Qui êtes-vous sur le tatami ?

Publié le 24 Juillet 2014

Qui suis-je sur le tatami ? (source : Aïki-kohaï)

Qui suis-je sur le tatami ? (source : Aïki-kohaï)

Dans chaque dojo d'Aïkido de France, de Navarre ou d'ailleurs, on trouve souvent plusieurs "types" de gentils pratiquants. Et on a tous des anecdotes à raconter à ce sujet qui sont agréables ou pas mais qui restent souvent en mémoire d'une façon positivement amusante.

Parfois même, sans nous l'avouer vraiment, nous sommes (ou nous étions) dans la liste qui va suivre et on en rigole après coup lorsqu'on prend du recul. On peut être aussi un mélange (c'est d'ailleurs souvent le cas) de quelques uns de ces stéréotypes selon nos humeurs et notre expérience.

Attention, l'objet de cet article n'est pas de dénoncer ou de fustiger un tel ou un tel comportement mais bien avant tout de détendre l'atmosphère (ce qui veut dire humour pour les kohaïs durs de la comprenette comme moi :-)) alors prêtez vous au jeu et demandez vous si vous êtes parmi les catégories suivantes (il est possible et bienvenue d'en parler dans les commentaires ou sur la page FB du blog) :

 

-Le gentil illuminé : C'est un artiste martial et il insiste bien sur le mot "artiste". En général, il est musicien, peintre, sculpteur sur bois, spécialiste de l'art inconnu et interne du (insérer ici le nom super compliqué jutsu/fu qui sonne bien profond) et il comprend super bien l'énergie qui s'écoule dans le dojo et le karma de chaque partenaire qui bosse avec lui. Ses activités réelles sont toujours overmégaperchées (il a atelier lumière des chakras ce week end et cours de Danse Pilate Afro-indonésienne sur parquet dans quelques mois).

Le gentil illuminé (source : Aïki-kohaï)

Globe trotteur en général, voyageur invétéré, c'est aussi un mec super engagé dans toutes les manifs pour la sauvegarde des bébés animaux et la défense des droits des communautés (cela peut aller du mode Cécile Duflot à Arlette en passant par Indignez vous). Il aime aussi la culture bio, la vraie nature des Balistot,les produits équitables et les longs cheveux.

Le fondateur est pour lui un mystère inspirant et les principes de l'Aïki un message de paix à valeur universelle. Sur le tatami le mec est ultra cool (bien que totalement dans l'espace) et il met un point d'honneur à connaître et découvrir chaque nouvel arrivant du Dojo même si ses explications techniques vont du légèrement mystique à l'incompréhensible cosmos flamboyant du mode André Manouchian. Un must.

-Le mec qui se prend pour Chuck Norris mais à la retraite : C'est le gars qui a TO-TA-LE-MENT rejeté la violence de "quand il était jeune" pour se consacrer encore plus totalement à l'Aïkido. Et attention, évidemment qu'il peut encore casser des briques avec l'oreille et balancer des high kick mawashigeri à n'importe lequel de ses partenaires. Seulement, il préfère contenir sa puissance (et oui, c'est ça la vraie classe ultime).

Il ne souhaite donc plus briser la dentition des criminels des bas-fonds de sa cité fleurie en se bandant les yeux et en attachant ses bras avec des chaines lestées. Non, non, tout ceci...c'était avant qu'il ne trouve la vérité et la force profonde des arts martiaux grâce à ses maîtres (il est évidemment allé en stage/formation dans un lointain bled impossible à situer sur une carte secrète).

Ses connaissances techniques vont du "très sommaire" au niveau "vétéran" mais il a totalement oublié pourquoi il était là (pratiquer plutôt que de se regarder pratiquer). S'il y a un miroir sur le coté du tatami, ne le ratez pas, le mec est devant. S'il y a une photo à faire pour le club, le type est au centre. Ultra ouvert avec les débutants il a tendance à les perdre un peu. En revanche, il devient plutôt vicelard avec les gradés qui lui rendent bien.

