L'Aïkido au féminin

Publié le 30 Mai 2014

Une Aïkidoka en action (Auteur : Caroline Bied-Charreton. Netherlands. merci à elle)

Une Aïkidoka en action (Auteur : Caroline Bied-Charreton. Netherlands. merci à elle)

Il y a beaucoup à dire sur l’Aïkido au féminin et sur les expertes de l’Aïkido. Cela dit, plutôt que de vous proposer l’interview de Jacqueline (que je salue néanmoins respectueusement), de parler de la qualité du hakama qui attire les filles ou encore le pontifiant « pas besoin de force donc c’est fait pour les femmes », j’ai choisis de m’attaquer à ce qui peut intéresser les kohaïs de ma génération : les compétences martiales plutôt que le genre.

En effet, avec tout le respect que je dois à nos prédécesseurs, les débutants constatent souvent un léger décalage générationnel sur la façon dont on va considérer le travail d’une pratiquante ou sur la façon dont on va la mettre en lumière. Il y a en effet beaucoup d’articles et d’interviews (même si la tendance s’inverse grâce à de nouvelles têtes mais aussi l’évolution des mentalités) où je suis encore souvent peiné de lire des propos dont la substance se résume à « vous êtes une femme, vous devez être contente que l’Aïkido soit adaptée à votre pratique, non ? ».

Balivernes !

Messieurs les pratiquants ! Il y a bien plus (comme Patrice, l’Aikidoblogtrotteur, le fait d’ailleurs bien remarquer dans son excellente interview d’Hélène Doué du 3 avril 2014) de pratiquantes féminines au Judo et de Karaté que de pratiquantes d’Aïkido. Ne pourrions-nous pas justement commenter les qualités de nos propres pratiquantes sans leur renvoyer le fait qu’elles sont d’un genre différent de la majorité des Aïkidokas ? Ne peut on simplement se satisfaire de leur pratique et de leurs compétences sans tenter d’y trouver une explication corollaire au fait qu’elles seraient des femmes dans un monde d’homme ? Ne peut-on simplement les admirer et les respecter pour leur travail et non leurs jolis yeux ? Pourquoi penser qu’une femme est attirée par la tenue plutôt que par la technique ou par le style chorégraphique plutôt que par l’efficacité ?

Encore une fois et sans faire une étude sociologique approfondie la dessus, je pense que tous ces vieux squelettes et poncifs finissent peu à peu par disparaître mais il est bon toutefois de rappeler que si nous voulons que les femmes s’emparent (et elles le font parfaitement bien seules) de l’Aïkido, alors il ne faut pas adapter l’Aïkido aux femmes. C’est plutôt les mentalités qu’il faut adapter.

Lorsque je suis arrivé sur le tatami en 2002 c’est une femme qui m’a impressionné le plus. Petite, féroce, japonaise, avec une technique et une précision redoutable (je pense qu’elle se reconnaîtra). Je n’ai jamais pensé qu’elle venait à l’Aïkido pour la qualité des fringues ou le coté non violent mais bien parce qu’elle aimait l’Aïkido pour ce qu’il est dans sa globalité.

Je vais peut être tordre le cou à certains et je suis désolé par avance de mon impertinence de Kohaï mais un mouvement techniquement juste et accompli par une femme se fera de la même manière qu’un homme, quoi qu’on en pense. Si la pratiquante est douée (comme Hélène), il sera bon, si la pratiquante est moins douée, il le sera moins.

On peut également parler de cette sempiternelle question de la force physique. On dit souvent qu’une femme en possèderait moins et qu’elle doit compenser. A mon sens, ce n’est pas tout à fait exact là encore. Certaines femmes possèdent plus de force physique pure que beaucoup d’hommes (là encore, voyons cela en Judo où la problématique est identique). Nous sommes tous amenés à compenser nos faiblesses par nos qualités quelque soit nos gabarits et en cela les femmes ne sont pas dans une situation différente malgré un rapport poids-puissance parfois en décalage (que certaines compensent par une préparation physique plus importante encore).

Il faut bien sur admettre que le gabarit moyen des hommes dans un rapport de force pure va souvent l'emporter mais là encore c'est aussi vrai pour un travail entre deux partenaires masculins sur le tatami. Là où on n'enseigne pas le travail sans force qui est censé aller de pair avec notre pratique, on va trouver des difficultés identiques peu importe le genre : la force prédominera et ce sera très mauvais (d'où l'importance de trouver des clubs d'Aïkido où l'accent est mis sur cette qualité essentielle du travail sans force comme le rappelle Léo Tamaki dans son article très intéressant du samedi 9 juin 2012 sur les femmes et l'Aïkido).

Le problème est également que les hommes sur un tatami souhaitent souvent et régulièrement pratiquer plus en force et jouer bêtement du muscle lorsqu’ils sont au coté d’une femme comme partenaire qu’ils soient uke ou tori. Ces pratiquants mériteraient de transpirer avec la dame de Kyoto (Yoko Okomoto senseï) pour avoir le grand plaisir de constater la vacuité d’un tel comportement.

Répétons le encore : une pratiquante à des qualités et des défauts tout comme un pratiquant. Le genre n’a rien à y voir. J’ai vu d’excellentes pratiquantes encaisser des atémis de Philippe Gouttard (Alma et Aurore, je vous salue respectueusement !) là où je me serais écroulé. Tout comme j’ai vu des pratiquants avoir un contact et une sensibilité tout aussi affutée que des pratiquantes (puisque ce sont les qualités qu’on leur reconnaît toujours par habitude et/ou ignorance).

