Stage de Didier Boyet : Contacts et fondamentaux

Publié le 23 Juin 2014

Boyet Senseï (source : copains d'avant)

Boyet Senseï (source : copains d'avant)

Pendant que c'est encore frais dans ma mémoire, je voulais revenir avec vous sur le stage de ce dimanche avec Didier Boyet senseï. Il y a tant à dire que je vais devoir me montrer synthétique (pour une fois) afin de vous relater, façon kohaï, toute la qualité et l'intérêt de ce que j'ai pu observer (et tenter de reproduire).

En préambule, il est nécessaire de préciser que l'événement était organisé par l'équipe de Kokyu Ho et Philippe Monfouga Senseï (que je ne remercierais jamais assez de nous proposer la visite de tous ces maîtres formidables :-)).

Il y avait donc là tous mes senseïs (ou presque) et c'est toujours pour moi une expérience unique que de pouvoir travailler avec eux sur un tatami et non sous leur direction. Il va de soit que nous étions assez nombreux et je n'ai par conséquent pu travailler avec tout le monde (c'était également le premier stage de mon épouse et je ne la perdais pas non plus de vue XD) et je le regrette mais il est difficile de pouvoir échanger avec chacun.

Par où commencer ?

Tout d'abord qui est Didier Boyet (pour les kohaïs qui sont perdus dans le cosmos tourbillonnant de tous ces senseïs) ?

Issu des premières générations d'Aïkidokas français, il débute l'Aïkido en 1971 à Tours avec Gérald Servat (élève de Nakazono et Tamura Senseïs) mais c'est sa rencontre avec TK Chiba Senseï qui est déterminante et décide de son parcours. Didier Boyet le suivra d'abord jusqu'en Angleterre où Chiba senseï passe une grande partie de son temps à cette époque (Sur instruction d'O senseï, Chiba, déjà 5e dan, a déménagé en 1966 à Sunderland puis à Londres l'année suivante).

Didier Boyet s'investit tellement auprès de son maître qu'il le suivra lors de son retour au japon en 1976 et s'installe auprès de lui en 1977. Il ne quittera désormais plus l'archipel nippone qui devient son foyer alors que Chiba senseï devient secrétaire du département international à l'Aikikai. On peut donc dire que Boyet senseï est l'un des plus anciens pratiquant français au japon et un pratiquant très expérimenté du Hombu Dojo depuis son âge d'or.

Mais résumer le parcours de Didier Boyet à l'attachement pour Chiba Senseï est un peu court. Car Boyet senseï est dirigé tout le long de sa pratique notamment par Kisshomaru Ueshiba puis Moriteru Ueshiba, Seigo Yamaguchi senseï et Shibata senseï ainsi qu'Ozawa Kisaburo, directeur technique du Hombu dojo jusqu’à son décès. Le Hombu Dojo remettra d'ailleurs son 6e dan à Boyet Senseï en janvier 2004.

Et ce n'est pas fini !

Didier Boyet est également un redoutable expert en Iaïdo (5e dan de la fédération Japonaise) qu'il a commencé a étudier en 1972 avec Tamura Senseï (qui lui remettra d'ailleurs son shodan d'Aïkido). Boyet Senseï a également appris comme élève direct de Mitsuzuka Takeshi Sensei (étudiant de Nakayama Hakudo Sensei, fondateur du Muso Shinden Ryu) qui diffusa notamment l'incroyable enseignement Muso Shinden Ryu à travers le monde entier (que je rêve un jour de pratiquer).

Boyet senseï est enfin 6e Dan du groupe San Shin Kai fondé par Mitsuzuka Takeshi Sensei qui demeurera son principal directeur de pratique.

Que dire de plus sur ce parcours incroyable ?

Boyet senseï est un enseignant passionné et passionnant qui officie à travers le monde entier et notamment en Angleterre, en France, au canada et aux états unis. Il est nommé shihan en 2007 du groupe Birankaï de Chiba senseï dont il diffuse l'enseignement partout sur terre pour notre plus grand plaisir.

Autant vous dire que j'avais les genoux en mode castagnette quand je suis monté sur le tatami sous son oeil bienveillant par ce beau dimanche matin de juin XD. Parmis tous ces hakamas rassemblés, je me sentais bien petit et bien bête.

Là encore, je suis allé au devant de l'inattendu.