Il poste souvent sur le net des photos d'ustensiles totalement achevés par la puissance de ses coups de poings/pieds/orteils/ondes vibratoires. Il aime aussi les portraits de lui même en train de faire des abdos tout en se recoiffant.

Le mec qui se prend pour Ckuck Norris (source : Aïki-kohaï)

-Le mec qui se prend pour Chuck Norris en activité : Appelé aussi le bourrin, c'est le genre de pratiquant qu'on peut croiser à tous les moments de sa carrière d'Aïkidoka, dans tous les endroits et même les plus reculés. Le bourrin est persuadé qu'en "appuyant" sa technique il se rapproche de l'efficacité de l'art martial authentique. Il est souvent adepte d'une autre discipline (Daito Ryu, Karaté, Box Thaï, MMA....) et il n'a pas totalement résolu chez lui le débat old school du : "Et si l'Aïkido, ca ne marchait pas dans un combat de rue" (episode 24, saison 6 sur Jv.com).

Contre un mec super patient et souple, le type exulte car il a l'impression de bien faire les choses. Contre un débutant, un mec plus expérimenté ou un peu plus raide, c'est là que ca devient carrément bizarre. Le bourrin ne blesse jamais (ou du moins, il ne le fait jamais de façon consciente) mais il peut arriver qu'il force un peu beaucoup et dans ce cas, ça passe ou ça casse.

Comme le dit l'adage, on vous renvoit ce que vous voulez bien donner et dans cette hypothèse, plus personne n'est tendre avec cet incompris et c'est dommage car, une fois quitté le tatami, le pratiquant est avant tout un homme et il est souvent très sympa, mais juste un peu énervant...

-Le muet pas timide : Au départ, vous pensez que le gars est gentil bien qu'il soit invariablement gradé. En réalité, le type est resté bloqué sur le coté hyper traditionnel japonais de l'entrainement et il est prêt à crever en gardant le silence plutôt que d'offrir une explication par voie orale.

Le Muet pas timide (source : par Aïki-kohaï)

Souvent d'un niveau excellent, pratiquer avec lui est un excercice relativement complexe pour un débutant car tout se fait par geste (sourire en option ou pas) et langage des signes improvisé. Le type n'est pas là pour vous mais il est là pour lui, et il respectera ses principes de Budoka jusqu'à ce que la mort (ou la fin du cours) le sépare de vous. D'ailleurs, il est bien possible que, même dans les vestiaires, il ne trouve pas la capacité de vous adresser la parole.

Détrompez vous, le type peut être très gentil et ses explications sonnent justes, il fut même autrefois un être humain normal (comme vous!) seulement il faut un peu aller le chercher pour réellement l'apprécier et comprendre sa démarche. Attention, il existe aussi des versions baddass beaucoup moins cool (avec atémis en option).

-Le psychopathe : Celui là, si vous êtes une fille, c'est le mec dont tout le monde vous parle dans les vestiaires (avant et après le cours). En général il repère la nouvelle pratiquante qui vient d'arriver (et/ou la plus jolie) et il passe son temps à lui faire des avances/compliments tout en expliquant à quel point il adore les arts martiaux.

Le Psychopathe (source : Aïki-kohaï)

En général, il est plus bizarre que dangereux mais c'est plutôt flippant de ne pas le savoir et de tomber sur lui. Son niveau est variable et ca peut aller du débutant complet à du gradé, dans la première hypothèse le type passe régulièrement un mauvais quart d'heure avec ces dames qui ne viennent pas là pour ça. Avec les hommes il est parfois un peu étrange mais tout à fait normal.