J'ose cependant tout messieurs (quelle insolence) : il y a bien quelque chose que nous n'avons pas à armes égales et c'est à notre détriment ;

Je dois en effet reconnaître que l’Aïkido au féminin est, pour ce que j'en connais et pour ce que j'y expérimente au quotidien, toujours le fruit d’une grande précision, d’une rigueur quasi-mathématique et cette persévérance dans le but d’obtenir une constante technicité est louable et doit servir d’exemple là encore sans galvaniser le genre.

Cette précision trouve, à mon humble avis, son climax dans le buki waza (travail aux armes) et pour celui qui n'a pas vu travailler Fujitani senseï avec un bokuto ou Okamoto senseï avec un tanto, je vous invite vivement à observer cela car je ne saurais décrire mieux ce sentiment qu'à la lueur de leurs techniques incroyables.

Cette minutie se retrouve également dans les exercices de prise de contact ou dites de "mains collantes", dans la qualité des atémis, dans le placement de l'engagement des hanches et j'aimerais en tant que kohaï qu'on en parle d'avantage et qu'on le reconnaisse plus que de façon anecdotique.

Parce qu’on ne parle pas assez de Virginia Mayhew (fondatrice l’Aïkikaï de New York et de Hong Kong). Parce qu’on ne mentionne pas assez les fondatrices de l’Aïkido au féminin comme Patricia Hendricks ou Mary Heiny dont je vous invite à voir le travail de contact par vous même. Parce que j’aimerais aller à d’avantage de stages, de cours et lire d’avantages d’ouvrages sur l’Aïkido issus d’une vision féminine (vivement d’ailleurs qu’Hélène Doué le fasse). Parce que j'adorerais donner mon ukemi et recevoir l'enseignement de pratiquantes admirables et trop peu médiatisée comme Miyako Fujitani ou Marie Apostoloff.

Il y a beaucoup de Senseï au féminin qui mériteraient un éclairage totalement différent et dont je rêve d’étudier la pratique. Pour ne citer que quelques unes je citerais également les impressionnantes Chantal Danthine, Anita Kohler ou Lia Suzuki. La très précise Céline Froissart mais aussi Anne Demaret ou Véronique Sireix et la remarquable Magalie Chambenoit-Levy.

Merci aussi à ces pratiquantes "anonymes" que je croise et observe au quotidien dans les Dojos (je pense à Marion, Zoé, Béatrice, Fabienne etc...).

Qui sait enfin qu’une femme est aussi la conceptrice du Langage des sourds pour l’Aïkido ? Et pourtant tout le monde sait qui est le grand codificateur de telle ou telle pratique de buki-waza alors pourquoi ne pas le médiatiser encore d'avantage ? Qui sait l'apport vital de nos enseignantes d'Aïkido dans la pédagogie des cours pour les plus jeunes et qui le met en lumière ? Pourquoi ne pas laisser les pratiquantes s'emparer elles mêmes d'avantage de ces problématiques de communication ? J'adorerais enfin lire par exemple un Hors-série Aïkido consacré majoritairement aux pratiquantes et/ou contenant des articles techniques de ces senseïs femmes au niveau non moins excellent que celui des hommes afin de progresser dans mes recherches.

Pour conclure ce billet, je dirais que notre responsabilité de Kohaï (et notamment parce que nous sommes jeunes) est d’interpeller nos professeurs, nos clubs, nos fédérations et nos responsables sur ces questions et de présenter l’Aïkido féminin sous un éclairage complètement différent. Il n’y a pas plus de pratiquantes au Judo qu’en Aïkido par hasard et ce n’est pas qu’une question de publicité.

Rédigé par Aïki-Kohaï

Publié dans #Pratique de l'Aïkido

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ABC 18/06/2014 00:33

Bonsoir,

Beaucoup de commentaires sur cet article!

Pour ma part je pense (mais je peux me tromper) qu'il n'y a pas d'aikido "féminin" et/ou "masculin" en revanche il existe plutôt différentes manières de faire une même technique.
Après, suivant le gabarit, la personnalité, les capacités d'endurance, etc. la personne réalisant la technique préférera peut-être telle ou telle façon de faire.

Pour avoir été faire de l'Aikido au Japon et dans plusieurs pays en plus de la France, j'ai constaté qu'en Europe les femmes ont souvent des manières de pratiquer faisant beaucoup moins appel à leur force ou bien elles faisaient tout le contraire : elles utilisaient leur force (comme le font assez souvent les hommes). Bien entendu ce n'est que mon constat et aucunement la vérité absolue.

Avoir un "gabarit léger" (c'est mon cas) permet d'être plus sensible aux mouvements et à l'utilisation ou non de la force physique, l'usage de la force étant pour moi "une solution de facilité" (et surtout n'ayant pas la possibilité de rivaliser sur ce plan) je préfère essayer de pratiquer en l'utilisant au minimum. Ceci également afin de préserver mon corps (de petit gabarit je le rappelle) et d'avoir "une pratique qui vieillisse bien" (j'espère pouvoir encore pratiquer à 70 ans!).

