Présence et Mudanshas : Retour sur le stage de Michel Lapierre du 23 novembre 2014

Publié le 23 Novembre 2014

Michel LAPIERRE en action (source : Kodokan Paris XV, merci à eux !)

Michel LAPIERRE en action (source : Kodokan Paris XV, merci à eux !)

Encore une fois, vous allez me dire : Elles sont où les photos ? Je dois préciser en préambule qu'après quatre heures de sommeil et une sortie de concert la veille plutôt agitée, je n'étais pas bien frais. Aussi mon matos est resté bien sagement à la maison pour que je puisse me concentrer sur le plus important : la pratique lors du stage départemental de Michel Lapierre organisé par ma fédé ce dimanche 23 novembre 2014 à Aubervilliers (Dojo d'Arnaud Waltz).

Eléonore Lemaire et Sophie Roche m'avaient dit le plus grand bien de ce professeur et je tenais absolument à le rencontrer pour me faire une idée par moi même.

Commençons par vous dire qui est Michel Lapierre et son oeil bleu acier (ndl : même si Sophie me jure qu'ils sont bien verts, ses yeux :-) )pour ceux qui, d'aventure, ne le connaissent ni d'ève, ni d'adam :

Il débute l'Aïkido en 1979 mais développe sa pratique dans les années 80 avec Arnaud Waltz (aujourd'hui 6ième dan) qui fait un bout de chemin martial avec lui (le stage de ce jour démontre encore leur connexion étroite et sincère, rappelons que Michel enseigna au CMA). En 1984, Michel Lapierre rencontre et reçoit également l'enseignement de Christian Tissier et Bernard Palmier. Michel ne cessera plus de suivre ces géants de l'Aïkido Français jusqu'à ce jour.

A présent 5ième dan et professeur au Kodokan Paris XV (que je salue), on dit de lui qu"il s’efforce de concilier pratique martiale, respect des principes fondamentaux, et vie associative." Je dois dire que cela résume très bien le stage de ce dimanche dont le teaser annonçait "pour débutants"...

Oui, j'ai bien dit spécial débutant.

Je vais toutefois commencer tout de suite par tordre le cou à mon "entourage kohaï" qui m'a dit spontanément lorsque j'ai fais part de mon intention d'aller voir un stage débutant : "Quoi ? Stage débutant ? tu veux apprendre toi à faire des roulades ?"

Je me suis aussitôt demandé pourquoi mais grand dieu pourquoi tous les débutants qui commençent à savoir rouler et faire quelques techniques négligent systématiquement ces stages ?

Navré de vous décevoir les gars mais....le stage a fait aussi le plein de gradé, et majoritairement il faut le dire les "débutants" étaient des "hakamas" pas encore shodan bien que quelques kohaïs facétieux (dont moi) se baladaient par ci par là. Certains sont venus me saluer d'ailleurs et c'était bien sympa de se retrouver.

Je vais décevoir à nouveau les vilains "Pré-juges" mais coté intensité, il y en avait pour tous les gouts, y compris pour les connaisseurs de la machine à essorer Gouttardienne qui lave plus blanc que blanc (comprenez que j'ai pu bosser en mode presque maxi intensif).

Lors d'un interclub (source : Kodokan Paris XV) et photo de Mark Harmon (source :wiki)

Michel n'était pas en mode rigolo comme certains enseignants que je connais et que j'apprécie mais sa bienveillance éclaire son propos et son stage était passionnant, studieux et rigoureux. Tout le long du stage, il m'a fait penser à...Mark Harmon (le Gibbs hyper martial du NCIS, encore une de mes références hyper profonde et oui...) si bien que j'avais parfois du mal à me concentrer pour ne pas lui dire : ouiiii, sergent !

Je suis d'ailleurs passé entre ses mains une ou deux fois et il a beaucoup insisté auprès de moi à propos de l'aspect et la pratique martiale que je vous évoquais plus tôt. J'ai compris qu'il souhaitait même des débutants qu'on aille plus loin plutôt que de se contenter d'effectuer une technique propre et correcte. Plusieurs fois, il m'a dit : "c'est juste mais il faut aller plus loin maintenant, il faut que tu donnes de la cohérence martiale". Ou encore, "il ne faut pas se contenter de faire correctement, il faut penser à ta présence martiale". C'était le mot du jour je crois en ce qui me concerne car de nombreux gradés me parlaient positivement de ma pratique tout en me précisant que "la présence" est primordiale, importante ou encore indispensable.

Certains sempaïs présents pour l'occasion entendaient présence par l'intention : Dans les attaques, dans les saisies, dans l'attitude et/ou jusqu'au bout de l'échange en évitant le travail par automatisme.

D'autres entendaient également présence par le fait de ne pas laisser Tori exécuter sa technique sans lui poser quelques petites difficultés maintenant que je commençais à savoir exécuter quelque chose de valable.

Croyez bien que j'ai entendu, inscrit, gravé ces très bons conseils et toutes les astuces afférentes pour les ajouter à mon CV de kohaï. J'ai d'ailleurs noté avec plaisir que la quasi totalité des vétérans qui étaient là ne manquaient ni de pédagogie, ni d'humilité, ni d'astuces pour nous encourager à nous dépasser. Je dois également remercier ceux qui ont eu le courage (oui, oui, j'insiste) de me faire quelques compliments en ne manquant pas de me demander bien sur qui était mon professeur (j'espère d'ailleurs lui avoir fait honneur en donnant mon maximum).