On comprend cela dit bien vite que son centre d'intérêt est plutôt la drague que l'Aïki quelque soit la personne qui officie auprès de lui. Attention, il existe des versions plus agées de ce modèle et là, ça peut devenir un peu dérangeant surtout si le type possède l'option "blague de PMU" à son cahier des charges. Dans tous les cas, la confrontation physique et/ou technique lui remet bien vite les idées en place.

-L'assistant du prof (non officiel) : Celui là, impossible de le manquer. Au début du cours, c'est lui qui passe l'aspirateur. A la fin du cours, c'est lui qui passe le balais. Pendant le cours il est pris comme uke par le prof au minimum trois ou quatre sessions (voire la totalité du cours si pas ou peu de monde ce jour là). Vous ne savez jamais de quel niveau il est avant de l'avoir comme partenaire et en général, vous en bavez car ce type est de tous les stages, de tous les entrainements, de tous les cours et avec tous les enseignants locaux (et quand il dit "locaux", il veut dire en France).

L'assistant du prof (Source : Aïki-kohaï)

L'assistant du prof (non officiel) est toujours un mec cool, un brin énervant (parce qu'on est un peu jaloux) et il est parfois plus royaliste que le roi. Son Gi est Japonais (modèle C.Tissier, avec son nom brodé dessus), ses armes sont usées et coutent un bras (il fait 2000 suburis/jours et encore, là, c'est quand il est occupé).

Discuter avec lui est toujours intéressant même si parfois on se sent bien vite dépassé par les termes techniques et les expressions martiales ultra compliquées. Pour un débutant, c'est une mine d'or mais il peut vite devenir pénible sans que lui même n'en soit conscient (un peu comme le beau gosse du lycée de votre enfance que vous aviez en horreur et qui était aussi hyper modeste).

-Le Clône : C'est un peu comme l'assistant du prof mais...en mode lèche-cul. Le clone s'habille comme le maître, il pratique comme le maître, il dort comme le maître. Lorsqu'il y a un stage du maître, c'est lui qui distribue les tracts dans le métro, dans la rue, sur internet et devant les églises le dimanche. Le véritable Aïkido est celui de son professeur et il se pointerait à l'Aïkikaï qu'il trouverait ça nul (car trop différent du maaaaître).

Le Clone (Source : Aïki-kohaï)

Le pire, c'est qu'on comprend souvent qu'il ne le fait pas exprès, c'est juste un être humain lambda qui a trouvé un modèle qui lui plait et qui souhaite vous faire partager sa joie (en plus, en général, le maître est bon, voir excellent). Le problème est simplement que ce pratiquant n'est pas tout à fait libre de son travail et qu'il ne dépassera peut être pas ce stade de la pâle copie.

Sur le plan technique, le clone ne souhaite même pas devenir le meilleur, il souhaite simplement se rapprocher le plus de ce qu'il estime comme la perfection, c'est à dire son senseï à lui. Le problème est qu'il devient très vite sectaire et cela peut nuire à son ouverture d'esprit (et aussi casser les pieds de son entourage martial). En général, il s'entend bien avec l'assistant du prof (sauf quand celui ci ose,parfois,critiquer le maaaaître). Attention, existe aussi en mode "je me la raconte un peu" et là, ça devient tout de suite moins marrant.

-Le comique : Celui là est d'un niveau totalement variable. Cela peut même être votre prof sur le tatami. Le comique est un type d'Aïkidoka qui ne se prend pas au sérieux et ne prend pas les autres au sérieux non plus. Prêt à tout pour faire LA blague de merde au moment Y de l'exercice, on peut dire qu'il détend l'atmosphère.

 

 

Le Comique (Source : Aïki-kohaï)

 

En général, il voue une haine certaine au Muet et il prend toujours pour cible le psychopathe, l'assistant du prof ou le clone. Impossible de le manquer dans n'importe quel événement, c'est lui qui met l'ambiance. Cela peut parfois être gonflant lorsque tout le monde a décidé de bosser sérieusement mais il a au moins pour mérite de dégonfler les chevilles des uns et des autres.