Pour l'instant je n'ai vu et surtout ressenti ce type de pratique qu'au Japon, et à de très très très rares occasions en Europe. Les quelques femmes gradées (3-4e dan) avec lesquelles j'ai pratiqué en France avaient dans la très très grande majorité des cas (y compris dans des dojos d'un niveau avancé comme chez M Tissier) cette forme de pratique "en force" tant privilégiée par les hommes (je précise que je n'ai pas eu l'occasion de pratiquer avec les dames ayant commenté cet article ^^).
La surprise de ressentir cela dans la pratique avec quelqu'un est à chaque fois encore plus grande quand je reviens du Japon. Là-bas j'ai déjà tenté de "bloquer" les personnes (de gabarits plus légers que le mien! :D) ayant ce type de pratique sans succès (et à chaque fois avec un étonnement/émerveillement de voir la facilité avec laquelle ils appliquent leur technique sur moi... ou peut-être est-ce que mon attaque n'est pas si contraignante que cela? Mais c'est une question un peu hors sujet ^^).

Quoiqu'il en soit, bien qu'ayant parfois l'impression de traverser le désert en solo, ce type de pratique (celle des "gabarits légers" hein ;) ) étant ce qui me convient je continue d'essayer tant bien que mal de pratiquer ainsi. D'autres pratiquent différemment, et bien c'est ainsi, et s'ils sont heureux ainsi, c'est encore mieux!

Bonne soirée!

PS: vous aurez noté tout l'effort de rédaction mis afin que ce post soit épicène! ;)

Aïki-Kohaï 22/06/2014 19:02

Et moi qui pensait que vous alliez me donner vos fameuses recettes :-)...
Je vous remercie à nouveau de prendre le temps de répondre à un Kohaï aux raisonnements évidemment très simples (trop ? peut être, je n'ai encore une fois pas de prétention particulière en ce qui me concerne, ne nous méprenons pas) mais qui, au moins, parvient à faire réagir et réfléchir sur le sujet quelque soit les points de vue. Je note donc que le travail spécifique qu'on réservait aux femmes n'est bien réservée à celle ci que pour des raisons historiques ou même sociologiques et que cet enseignement est peu ou pas enseigné (et visiblement pas en France) par des femmes (ou même des hommes) du tout. Je comprends également grâce à vos pistes qu'il n'est d'ailleurs presque pas enseigné par des enseignants d'Aïkido mais bien de Daito Ryu (on le regrettera). Je ne saurais donc blâmer quiconque et certainement pas nos pratiquantes d'Aikido de s'armer avec l'enseignement qu'on leur propose (un Aikido que vous qualifiez de masculin, je l'ai bien compris) plutôt que de ne pas pratiquer faute de trouver ce dont vous parlez. Je n'ai pas le sentiment qu'il s'agit d'un sous-Aïkido ou d'un Aïkido qui ne leur correspond pas (mais je ne suis qu'un humble kohaï là encore). J'ai également toute confiance en la capacité de nos pratiquantes (a fortiori celle d'un très haut niveau comme Okamoto senseï) pour rechercher ce qu'elles estimeraient manquer à leur pratique que j'admire et respecte dans tous les cas. Le relâchement, la souplesse et le travail sans force dans l'Aïkido que vous qualifiez de masculin n'est peut être pas à vos yeux satisfaisant pour une pratiquante mais n'est il pas plutôt essentiel que ces pratiquantes s'épanouissent dans cette pratique là (et elles le font plutôt bien je trouve) plutôt que d'abandonner l'Aikido par frustration ou regret parce qu'elles ne trouveraient pas ces techniques intéressantes mais si rares dont vous parlez ? Je comprends bien sur que vous souhaitiez préciser qu'il existe un "Aïkido féminin" historique au delà de la pratique quotidienne de nos Aikidok(ates) et salue votre intérêt pour tout cela. A très bientôt.