 

Le Dojo Michigami où se tenait le stage (source : Aïki-kohai)

 

Michel Lapierre souhaitait (je pense) faire passer en filigrane cet important message de la présence car beaucoup de "débutants" qui étaient là n'étaient pas de grands débutants. La plupart savaient comment se déplacer, comprenaient "les bases" et le jargon commun du pratiquant, d'autres étaient déjà des chuteurs "moyens" et appréhendaient plutôt bien les techniques proposées (katadori nikkyo, shiho nage, uchi et soto kaiten nage etc...) Il était donc normal que beaucoup de nos sempaïs lors du stage insistent sur le fait qu'en sachant faire une technique globalement juste (n'exagerons pas), on demeure toujours un bon gros kohaï car on ne maîtrise bien sur pas grand chose de profond.

Il sera d'ailleurs bon de le rappeler plus souvent car, unique et minuscule point négatif, je pense que c'est avec les débutants que l'échange pouvait parfois devenir un peu gênant. C'était d'ailleurs assez drôle de voir que certains (mais très rares vu leur nombre réduit) kohaïs n'hésitaient pas à corriger en permanence d'autres débutants avec un résultat que j'estime peu productif (même si je pense que l'intention de ces débutants était bonne au départ).

Amusant également de voir un "newbie" agir ainsi quand un deuxième ou troisième dan est très méticuleux dans les conseils qu'il donnait en plus des consignes de l'enseignant qui dirigait les exercices et le stage. Bref. Revers de ce point négatif, cela m'a obligé à une rigueur de tous les instants et en voyant ce genre de mauvais exemples, j'ai pris une bonne leçon d'humilité en ce qui me concerne afin de ne pas faire moi même ce que je peux trouver chiant chez les autres :-)

Que dire de plus ?

J'ai encore souffert sur les exercices en suwari waza proposé par Michel Lapierre Sensei (nombreux déplacements, un travail sur le tenkan au sol mais aussi Ikkyo omote puis ura). Je crois que je me suis habitué à notre tatami bien douillet du Korindo et j'ai redécouvert la joie d'avoir les pieds écorchés. Je me suis senti tout de même plus à l'aise qu'auparavant et le shikko est devenu quelque chose de plaisant. J'ai d'ailleurs pris sur moi d'encourager mes condisciples kohaïs à souffrir dans la joie :-)

J'ai aussi énormément apprécié de retravailler avec certains sempaïs qui venaient souvent aux stages donnés par Monfouga Senseï (et je pense qu'eux aussi étaient contents de me revoir). Certains, en revanche et heureusement, étaient inconnus de moi et j'ai eu la joie de pouvoir travailler mes chutes (enlevées s'il vous plait) avec eux en me sentant moins débile aussi. Peut être ais-je faire quelques progrès qui sait ?

J'ai également eu la joie de travailler avec de nombreux partenaires dont nos gentils "cousins" de la fédé voisine et c'était plutôt sympa car je me fous éperdument des problèmes de clochers des uns et des autres. Tout le monde était là dans la bonne humeur et la joie de bosser tous ensemble.

Je dois enfin et surtout remercier Michel Lapierre pour sa pédagogie digne des meilleurs. Nous commençions toujours par des fondamentaux afin de nous familiariser avec les exercices proprement dit puis de passer à un échelon plus technique et bien sur martial. Ainsi, nous avons pu expérimenter par exemple toutes les étapes techniques d'un katate dori kote gaeshi pas à pas ce qui n'est pas une mince affaire pour un débutant.

En conclusion ?

La morale de l'histoire est de ne jamais, jamais, jamais [...] sous estimer la valeur importante de ces stages débutants lorsqu'on débute (et même plus tard) !

Je me dois de remercier Michel pour ce stage très rigoureux, intense, précis et immensément pédagogique et humain (Il n'a pas non plus manqué de nous parler du Téléthon de cette année tout comme je sais qu'il donne également de nombreux stages dont les bénéfices sont reversés à d'autres organismes comme la Croix Rouge Japonaise). Merci ensuite aux nombreux gradés présents pour l'occasion (dédicace spéciale à mes amis du Club de Gagny qui étaient présents). Merci également aux organisateurs pour l'acceuil vraiment sympa et pour le coté pratique (très nombreuses boissons, rafraichissements offerts, participation hyper accessible ect...) ce qui peut paraître trivial mais demeure bien agréable et motivant tout de même. Comme dirait Arnold...je reviendrais :-)

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Pratique de l'Aïkido

Repost 0
Commenter cet article

Grafa 24/11/2014 09:42

Hey

Super ton article, j'ai pris beaucoup de plaisir ce phrasé de l'oeil du kohaï que tu es.

Merci pour cette lecture

Alain

Aïki-Kohaï 24/11/2014 09:47

Merci Alain :-) Evidemment, pas d'analyse technique de haute volée digne d'un vétéran mais j'essaie de me rendre utile malgré tout pour la famille d'Aïkido (ou du moins j'essaie).

Au plaisir de te lire également