masamichi Noro finit par l'emporter auprès de ses condisciples occidentaux mais non sans mal sur sa santé. L'auteur cite d'ailleurs le maître lui même évoquant l'enfer de ces moments l'empêchant de trouver le sommeil :"il y avait des provocations pour tester l'efficacité de l'Aïkido et mon erreur à l'époque fut de montrer mon efficacité, malgré tout ce que mon maître m'avait donné. J'étais donc entré dans un chemin vulgaire".

Déterminé malgré tout à accomplir la mission fixée par O-senseï, Noro senseï se dépense durant ces années sans compter et parfois au détriment de lui-même. Extrêmement actif, subissant un stress intense, il participe à la création de plus de 200 dojos et vit entre la France , l'Allemagne, la Belgique et l'Italie. Il participe également aux jeux de l'amitié de Dakar dans un bel état de fatigue morale et physique.

Se dépensant sans compter, c'est en 1966 à 4h du matin qu'il est alors victime d'un grave accident de voiture qui le plongera pendant plusieurs jours dans le coma et détruira une bonne partie de son corps. Les séquelles de cet accident sont lourdes, le maître reste longtemps paralysé du bras droit.

C'est durant sa convalescence et à la lueur de ce dernier événement que se produit ce que Bernard Hévin (citant lui-même Michel Onfray) appelle "l'Hapax l'existenciel" de maître Noro, ce moment dans la vie où tout bascule et où le maître se rend compte qu'en reconstruisant son physique, il doit également reprendre l'enseignement d'O-senseï à zéro et tout recommencer.

De cette prise de consience, Noro senseï ne fera pas uniquement que remettre en question ses compétences d'expert Aïkidoka, il deviendra lui même créateur d'un art martial de paix et de guérison. Une oeuvre unique. Son oeuvre à lui comme un pont entre l'orient de Morihei Ueshiba et l'occident de Karlfried Graf Dürckheim. Quelque chose qui demeure encore après son décès et qui continue de toucher jusqu'aux plus petits kohaïs.

 

Maître Noro rengaine le sabre (source : Photo extraite de l'ouvrage de Raymond Murcia)

Spirale, mouvement et création :

"Le Kinomichi, Du Mouvement à la création. Rencontre avec Masamichi Noro" de Raymond Murcia est la bible indispensable de tout pratiquant du Kinomichi qui s'intéresse un minimum à son art. La raison en est simple et limpide : c'est un ouvrage réalisé selon le souhait de maître Noro lui-même, comme une requête du maître à un disciple proche de lui de très longue date (là encore, plus d'une quarantaine d'années).

Là où le livre de Bernard s'arrête, l'ouvrage de Raymond prend le pas et dévoile plus profondément la technique de Maître Noro et ses aspects complexes. Mon seul et mince regret, applicable aux deux ouvrages sur ce point est le manque d'illustration concrète des mouvements. Evidemment, on peut regretter les "ouvrages catalogues" mais ce n'est pas mon avis, et je souhaiterais, en ce qui me concerne, trouver encore davantage dans des ouvrages futurs consacrés à la discipline.

Les notions d'étirement et de contact sont toutes deux abordées dans les deux livres mais l'oeuvre de Raymond Murcia répond à une problématique technique plus approfondie en décrivant la notion de Terre et de Ciel qui, pour un profane, est assez déroutante et presque ésotérique alors qu'elle revêt une réalité concrète. C'est l'un de mes passages préférés du livre. L'initiation 1 étant par exemple, emblématique de leur complémentarité puisqu'elle comprend 3 mouvements de terre et 3 de ciel. Je ne savais d'ailleurs pas que Maître Noro avait songé à une troisième série de mouvements appelés "homme" mais qu'il s'était ravisé.

De même, l'ouvrage de Raymond Murcia me donne confirmation de la réalisation de la spirale dans tous les mouvements du Kinomichi, y compris le buki waza, impliquant également des techniques au sabre dans les initiations les plus avancées (le Iaïdo dont nous parle également et mystérieusement Bernard Hévin).Cette spirale répond à une utilité physiologique rendant le mouvement optimal mais également à un symbolisme puissant (l'expression de la morphogénèse des organismes vivants, la forme de l'ADN etc etc...). J'ai également beaucoup apprécié le développement Omote/Ura et appris qu'à un moment, Maître Noro utilisait plutôt les concepts Positifs/Négatifs avant d'opter pour les termes japonais ne portant pas exactement le même sens ni la même conception des choses.

Le développement de la discipline est le second aspect le plus sympathique de l'ouvrage qui explique également que vers 1976, Maître Noro a progressivement abandonné de sa méthode les termes attaque/défense. L'auteur cite d'ailleurs un commentaire du Maître lui-même sur ce point lors d'un entretien accordé aux Cahiers du Centre Durckheim : "Je tiens à le répéter une fois encore, l'antagonisme est une attitude de mort. Nous cherchons une technique de vie."