Gaurin O. 22/06/2014 02:22

"pourquoi ce travail n'est il pas possible pour un homme ?". Bien entendu qu'il est possible pour un homme... aussi ! Simplement c'était des choix de techniques qui avaient la particularité d'être aisément intégrables et réalisable par des êtres humains dont le rapport au combat, à l'auto-defense, leur était à la base soit défavorable, soit passablement peu ou pas souvent utiles (ce qui n'était pas le cas des hommes). Il faut replacer cela sur deux plans en effet : l'un historique (époque au Japon des pays en guerre surtout, puis ensuite mais à beaucoup moindre effet celui de la période Edo) : 1) l'enseignement de ces techniques était réalisé pour permettre à des femmes de pouvoir rapidement et sans un cursus martial "bétonné" (moral, physique, technique) défendre une intégrité (la leur, celle de leur "maison") alors qu'à priori ces femmes n'avaient pas "fonction sociale" de combattre directement des ennemis (ce n'est donc pas d'un rapport de force contre des hommes au combat dont il s'agit mais d'un rapport à des positions sociales bien déterminées (temps passé à étudier les armes ou leur usages, usages des combats et des vies (obéissance, combat ou sacrifice par exemple ; rôle et "teneur vitale" des femmes dans un château, des épouses, des princesses ou des enfants en cas de guerre, d'agression frontale ou "virales" (espions, assassins... Shinobi), etc.), fonctions, codes, priorités, faire ou non faire ceci ou cela en ces cas, etc.), puisque par définition et hormis quelques exceptions les femmes japonaises au sein de la féodalité japonaise ne portaient pas de sabres (juste un couteau ou ce genre d'armes courtes, et en cas d'affrontement frontal plutôt des armes longues (lance, naginata, leur permettant de déployer (au sens propre) une efficacité redoutable)), ce qui implique une toute autre approche de leur rôle martial que celle des hommes). 2° socialement parlant et dans la société japonaise féodale (cela n'a guère changé depuis, et même dans nos sociétés contemporaines) malgré les apparences) la femme a un rôle éloigné du combat même si elle en a subi et subit aujourd'hui encore les conséquences (regardez en Chechennie, en Ukranie, dans le Moyen-Orient en guerre (Syrie, etc.), etc.). Mais il ne faut pas confondre le fait d'être éloignée du monde du combat, à la source, et le fait d'en subir directement les conséquences. Car c'est un éloignement du combat en temps qu'actrice, mais son rapprochement en tant que victime. Ors là encore la femme japonaise dans son rôle social ancien n'a pas vocation au combat direct et à la confrontation, même si elle peut et en est souvent la victime. Et donc la femme, pardon, s'en trouve non si éloignée que ça, mais sans raison de participer directement et pourtant à son enseignement ou à son apprentissage. La société guerroyante lui concocte donc ce qui pour elle correspond à des "nécessités d'usages martiaux" et "non un idéal d'arts martiaux", ce qui est très différent des hommes. L'enseignement de ces techniques spécifiques venaient donc ici répondre à cette nécessité d'apprentissage ultra simple, rapide, efficace, et surtout circonstancié à ces rôles entre femme vis à vis du monde physique et violent des hommes, et aussi à leurs capacités d'apprentissage (le temps ou les moyens imparti à cet apprentissage par exemple). Et c'est la raison pour laquelle ces techniques leurs étaient réservées par leur sens pratique et leur efficacité. Mais pour les hommes le panel était en fait tout autre, justement parce que les rôles et les moyens au combat étaient eux aussi complètement différents, et donc les propos et les buts aussi. Et donc les techniques étaient non seulement plus élaborées, diverses, mais également beaucoup plus nombreuses et variées, car souvent difficiles et très violentes (difficiles et dangereuses donc à apprendre et secrètes au sein des clans), demandant un apprentissage lui aussi différent dans des "temps" eux aussi différents, et avec des moyens également différents de ceux réservés aux femmes (utilisation d'armes différentes (entraînant un état d'esprit différent au combat), de la force, d'une éducation déjà martiale à la base de la classe des Samouraïs (Ne pas se tromper ici puisque l'Aïki fut nobiliaire par définition, preuve en est de la constance de son travail à genoux).
Alors : "pourquoi ce travail n'est il pas possible pour un homme ", est donc une question décallée par rapport à ces réalités des faits historiques de l'Aïki, et donc de l'Aïkido. Ors, à l'heure actuelle on retrouve un peu de cela, même sur le tapis, et même si cela se traduit par une plus grande simplicité de raisonnements (reliquats de nos Histoire sociales sans doute, et donc des rôles Femmes/hommes à travers le temps. Hors quelques très rares exceptions et sans leurre de soi-même, quelle femme pourrait en toute bonne foie me dire le contraire ici ?). Simplement la société essaye d'aplanir ces nécessités anciennes des rôles "femme/homme" et homme/femme (pourtant en Europe c'était peu ou prou la même chose si vous regardez bien : les femmes partaient moins en croisades, allaient moins à la guerre sur leurs destriers, agitaient moins leurs "panaches", faisaient moins la révolution (combien de députés femmes pendant la révolution française Mesdames ?... et finalement avaient un rôle au combat tout autre que celui des hommes). C'est un leurre de féminité moderne de croire que les femmes doivent faire pareil ou même mieux que les hommes tout en ne le pouvant pas parce que les hommes le refusent fondamentalement, mais ça marche en apparence : le rôle de la femme au lieu donc de reprendre ses particularités historique qui font leur force essentielle (c'est pas moi qui ait mis en place quelques milliers d'années de civilisation, pardon !). Retour aux Amazones ? Je ne crois pas car les femmes qui réussissent comme des hommes (les femmes cités en gros dans cet échange de posts) c'est juste la toute petite partie visible de l'iceberg. En dessous, rien ou presque n'a changé. On a juste réadapté par la notion de "DÔ" et de BUDÔ le plateau féminin du Jutsu originel (adaptation à des situations de combats), puis on l'a calqué, sur celui des hommes... de tête. Mais la question posée est donc bien réelle et à propos : "Où l'Aïkido féminin ?". Et c'est une très bonne réflexion donc de se demander cela, si toutefois l'on n'y apporte pas des raisonnements déjà tout faits comme la plupart du temps : "Je pense...", "Je sais...", "Je suis persuadée...", "J'ai jamais vu mais je peux dire que...", etc..
Donc : Bon voyage et... Merci.

Aïki-Kohaï 18/06/2014 15:52

Merci beaucoup Olivier Gaurin, d'avoir pris le temps d'éclairer nos lectrices et ma propre lanterne de Kohaï insolent et facétieux. Et merci également de nous signaler qu'il existe des techniques (rares et bien cachées, on le regrettera) qui seraient réservées à la gente féminine (et basée sur un travail sur KI si je comprends un peu). J'aimerais savoir pourquoi ce travail n'est il pas possible pour un homme mais effectivement, c'est le net et on y pose beaucoup de questions (peut être même sur vos recettes de ratatouille au piment d'Espelette et au confit d'oie) sans trouver forcément les bonnes réponses. Au moins nous avons quelques pistes concernant votre avis et ces dames et moi même en feront l'usage qui convient. :-)