Le problème c'est qu'il doit faire attention à prendre son travail martial au sérieux s'il veut progresser car le comique pense (et c'est sa némésis) qu'il est là pour s'amuser et prendre son pied avant tout plutôt que de transpirer. Le comique en mode dilletante est d'ailleurs le pire partenaire possible si l'on veut vraiment bosser et il se fait souvent engueuler par le prof (à moins que le prof ne soit aussi un comique).

-Le vrai/faux sempaï : Cet avant dernier modèle est plutôt traitre. En effet, vous avez l'impression que le mec est expérimenté. Il porte en général un Hakama, il a parfois les explications du mec expérimenté et il utilise les termes techniques. Cependant, ce type n'est pas sur la planète Aïkido depuis longtemps. Soit parce qu'il n'a pas le temps, pas l'envie ou bien parce qu'il est novice et que son prof est un pote à lui (qui lui a donné le Hakama qui va bien en échange de dix millions de dollars/sa porshe carrera/d'un rencard avec Scarlett).

Qu'à cela ne tienne, le mec aime sincèrement donner des conseils à tous ses partenaires et il passe son temps à parler. S'il vient à tomber sur le modèle du muet pas timide, ca peut finir en pugillat martial. S'il est avec le débutant, ca peut sérieusement devenir du grand n'importe quoi.

En général, ce pratiquant fini invariablement par se faire engueuler quoi qu'il fasse et même s'il pense bien faire. Le vrai/faux sempaï est aussi un incompris. Il est cadre dirigeant dans la vraie vie ou directeur d'école et se retrouver sur les bancs des élèves lui pose des difficultés d'adaption réelle. Le modèle existe aussi en version "je pense être dieu sur terre" et là, ca devient un peu plus compliqué. Il y faut y aller avec douceur, paix et harmonie.

-Le vieux méga chiant qui connait tout : Un jour ou l'autre, un pratiquant de n'importe quel niveau finit par tomber sur ce dernier modèle. Cela fait 35 ans qu'il pratique (au minimum), il n'est pas forcément gradé mais il connait tout le monde. Son avis EST la vérité tout simplement (selon lui) car il a accumulé plus d'expérience sur le tatami que tous les élèves du dojo réunis (heures passées accoudé au PMU comprises). Impossible de lui tenir tête, le mec a toujours raison et de toute façon, il connait toujours un vieux terme asiatique d'un dialecte oublié que personne ne connait qui justifiera son argumentaire. Est ce qu'il est vraiment balèze martialement parlant ? Oui et non...

Et pour le faire chuter, vous risquez de le tuer (il pourrait être votre arrière grand père ou presque) mais évidemment il connait les techniques sur le bout des doigts.Il aime d'ailleurs vous dire et démontrer qu'il connait les techniques comme s'il en était l'inventeur ce qui peut être légèrement agaçant. Attention toutefois à ne pas l'approcher du sol car il peut avoir des réactions étranges (hurler au meurtre ou à la violence gratuite) en raison d'un désir bien compréhensible de protéger son vieux squelette et son incommensurable savoir. Pour un novice c'est le partenaire parfait : doux, souple, impitoyable, technicien. En revanche, sa némésis est malheureusement lui même et le mettre sur le tatami avec un autre modèle de vieux-méga-chiant-qui-connait-tout devient vite un problème si aucun des deux n'est le professeur du cours. En général, on passe toujours un moment intéressant avec lui.

 

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Humour

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Gérald 28/07/2014 15:20

Enorme, excellentes illustrations, je les ai tous reconnus, et moi-même (si on a le droit de cumuler plusieurs de ces caractères ;)), et toi le Kohai, qui es-tu ? :p

Aïki-Kohaï 29/07/2014 12:24

Merci Gerald. Je dois être un savant mélange d'un mauvais comique et d'un gentil illuminé mais je me soigne :-)