En supprimant cet antagonisme, entendons nous, je constate cependant que Maître Noro n'a jamais abandonné la notion de dynamique inhérente à la spirale. Au contraire, l'oeuvre de Raymond Murcia ne fait que magnifier ce principe et donc il n'en demeure pas moins que nous ne sommes pas, pour moi, dans le domaine d'une gymnastique douce ou uniquement d'une série de techniques de bien être physique ou psychologique. Le Kinomichi est, en revanche et mon humble avis, un art de guérison, un art de communion. Est-il un art martial ? C'est un peu mon point de vue (nous le verrons) à la lueur de tous les éléments et les éclairages dont je dispose mais je constate que les deux ouvrages sont, sur ce point, en désaccord.

 

Maître Noro en seiza (source : Photo extraite de l'ouvrage de Raymond Murcia)

Kinomichi, l'art défini ou indéfini :

Définit comme "anti-art martial" par Maître Noro et selon Bernard Hévin sans qu'une définition précise s'en dégage, le livre de ce dernier consacre une grande partie de ses chapitres à tenter de définir à la fois la nature et l'intérêt du Kinomichi pour les pratiquants.

Sans être trop technique (parfois même peut être un peu trop théorique), Bernard Hévin expose son propre avis sur le terme d'anti-art martial qui ne veut évidemment pas dire que le Kinomichi est coupé de ses racines mais bien que cette discipline prend à contrepied les travers des Budos modernes aux aspects parfois très compétiteurs et/ou fortement combatifs. Dans un univers martial où il est bon de parler d'efficacité, d'intention, de martialité, le Kinomichi met l'accent sur le développement humain, vise un rapport plus apaisé avec le partenaire et ce, dans le but de travailler en commun sur le contact, sur l'extension, sur la fluidité des mouvements, sur l'attitude ou encore sur la spirale.

De son coté, l'ouvrage de Raymond Murcia se veut simple. Il raconte comment Maître Noro, au volant de sa voiture et arrêté à un feu rouge, exprime son Eureka personnel à son épouse. Pour Raymond Murcia en revanche (je cite l'auteur) : "Le Kinomichi n'est pas un art martial, ce qui explique la nécessité de rupture avec l'Aïkido, ni un sport, ni une thérapie au sens classique du terme. A part ce qui précéde, le définir me paraît impossible".

J'avais déjà tenté d'expliquer un peu ce que j'avais pu observer dans un précédent article et les livres de Raymond Murcia puis de Bernard Hévin m'ont permis de confirmer certaines de mes analyses issues de mes questionnements auprès de Takeharu, de ses élèves et de mon propre mitori geiko. Le Kinomichi permet un développement harmonieux du pratiquant sans pour autant gommer toutes les "attitudes martiales" (la posture étant une attitude martiale, maaï étant une attitude martiale etc..). Seul l'aspect de l'échange entre partenaires et de la non opposition se transforment en écoute. L'ensemble n'est pas si différent de l'Aïkido mis à part l'aspect du contrôle qui là encore, se mue en accompagnement. Les immobilisations d'O-senseï deviennent des techniques pour travailler son rapport à la terre et les projections d'O-senseï deviennent des techniques pour travailler son extension vers le ciel comme si le partenaire n'était plus présent que pour aider dans cette démarche.

De même en observant bien les maîtres du Korindo travailler, j'ai également mieux compris le travail évoqué par Raymond Murcia et Bernard Hévin dans leurs ouvrages sur le vide et le contact. Observez bien un "Kinomichiste" en plein travail, amis débutants, et tordez le cou aux préjugés qui annoncent que cette discipline n'est qu'une danse de l'amour. Un instructeur à même de faire sien l'enseignement des initiations de Maître Noro est en réalité rien de moins qu'un créateur du vide. Peut être même plus que certains pratiquants Aïkidoka car ce dernier est, malgré la non opposition inhérente à notre discipline, souvent en recherche de contrôle là où le "Kinomichiste" est en quête d'espace pour y inviter son partenaire.

Je me suis d'ailleurs souvent demandé en regardant les différentes formes de niten ou santen par exemple (dans une pratique fluide et non délibérément lente, entendons nous) n'étaient pas des apprentissages plus efficaces des principes de l'Aïkido. D'autant que je sais que certains disciples de Noro senseï sont de redoutables chuteurs, des preneurs d'ukemi qui ne se prennent, eux, jamais en photo (à mon grand regret) par humilité ou parce qu'ils constatent non pas un intérêt à la chute en elle-même mais peut-être dans la totalité du mouvement. L'étrange chute feuille morte de ces instructeurs là, mes amis, est un luxe secret.