Gaurin O. 18/06/2014 15:09

"Si l'Aïkido était différent du fait du sexe, les premières concernées seraient au courant depuis l'époque du fondateur lui même". Ah bon ? Déjà il y eux quatre grandes époques du fondateur. De laquelle parlez-vous donc ? En fait ce n'est même pas la peine car il faut remonter plus loin, à Takeda Sokaku et même à l'Aïki ancien d'avant celui-là (et c'est là que ça se complique). Bon, ce n'est donc pas facile, d'autant que jusqu'à une époque récente, disons l'après-guerre du Pacifique, les femmes n'avaient que peu de droits de citer. On ne mentionne d'ailleurs pratiquement aucune Senseï femme avant nos temps contemporains et celui de l'Aïkido de 1942 (Ce qui signifie beaucoup de choses sur ce que les femmes première concernées pouvait ou non savoir et surtout pouvaient ou non... dire (enseigner n'en parlons même pas) !). Et donc on peut comprendre entre autre que "des femmes comme Virginia Mayhew, Monique Venner, Okamoto sensei n'en parlent pas dans leurs recherches accessibles", et pour cause, elles n'en savent sans doute rien non plus (d'ailleurs vu le niveau d'intérêt général pour l'histoire de l'Aïki, on s'en douterait) ! Vous ne trouverez donc malheureusement pas trace de techniques proprement féminines chez les femmes Senseï actuelles de la Xième génération des ignorantes en la matière (qu'on me précise qu'il y eu transmission du côté de l'Aïkido officiel ou même officieux et j'en serai le premier ravi. Mais de ce côté-là, et même en Yoshinkan... ????).
"J'aimerais en savoir plus sur l'enseignement d'un Aïkido si rare que vous qualifiez de féminin (et qu'on n'enseignerait pas en France si je vous suis)", me dites-vous... Hum... oui... par exemple que la photographie montrée en haut de cet article montre de façon flagrante qu'il s'agit là d'un Aïkido typiquement masculin, la position et l'utilisation des mains de Tori, du bras du partenaire, ainsi que le fait que Tori soit déjà au sol avant Uke le montre également comme d'une preuve vivante, et je pourrais faire - si j'avais un peu plus de temps - une analyse complète de ce que vous me demandez rien que sur cette photo puisque c'est de Ikkyo dont il s'agit et que, en l'occurence, Ikkyo est le premier mouvement Aïki par excellence, qui tient lieu de socle à beaucoup de l'Aïkido en général, même actuel. Lun des outils principal d'un Aïki typé féminin, c'est l'utilisation du KI à la place de la force pour les femmes par exemple. Qui enseigne cela aujourd'hui ? Le KI ? Quoi ? Personne ne sait plus à l'heure actuelle. "Une connerie mysticologique", vous diront tous les Sensei que vous interrogerez. Et pourtant ! Voilà la question que vous me posez en même temps alors... du concret, rien que du concret justement.
"Qui enseignerait ces outils là ?" Certains Senseï du Daito-Ryu connaissent encore pour certains ces techniques "outils" anciennes qui avaient été créée pour la gente féminine (comme par exemple en Kendo où l'on a le Naginata, qui reste évolutif d'une pratique où les femmes trouve une identité martiale très correcte et leur est plus ou moins tacitement réservée. Demandez-vous donc "pourquoi ?"). Je pense par exemple à Maître Araki qui vient faire des stages en Espagnes régulièrement et qui pourrait vous dévoiler quelques facettes de cet art un peu spécifique donc. Les anciens Senseï de l'Aïkikaï (ceux de l'après-guerre) du moins certains comme Sasaki Senseï par exemple, enseignaient parfois ces outils, oui parfois, et donc en connaissaient l'existence, ou l'existence de certains de leurs traits caractéristiques). Mais ces Senseï sont morts désormais, et la transmission ne s'est pas vraiment faite sur les jeunes générations plutôt tournées vers le "Ranbo Aïkido" et les affres du commerce martial. Les "jeunes" Senseï ignorent ces techniques à ma connaissance (les cours pour femmes de l'Aïkikaï sont surtout un prétexte à une convivialité féminine, pas à un approfondissement technique en la matière).
"Comment ?", me demandez-vous... Aux femmes bien sûr. Demandez à la femme de Denis Thomas, de "Aïkido sans Frontière", par exemple, qui lors de son dernier séjour au Japon s'est vu enseigner ce genre de technique personnellement par Chiba Tsugutaka Senseï. Elle en fut elle-même plus que surprise et son mari plus encore : "C'est la première fois qu'elle arrive à me passer une technique avec autant de facilité !" s'était-il exclamé, absolument interloqué (^_-^). Les femmes en Aïkido passent donc à côté de quelque chose d'absolument grandiose !
"Et où ?", me dites-vous. Ça fait beaucoup de questions, vous voulez aussi mes recettes de ratatouille au piment d'Espelette et au confit d'oie en bonus ? Non, je plaisante mais c'est internet : tout est gratuit, 'donnez-moi, donnez-moi...", et puis on peut dire n'importe quoi et le vrai comme le faux passe aussi bien, n'est-ce pas ? C'est donc le grand n'importe quoi du "Tu donnes, merci je prends". Moi ça fait 40 ans que je bourlingue pour chercher les vérités de l'Aïki, et que je transpire pour ça. Et vous voudriez tout comme ça, sur un plateau ? Pas l'temps. Donc : "Où ?" Je ne sais pas. Au Japon je sais, mais ailleurs je ne sais pas. Hors du Japon, je n'ai encore jamais vu ou pratiqué avec une femme d'Aïkido qui connaissait ce genre de pratique, et ces dames que vous me citez encore moins (^_-). Mais je ne connais pas tout, ni tous, ni toutes, très loin de là (il y a peut-être des exceptions, mais...). Le sujet spécifiquement féminin de l'Aïki ne me passionne pas outre mesure d'ailleurs, donc il faudra faire un peu vos recherches par vous-même. Je voulais juste corriger dans ce fil une aberration chronique : celle de croire que les femmes sont vouées à faire comme les hommes et à dépendre d'eux pour faire de l'Aïki et je vous dis haut et fort : "Non, c'est faux". Et ce qui est faux ou encore ignorance doit être dit et décrit comme tels. C'est tout. Ensuite, chacun pense ce qu'il croit juste, c'est certain, même s'il pense faux. Mais devant l'Histoire penser n'est pas jouer, et dire n'est pas certifier, ni même prouver que ceci ou cela n'existe pas. Ma réaction était donc une question plus d'éthique que de polémique : la bêtise et la médiocrité ne doivent pas devenir des critères de vérité ou d'authenticité autres que ce qu'elles représentent : un manque de réflexion ou une preuve flagrante d'ignorance. C'était tout, croyez-m'en (^_^). Bonne continuation donc dans la voie juste et quelque peu éclairée de... l'Aïki...
Merci pour votre attention, et bon courage les filles.