 

                  

                                 Tu le sens arriver, le atémi ? (source : biran online, merci à eux)

Nous avons pu travailler principalement sur le contact et les fondamentaux. Beaucoup d'exercices et d'éducatifs à retenir et à maîtriser, un grand nombre de sokumen, de déplacements et d'Ikkyo. Me reste en mémoire de facétieux Jyu waza et un très long et très éprouvant exercice en suwari waza (dont je suis ressorti déterminé et stoïque mais avec les pieds en sang, il paraît cela dit selon Boyet seneï lui même "que c'est le métier qui rentre") avec pour partenaire l'un de mes vigilants professeurs.

Boyet senseï est toujours très discret, très calme et souriant. De nombreuses fois je l'ai senti insister sur le travail des premiers principes ("à travailler cinq heures par jour" il parait) et sur l'engagement des hanches ainsi que la qualité des déplacements et de l'intention.

Pour le premier stage de mon épouse (encore plus impressionnée que tous les kohaïs réunis et pas encore passée par le blender du stage Gouttardien) il a d'ailleurs pris un temps infini à chuter avec elle et moi sur le coté du tatami et même....à faire le uke en plaisantant sur ses débuts de kohaï !

J'avais presque honte de lui passer sur le corps ma pitoyable technique mais, surpris par ses encouragements et sa gentillesse, j'ai tenté de mon mieux de faire ce qu'il attendait et j'ai d'ailleurs pris aussi avec plaisir jusqu'à ses atémis pointus et exigeant dans...ma modeste figure. Plusieurs fois, lorsque je suis passé entre ses mains, il fallait littéralement attrapper au vol son intention pour s'en emparer et lorsqu'on est un petit Kohaï comme votre serviteur, ça passe ou ca casse...

De même, lorsque j'ai pris l'ukemi à nouveau pour le maître, je me suis senti comme dans un étau de fermeté et de précision. Comme si je n'avais que le choix qu'il voulait bien m'offrir et que je devais accepter. Je me sentais comme...une libellule qu'on vient d'attrapper et qu'on pourrait aisément écraser de son poing mais qu'on préfère libérer plutôt en souriant (mon petit coté poète disparu surement :-) ).

Le stage ne comportait malheureusement pas de buki waza. Cela dit Boyet Senseï nous expliquait très souvent son Aïkido à l'aide d'un bokuto (un boken, le sabre de bois) qui démontrait là aussi avec une grande clarté toute l'importance de ma-aï (l'harmonisation de la distance), du placement et de la qualité du contact et de l'engagement de uke. Je n'avais jamais vu une telle agilité en dehors des vidéos de Nishio Senseï.

Simple kohaï, je suis sur que j'ai manqué l'essentiel malgré ma détermination. Cela dit le peu que j'ai retenu est déjà d'une aide précieuse pour la suite car il s'agit d'éléments fondamentaux de notre pratique à tous. En nous demandant durant ce stage de revenir simplement sur ces principes et de les revisiter dans la joie, c'est un intéressant exercice de nettoyage de l'égo et de nos mauvaises habitudes que nous avons pu réaliser ensemble.

Je suis aussi très reconnaissant à Boyet Senseï pour ces quelques instants particuliers que nous avons pu partager et pour sa simplicité. J'ai senti le regard d'un maître bienveillant, encourageant, humble, discret et parfois très drôle (j'ai encore en mémoire sa remarque à propos d'un sempaï qui poussaient des Iaïs "très bizarres"). C'est exactement l'Aïkido de la joie que je recherche et j'en suis évidemment comblé.

Je dois enfin remercier beaucoup de vétérans de l'Aïki avec qui j'ai travaillé (et aussi ceux avec lesquels je n'ai pas travaillé mais beaucoup discuté pendant l'après midi lors du fameux repas au restaurant). Je pense notamment à un sempaï inconnu avec qui j'ai bossé sur d'intéressants Irimi nage sans relâche. Je pense aussi à mes confrères kohaïs du Korindo que je retournais voir très souvent et qui étaient également présents pour l'occasion (et aussi épuisés que moi). Un grand merci pour terminer à Thierry de l'ACT de Palmier Senseï pour ses encouragements et son humour (on se reverra sans doute cet été si tout va bien et aussi....dans vingt ans pour mon passage de grade XD).

Je vais bien sur oublier des noms et des visages et je le regrette (n'hésitez pas à vous signaler auprès de moi dans les commentaires) mais j'ai promis d'être synthétique. En conclusion, je vous invite donc à découvrir Boyet Senseï, cet incroyable expert lors de ses passages en France ou ailleurs (à moins que vous n'ayez la chance d'aller le voir au Hombu Dojo) et à savourer sur le net ce qu'on peut également glaner de lui, ça et là.

Vivement la prochaine saison !

 

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Pratique de l'Aïkido

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