Les différentes thématiques des grands principes du Kinomichi sont d'ailleurs fort bien expliquées dans les deux ouvrages mais trop peu d'éléments sont consacrés à l'ukemi et au travail du "uke", ce que je regrette fortement. De même, j'ai appris en lisant ces lignes que les initiations les plus avancées du Kinomichi dévoilaient un travail profond sur les armes et même du Iaïdo si j'en crois Bernard Hévin et les photos magnifiques dans les pages centrales du Livre de Raymond Murcia. Il est bien sûr compréhensible de ne pas trop aborder l'enseignement profond mais je dois dire, et c'est une critique pour le coup, que les deux livres n'ont pas pu satisfaire l'entiereté de ma curiosité sur ce point.

Alors ? Le Kinomichi est il un art martial ? Un anti-art martial ? Autre chose ? Rien de tout cela ? Je dois vous avouer que je me suis longuement penché sur cette question et je pense que le Kinimochi est peut être encore un art martial mais surtout....un Budo.

Je m'explique.

L'art martial est une définition bien Française et/ou bien occidentale. Elle renvoit à la notion d'art (et donc de perfectionnement de la technique) mais également à la notion de martialité (de mars, de la guerre et donc d'un certain antagonisme). Dire que le Kinomichi est un art martial est donc juste et incorrect à la fois même si je penche plutôt pour l'affirmative. En revanche, la notion de Budo n'est pas exactement différente. Elle renvoit à une méthode d'éducation. Un art de vivre avec des composantes issues des arts martiaux. Et donc une correspondance peut-être plus juste pour définir le Kinomichi. D'ailleurs, ne dit-on pas qu'un partiquant avancé du Kinomichi est un adepte du Kishindo ?

C'est mon interprétation et il n'y a d'ailleurs pas péril en la demeure à ne pas spécialement "définir" de façon obligatoire la discipline.

Au fil de la lecture des deux oeuvres, le sens de celle-ci s'éclaircit d'ailleurs mais les grands principes communs de la pratique (le dojo, le respect de l'enseignant, les valeurs morales, l'amour ect...) sont, à mon sens, moins utiles à aborder que de réels développements sur ce qu'apporte l'enseignement profond de l'oeuvre de Maître Noro. Mention spéciale toutefois pour le thème du sourire et/ou de la joie traités par les deux maîtres, une qualité dont mes camarades me parlent souvent (en se moquant parfois de moi) et qui me parle particulièrement car la joie est mon crédo, vous le savez.

 

Maître Noro au Korindo (source : Shindo.be)

 

Une invitation à la découverte :

 

La partie biographie du créateur de la discipline et des grands principes de cette discipline étant plus intéressante à mon sens chez Bernard Hévin que ses chapitres plus généraux, le livre reste malgré tout très éclairant et complet. De l'autre coté, l'ouvrage de Raymond  Murcia rend cette partie biographique un peu accessoire (elle est traitée de façon chronologique et c'est dommage) mais l'ouvrage est bien plus intéressant concernant la construction technique du Kinomichi. D'où cette impression de complémentarité que je vous évoquais plus haut.

Comme je l'ai déjà dit, ne cherchez pas dans ces pages une sorte de catalogue des formes et des mouvements, il n'y a rien de cela (dommage ou pas, je vous laisse seul juge) mais plutôt une volonté de synthétiser ce qui rend le travail technique intéressant pour ses pratiquants, ce qui n'est pas la même chose.

C'est une invitation à découvrir le Kinomichi et ses bienfaits, à l'expérimenter et à s'en imprégner, à toucher du doigt ses mystères. Je me suis senti particulièrement stimulé par les analyses de Raymond Murcia notamment et sa culture immense. Je ne saurais que trop vous conseiller, "Kinomichiste" ou pas, de prendre le temps de l'exploration de ces deux oeuvres dont la première (de Raymond of course) est toujours la pierre angulaire de la discipline. Ces oeuvres sont trop rares comparativement aux montagnes de livres sur l'Aïkido et c'est bien regrettable.

De même, à la lueur de ce que j'ai appris, je trouve qu'on ne souligne pas assez les condtions dans lesquelles se sont trouvés des maîtres tels que Noro senseï à leurs débuts en France (mais on pourrait faire le même parallèle avec Tadashi Abe, Maître Tamura et Maître Nakazono) et le prix qu'ils ont dû payer pour continuer à faire vivre la discipline. Quand on imagine aujourd'hui les conditions de vie de ces maîtres, souffrant de la faim, du froid, de la solitude, d'un stress et d'une frustration intense, défiés benoitement par les uns et les autres déjà bien installés sur le territoire et pensant détenir la vérité, ostracisés par les majoritaires, expatriés loin de leurs familles, je ne peux pas souscrire, une fois encore, l'adage de nos vétérans qui déclament souvent que : "c'était quand même bien mieux à cette époque". Et je ne peux que remercier Maître Noro d'avoir fait tant de sacrifices. Le moins que nous puissions faire est d'ailleurs de le remercier cent fois à notre tour en accordant au Kinomichi la place, qu'enfin, il mérite.

 

 

 

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Arts martiaux

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