Aïki-Kohaï 18/06/2014 09:13

Bonjour ABC. Merci pour votre commentaire très instructif. Je partage évidemment votre analyse et si pour nous l'Aikido dépend du gabarit et des compétences des pratiquants plutôt que du genre, il n'est bien sur pas exclu que tout le monde soit logé à la même enseigne en ce qui concerne l'utilisation de la force. Beaucoup l'utilisent comme solution de facilité (qu'ils soient hommes ou femmes) ponctuelle ou plus, cela est vrai. Je suis moi même un kohaï d'un gabarit que j'estime "moyen" et je dois combattre très souvent cette mauvaise habitude. J'ai toutefois la chance d'avoir des pratiquantes auprès de moi (dont une 3e dan qui se reconnaîtra) qui possède une excellente pratique, très souple, et qui utilise peu sa force (et non je ne suis pas son sponsor, promis). C'est une chance, je le reconnais et heureusement pour moi car mes propres erreurs de kohaï seraient bien plus durement sanctionnées XD. Bien sur, mon constat n'est pas une vérité absolue mais je pense qu'avec un peu de chance, de temps et de recherche on peut trouver des pratiquants de qualité (hommes et femmes) un peu partout.

Korichi nadia 09/06/2014 00:45

Mon commentaire ne mérite pas d'apparaître sur ce blog?!

Aïki-Kohaï 10/06/2014 13:55

Sieur Gaurin, le débat que vous soulevez est intéressant même si je constate que nous ne partageons pas forcément la même approche. Evidemment, vous l'avez compris, pour moi il n'y a pas vraiment d'Aïkido Féminin et masculin. Il y a seulement des "outils Aiki" que chaque être humain adapte à ses capacités, son gabarit et son talent. Il n'est pas question de genre, ni d'égalité car nous ne sommes pas tous égaux mais le fait d'être un homme ou une femme n'a, pour moi actuellement, rien à y voir. Evidemment, je ne dis pas que j'ai la science infuse et je ne suis qu'un humble kohaï mais j'ai la prétention de croire que l'éclairage qu'on fait de de nos pratiquantes et de leur travail est largement insuffisant tout comme j'aime à penser que si l'Aïkido était différent du fait du sexe, les premières concernées seraient au courant depuis l'époque du fondateur lui même (Et des femmes comme Virginia Mayhew, Monique Venner, Okamoto sensei n'en parlent pas dans leurs recherches accessibles). Je ne trouve donc malheureusement pas trace de cela et je suis très intéressé par votre propos. J'aimerais en savoir plus sur l'enseignement d'un Aïkido si rare que vous qualifiez de féminin (et qu'on n'enseignerait pas en France si je vous suis). Qui enseignerait ces outils là ? Comment ? Et où ?

Aïki-Kohaï 09/06/2014 13:12

Bonjour Nadia, ne vous inquiétez pas, je valide systématiquement tous les commentaires sur le blog (négatifs et positifs) car j'estime que chacun à le droit d'aimer ou de ne pas aimer et chaque commentaire est intéressant qu'il soit sympa ou plus critique à l'égard de mes travaux. Je vous remercie pour votre analyse que je partage même si j'ai tout de même l'impression que certaines choses évoluent vers le positif pour l'Aïkido féminin. La preuve ? Peut être l'intérêt porté à cet humble article et les commentaires très constructifs des pratiquantes présentes sur le blog. J'ajoute que mon épouse également pratiquante valide aussi mes interrogations (ce qui ne va pas forcément de soi) sur ce thème et je n'hésite pas à faire de ses interrogations les miennes. Je ne manquerai pas également de travailler sur des thèmes corollaires que pourraient me proposer d'autres pratiquantes bien que je sois...un homme (et oui, je le répète). Merci en tout cas.

Gaurin 03/06/2014 15:57

Je pense, donc.... je suis. Pour moi vous êtes pour le moment et à l'instant de la rédaction de cet article complètement à côté de la plaque. Pardon mais vous avez juste bien appris la leçon que les hommes vous ontt inculqué, directement ou indirectement (par les femmes formées par des hommes également donc) ; car on ne peut dire des choses comme : "un mouvement techniquement juste et accompli par une femme se fera de la même manière qu’un homme, quoi qu’on en pense. Si la pratiquante est douée, il sera bon, si la pratiquante est moins douée, il le sera moins." C'est sans doute ce qu'on vous a appris, mais ce n'est pas la réalité de l'Aïki. Un enfant non plus ne fera pas pareil. Une vieille personne non plus. Un peit homme ne fera pas le même Aïki qu'un homme grand, un "Hercule" ne pourra travailler avec la finesse d'un poid plume. Il y a des principes Aïki par lesquels les mouvements doivent passer, certes, comme il y a des bases à chaque mouvements qu'on ne peut déroger à la légère, mais les moyens seront différents à la fois de l'utilisation ou de l'atteinte de ces principes et de ces bases, et à la fois de leur mise en place (et il faut revenir au Justu pour le comprendre je crois, mais qui ose s'y frotter de nos jour Mesdames et Mesdemoiselles?). En cela les femmes ont un Aïkido propre à redécouvrir, extraordinaire en vérité, bien au dela de tous ces exemples cités, un Aïki qui leur est propre et possible. Et ce n'est assurément pas le même que celui des hommes. Les femmes que vous citez en cela font juste un Aïkido d'hommes et alors c'est vrai qu'on peut croire qu'il faut faire pareil (mais Quid des Uke hommes : il coopèrent si bien à cette hallucination collective ?). À l'origine cela aurait été impensable pourtant d'enseigner à une femme les mêmes tours techniques qu'à un homme, de la même façon. Ce révisionnisme outrage la grandeur de l'Aïki. C'est vraiment dommage quand on sait l'immense champ de possibilité d'un Aïkido vraiment féminin ! Bon courage donc pour essayer de l'approcher, jeune femme Kohaï sans nom de famille autre qu'un pseudo, puis un jour de le découvrir car à ma connaissance, personne le pratique plus cela aujourd'hui qu'en des lieux perdus qui se souviennent... (^_-)... C'est dans les actes et les détails techniques que se tiennent ces secrets.

Gaurin 09/06/2014 16:09

"Ça ne s'est jamais vu". Et pourtant : "je ne pense pas qu'il y ait un Aïkido d'homme et un de femme. J'en suis même sûre !". Bon, Marie, il y a là un gros problème quand même, non ? Comment peut-on être si SÛRE que quelque chose qu'on a jamais vu... existe ou n'existe pas ? (^_-). Là je suis béat !
Ensuite je me suis bien gardé d'écrire qu'il existait un Aïkido d'homme et une Aïkido de femme. Ce sont les commentaires de cet article ou de mon post qui parlent de cela, pas moi. Ce que j'ai écrit est très différent.
Ensuite les Senseï que vous me citez, en savent-ils plus sur ce sujet ? Cela m'étonnerait fort mais bon... je prends note (si vous leur demandiez leur avis sur ce qu'il en savent ou non avant de parler pour eux... (^_-)..
Reprenez l'histoire de l'Aïkido, tout simplement et vous comprendrez qu'à la base il est absolument évident qu'il y avait des techniques et des "façons" pour hommes et pour femmes, pour enfants également et pour "vieillards" (et ces techniques demeurent dans certaines vieilles écoles d'Aïki donc... !). Bon, ensuite quoi ? Eh bien le nivelage de l'après Morihei a tout rasé des différences. Donc vous avez raison : tout le monde doit faire le même Aïkido. Du moins les mêmes mouvements, le même "répertoire". Mais par les mêmes moyens ? C'est là que se situe ce qu'on pourrait appeler : "une façon féminine des outils Aïki". On est pas obligé, certes, mais ce serait plus intéressant, non, et surtout moins imaginaire comme Aïkido.
Maintenant que vous ne trouviez personne pour vous enseigner cela en France, je le comprends aisément (^_^). Et donc, sans fanfaronnade de ma part aucune, surtout pas, venez au Japon quelques mois et je vous montrerai les faits, c'est-à dire certaines de ces façons que peuvent mettre en œuvre des femmes sur des hommes attaquants pour pouvoir plus aisément réussir des mouvement d'Aïkido sans se faire écraser, et donc sans avoir un partenaire qui coopère par sympathie charitable, ni utiliser un registre de forces musculaires ou des douleurs, qui... ne riment à rien.
Enfin, souvenez-vous qu'on connaît généralement ce qu'on vous a appris et guère plus, par définition. On juge aussi par ce qu'on a appris et rarement par ce qu'on cherche à savoir. Juger donc de ce qu'on a pas appris ni ne cherche me semble assez ahurissant. "Hérésie !" n'est-ce pas de dire cela. On se retrouve ici sur ce sujet du savoir ou non donc dans la situation de Galilléo qui disait en sortant du tribunal : "Et pourtant elle tourne !". Je trouve que c'est très cocasse... (^_-)... de voir que mis à part l'auteur de cet article de fond que je salue ici avec respect pour son audace (car, oui, c'est un article audacieux), ce sont justement des femmes qui défendent un point de vue typiquement masculin d'une égalité de pratique qui arrangent bougrement les hommes justement (laisser les gens dans l'ignorance, en l'occurrence les femmes, permet d'exercer un pouvoir sans partage sur eux (elles)). Une égalité de pratique qui n'a pourtant rien de si évidente en soi à mon avis, et va même à l'encontre de l'expérience Aïki, et de façon non moins évidente à l'encontre de l'expérience féminine que je vois sans cesse sur les tapis ("faire aussi bien qu'un homme mais surtout avec les mêmes outils, toujours la vitesse, la surprise ou de la force" ! Bon le NAGARE fumeux permet de gommer un peu l'illusion, c'est vrai mais... faut pas aller chercher trop loin n'est-ce pas...). Il faut croire que les pratiquantes ont été bien formatées dans la négation de leur identité de femmes (on fait plus ou moins pareil pour les enfants vous me direz...).
Quand à parler de "genres"... Ha ! Ha ! Ha ! Où va-t-on ? Voulez-vous donc ici entamer un vrai débat philosophique en plus sur la théorie des genres ? Moi j'y suis prêt quand vous voulez, mais...(^_-)...
Peut-être faudrait-il que vous vous posiez un peu plus de questions, et de meilleures questions surtout. Enfin à mon humble avis. Parce que c'est en cherchant qu'on trouve, et pas en croyant avoir trouvé, effectivement, qu'on va chercher. Être sûre que ce qu'on ne connaît pas n'existe pas, donc et pardon, mais ça me semble à moi vraiment impensable.

Aïki-Kohaï 09/06/2014 13:25

Bonjour Marie, Je te remercie de ton commentaire. Nous nous sommes sans doute croisés au Korindo (c'est là où je croise Léo et ses élèves en général) mais je ne m'éloigne pas souvent il est vrai de Monfouga Senseï et de son équipe. Il y a tant de stage et d'occasion que je ne manquerais pas d'apprendre auprès de toi et des élève de Leo un de ces jours. Et merci.

Nadia 06/06/2014 01:08

Bonsoir a tous, on m'a envoyé le lien de cet article que je trouve intéressant. En revanche je me trouve très bête d'avoir cru tout au long de mes années de pratique qu'il n'y avait qu'un seul aïkido. Et voilà que je découvre qu'il y a un aïkido homme et un aïkido femme! Je ne sais dans lequel me situer m'étant surtout attachée a étudier l'Aikido. Je me souviens avoir écrit il y a quelques années que je n'ai jamais abordé la pratique en prenant en compte ces considérations puisque normalement nous n'avons pas a le faire. Je me souviens aussi avoir écrit qu'il y a des hommes faibles physiquement et des femmes fortes, et heureusement notre pratique ne repose pas sur ces considérations. Chacun aborde la pratique comme bon lui semble Certains préfèreront privilégier l'esthétique, d'autres une pratique plus physique ou encore une pratique loisir. Bref chacun ses choix mais ce qui est sûre c'est que l'on trouve des hommes et des femmes quelque soit le style de pratique choisie.
En revanche je suis d'accord sur le fait que l'on ne voit pas assez les femmes sur l'animation de stages majeurs, que les pratiquantes n'ont pas assez de repère féminin pour justement mieux se rendre compte que cet art martial est adapté aux femmes comme aux hommes.
Bref quand on commence a penser que les choses changent pour les femmes eh bien je vous le dit non ce n'est pas le cas. Les rares femmes profs doivent toujours fournir plus d'efforts pour y arriver quand elles y arrivent. Et puis qu'on se le dise aussi,le pire ennemi de la femme c'est la femme. C'est dire l'immense travail a faire!

Gaurin 04/06/2014 13:00

(^_^) ...

Apostoloff Marie 04/06/2014 12:49

Monsieur Gaurin bonjour,

je me nomme Marie Apostoloff, j'ai été citée plus haut dans le texte, et ne me reconnais pas dans propos.Je ne pense pas pratiquer un Aikido d'homme.Je m'efforce jours après jours de travailler des principes qui n'ont RIEN à VOIR avec le genre. Je parle ici d'utilisation du corps, et Kuroda sensei aussi bien que Tamaki sensei, ne proposent jamais une technique pr homme et une pr femme.Ou du moins de la réaliser de manière différente. Ça ne s'est jamais vu! Dans l'école que je travaille, pour un même geste, hommes et femmes travaillent ensemble et de la même manière et je ne pense pas qu'il y ait un Aïkido d'homme et un de femme.J'en suis même sûre!
Pour finir je suis vraiment ravie de recevoir des conseils sur l’Aïkido féminin, et ce, de la bouche même d'un homme...Dernière chose qu'est-ce qu'un "Aïkido vraiment féminin"?
Cordialement,

Aiki-Kohai: merci pour cet excellent article, et j'aimerais réellement savoir qui tu es? car à mon avis, on se connait! ;-)

Marie Apostoloff

Caroline Bied-Charreton 03/06/2014 10:07

Hi, my name is Caroline Bied-Charreton. I am a professional aikido teacher in the Netherlands and the woman on the picture above. The picture must be 18 years old and it's funny that it's still being used. So thank you for that.

Aïki-Kohaï 03/06/2014 11:39

Hi Caroline, and thank you for this beautiful picture of you. I'm glad you can find it on internet 18 years old after all :-) I hope you'll keep following the progress of my articles but....now I'll also work (with my wife) so as to provide my website with right translation for kohai and sempai in netherlands. Aikido is everywhere.

Max 03/06/2014 01:21

L'Aikido féminin est effectivement peu sur le devant de la scène, et lorsque l'on voit tous les articles (certes moins nombreux que ceux rédigés par des hommes) présents dans aikido magazine par exemple (le magazine de la 2F3A) il est assez surprenant de ne pas pouvoir retrouver ces dames en animatrices de stages... Peut-être les clubs sont-ils trop timides?

Aïki-Kohaï 03/06/2014 09:12

Bien d'accord avec vous Max, c'est fort dommage ! Espérons que les choses évoluent positivement à l'avenir pour une meilleure mise en lumière de nos pratiquantes. D'où mon petit article.